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Légendes, croyances, superstitions. Château de Penne (Tarn), amour malheureux d'Adalaïs et du chevalier Raymond Jourdain - Histoire de France et Patrimoine


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Légendes, Superstitions

Légendes, superstitions, croyances populaires, rites singuliers, faits insolites et mystérieux, récits légendaires émaillant l’Histoire de France


Amour malheureux (L’) d’Adalaïs
et du chevalier Raymond
au château de Penne (Tarn)
(D’après « Légendes albigeoises », paru en 1866)
Publié / Mis à jour le mercredi 29 octobre 2014, par LA RÉDACTION

 
 
 
La sauvage majesté des ruines du château de Penne (Tarn), leur masse imposante, la hardiesse guerrière de leur position, disent assez quel rôle a dû jouer ce fort inaccessible, à l’époque du Moyen Age. On se sent saisi de terreur quand on voit ces débris grandioses pendre et surplomber à une hauteur effrayante, et écraser encore de leur grandeur renversée le village pittoresque dont les vieilles maisons se pressent autour du roc aigu qui le supporte. Pourtant, ce décor inquiétant fut le théâtre d’une touchante légende se rapportant à un amour malheureux.

C’est qu’en effet le château de Penne fut redoutable et renommé, et l’histoire de ses puissants seigneurs, le récit des divers sièges qu’il supporta, la légende des drames dont ses murs furent les témoins, sont conservés avec honneur dans les archives glorieuses de l’Albigeois.

Ruines du château de Penne (Tarn)
Ruines du château de Penne (Tarn)

Au commencement du XIIe siècle, Penne nous apparaît pour la première fois ; il devient la propriété du puissant Trencavel (Bernard-Aton), vicomte d’Albi ; de ses mains, il passe dans celles des seigneurs qui portèrent son nom, et nous voyons toujours ces vaillants chevaliers dévoués et fidèles à leurs bien-aimés souverains, les comtes de Toulouse ; dans leur bonne comme dans leur mauvaise fortune, ils figurent sans cesse à côté d’eux, soit dans les combats, soit dans les actes importants de leurs règnes.

Dans une de ses courses féroces à travers l’Albigeois , Simon de Montfort s’empare de Penne, mais c’est par trahison ; ce fort redoutable lui est bientôt repris, et le sort, semblant un instant sourire à l’infortuné Raymond VI, aussitôt les seigneurs de Penne viennent fêter la bonne fortune de leur comte et lui rendre foi et hommage dans la ville de Gaillac, elle aussi restée dévouée et fidèle. Amaury de Montfort a succédé à son père ; mais, vaincu et suppliant, il invoque, à son tour, la pitié de Raymond VI ; il lui demande une trêve, et dans cette trêve est compris le château de Penne comme l’un des plus redoutés.

Pendant ces temps de troubles et de désastres, au milieu des pillages et des incendies de la croisade, le château de Penne est le fort glorieux dans lequel les comtes de Toulouse déposent leurs précieuses archives, les confiant ainsi à la valeur et à la fidélité de ses seigneurs et à la sûreté de ses remparts inaccessibles. La dynastie des comtes de Toulouse va finir ; le traité de 1229 ramène la paix dans leur infortuné royaume ; mais la reine Blanche, qui connaît la bouillante valeur et le patriotisme des sujets de Raymond VII, prend de prudentes précautions : elle demande le démantèlement de plusieurs châteaux forts ; Penne est un des premiers. N’était-il pas, en effet, un des plus redoutables et des plus fidèles ?

Les Anglais envahissent le Midi ; l’Albigeois est saccagé. Penne tombe en leur pouvoir, et devient aussi le dernier repaire de ces terribles routiers qui désolèrent la Septimanie. Les guerres du protestantisme éclatent, et Penne joue un rôle sanglant dans toutes les péripéties de ce drame national ; les huguenots, qui s’y étaient réfugiés, ne l’abandonnent qu’après le traité pacificateur de Nérac. La Ligue trouble le Midi de ses désordres ; Penne est toujours le fort envié, et souvent le théâtre sanglant de celle guerre fratricide.

Enfin, après cinq siècles de guerres et de révolutions, Penne, comme un vieux guerrier blessé, rentre dans le repos et dans l’obscurité : il avait assez fait, d’ailleurs, pour l’histoire et pour la légende... Sa fidélité inaltérable à ses bien-aimés souverains, ses divers sièges, la haine héréditaire de ses vicomtes envers ceux de Bruniquel, le terrible combat du bâtard de Penne contre son voisin abhorré, dont le sombre théâtre se voit encore sous les ruines informées d’une salle écroulée, sa mission glorieuse de garder les archives des comtes de Toulouse, et tous les combats divers où ses seigneurs figurèrent toujours vaillamment, lui avaient assigné une page éclatante dans l’histoire guerrière de son pays.

Mais au milieu de ces traditions sanglantes, dramatiques et glorieuses, se glisse un souvenir tendre et touchant, et les noms d’Adalaïs et de Raymond Jourdain, entourés de tout le prestige poétique de leur amour malheureux, sont soupirés par la légende plaintive.

Adalaïs de Penne était une grande dame, célèbre par sa beauté, par ses grâces, et par le charme de son esprit. La petite cour de sa noble vicomté, était renommée par la courtoisie et par l’éclat des joutes et des tournois que les seigneurs voisins y soutenaient en son honneur ; et les sombres tours de son noir château s’illuminèrent souvent des splendeurs de fêtes brillantes : c’était le siècle de la chevalerie. Les troubadours parcouraient le Midi en chantant les attraits incomparables de la dame de leurs pensées et en soutenant vaillamment de leur épée son mérite et ses charmes. Le château de Penne était princièrement ouvert à tous ces poètes guerriers ; tous, à l’envi, chantaient l’honneur, la gloire de la maison de Penne et la beauté de la châtelaine.

Parmi eux, le plus beau, le plus chevaleresque, était Raymond Jourdain, vicomte de Saint-Antonin. Aussi noble seigneur que vaillant chevalier et charmant trouvère, il avait voué à la belle Adalaïs son bras et son cœur. Il en était aimé, et c’était paré de ses couleurs, son nom et sa devise à la bouche, qu’il apparaissait redoutable et toujours vainqueur dans les tournois et dans les combats. Les occasions étaient fréquentes et belles, dans ces temps de chevalerie et de guerres, et la bannière des comtes de Toulouse appelait souvent leurs preux chevaliers dans les champs clos et sur les champs de bataille.

Ruines du château de Penne (Tarn)
Ruines du château de Penne (Tarn)

Pour la belle Adalaïs seule, Raymond Jourdain composait et chantait ses vers amoureux. Aussi apportait-il souvent aux pieds de la noble vicomtesse les lauriers qu’il cueillait à la guerre et ceux plus doux de la poésie. Comme Miraval, Marwiel, Alphonse d’Aragon, eux aussi amoureux de grandes dames, Raymond Jourdain chantait, dans des vers romanesques, les tourments et les joies de son amour. Les deux chansons suivantes, pleines de passion et de poésie, et dans lesquelles il se plaint des rigueurs de sa maîtresse, étaient bien faites pour l’attendrir ; les mœurs du temps doivent faire pardonner la crudité de certaines expressions :

Fidélité de douleur est suivie ;
Sombre chagrin poursuit le troubadour :
Las ! il sait bien qu’il n’est pas dans la vie
Mal plus cruel que celui de l’amour.

Adalaïs a toute ma tendresse ;
Son tendre cœur pourrait me rendre heureux.
Hélas ! pourquoi ma charmante maîtresse
Dédaigne-t-elle et mes chants et mes vœux ?

Oh ! châtelaine aussi noble que belle !
Toujours Raymond sera ton chevalier :
Etre à l’amour comme à l’honneur fidèle,
C’est le devoir de tout vaillant guerrier.

Lorsque Raymond, couronné par la gloire,
A ses aïeux ira se réunir,
Sur son cercueil les filles de Mémoire
Répéteront le chant du souvenir.

Au son plaintif d’une lente harmonie
Elles diront : Plaignez le troubadour ;
Il éprouva qu’il n’est point dans la vie
Mal plus cruel que celui de l’amour.

Et celle-ci :

Le sombre hiver attriste la nature ;
Du doux printemps, oubliant les plaisirs,
Au fond des bois, privés de leur verdure,
Sans amour, sans voix, sans plaisirs,
Les oiselets tremblent sous la froidure.
Et moi, dont le cœur amoureux
Aime la plus belle des belles,
Comme aux beaux jours des fleurs et des feuilles nouvelles,
Je chante, j’aime, et suis heureux.

Esclave, amant et chevalier fidèle,
Pensers d’amour remplissent tout mon cœur,
Et je bénis la puissance éternelle
Qui m’a comblé de bonheur et d’honneur,
En me donnant une amante aussi belle.
Sous le charme de ses beaux yeux
En vain voudrait-on se défendre :
Ceux qui suivent ses pas, vaincus doivent se rendre,
Et d’elle tomber amoureux.

L’amour ardent qui dévore mon âme,
J’en fais serment, ne peut jamais finir.
De jour en jour augmentera ma flamme ;
Et quand viendra mon suprême soupir,
J’expirerai tout entier à ma dame.
Absence, différent séjour,
Ne peuvent rien sur ma tendresse,
Et vers les lieux heureux qu’habite ma maîtresse,
Mes yeux se dirigent toujours.

Créneaux maudits, jalouse citadelle
Qui dérobez chaque jour à mes yeux
Les doux appas, les charmes de ma belle,
Mon cœur franchit vos remparts odieux
Et suit les pas d’un messager fidèle.
En vain, jaloux de nos amours,
Du cœur de ma belle maîtresse
Parents, amis voudraient arracher sa tendresse :
Je les brave comme vos tours.

Si j’ai chanté mon bonheur et ma flamme,
D’un vain orgueil je ne suis point la loi :
Tel est l’amour que je porte à ma dame
Que, morte ou vive, elle aura tout de moi.
Je l’aime plus que je n’aime mon âme.
Si jamais il m’était permis
D’entendre un aveu de sa bouche,
Puis une seule nuit de partager sa couche,
Je donnerais ma part de paradis.

La belle Adalaïs ne fut pas insensible aux doux sentiments de Raymond Jourdain ; elle le paya d’un tendre retour, et bien souvent, le cœur palpitant et l’âme impatiente, elle épiait, du haut de sa tourelle, l’arrivée du preux chevalier, quand, le cœur enflammé lui aussi d’une égale impatience, il dévorait, sous les pas de son audacieux destrier, les gouffres menaçants de la côte du Paradis ou la plaine verdoyante de Saint-Vergondin.

Les belliqueux comtes de Toulouse guerroyaient durement et souvent ; ils donnaient peu de repos à leurs fidèles et valeureux chevaliers, et bientôt une guerre lointaine appela sous la bannière de Raymond VI tous ses vaillants guerriers. Le vicomte de Saint-Antonin, entouré de ses hommes d’armes, accourut un des premiers et se trouva toujours au poste le plus périlleux. Il acquit beaucoup de gloire, au nom d’Adalaïs ; mais enfin, trahi par le sort et par sa téméraire bravoure, il tomba sur le champ d’honneur, et la nouvelle de sa mort glorieuse se répandit aussitôt et arriva au donjon de Penne. La tendre Adalaïs rêvait alors de son chevaleresque amant et appelait, de tous les vœux de son cœur, le jour où elle le verrait revenir, plus beau, plus aimable, plus glorieux, plus aimé encore.

A celle terrible nouvelle, elle sentit son cœur et tous les liens qui l’attachaient encore au monde se briser pour toujours ; les fêtes, la joie, la gloire, la fortune, la vie tout entière ne lui parurent plus, sans son trouvère bien-aimé, que deuil et tristesse ; elle renferma dans son cœur déchiré le souvenir précieux de son amant et de son amour ; et, quittant pour toujours son vieux et cher château de Penne, elle alla abriter, dans les murs solitaires d’un monastère lointain, le triste trésor de son bonheur perdu. C’est ainsi qu’on aimait, dans ces siècles de foi, de courage et de chevalerie.

Ruines du château de Penne dominant le village
Château de Penne dominant le village

Raymond Jourdain n’avait pas succombé. Relevé par ses ennemis, couvert d’horribles blessures, il revint à la vie ; mais bien des jours se passèrent avant qu’il pût reconquérir la santé et la liberté. Enfin, après un bien long espace de temps, il put regagner, faible encore, mais brûlant d’impatience et d’amour, la vallée chérie de Penne et les sombres tours de son vieux château. A leur vue, son cœur palpita bien tendrement et bien fort, et il fut brisé de douleur et de désespoir quand il apprit l’héroïque résolution de la belle vicomtesse ; mais, hélas ! toute espérance était perdue ; Adalaïs avait mis, entre le monde et elle, des obstacles infranchissables.

Dévoré d’un noir chagrin, le vicomte de Sainl-Antonin s’ensevelit, lui aussi, dans une profonde solitude ; il abandonna les joutes et les tournois, il rejeta son luth, et ne trouva quelques amères consolations que dans les pleurs et dans son désespoir : la tendre Adalaïs méritait bien de pareils regrets.

Longtemps Raymond Jourdain resta ainsi abîmé dans sa douleur ; et les nobles dames et les vaillants guerriers déploraient amèrement la perte d’un aussi noble chevalier et d’un aussi charmant trouvère. Or, un jour, une bien grande dame, aussi noble, aussi belle qu’Adalaïs de Penne, la célèbre Elise de Montfort, touchée de la douceur et de la fidélité du vicomte de Saint-Antonin, le fit prier, pour l’amour d’elle, de secouer sa tristesse, et de reprendre, parmi les chevaliers et au milieu des dames, le rang qu’il savait si bien occuper.

Raymond Jourdain fut ému, puis touché ; et, reprenant ses armes et son luth, il apparut au milieu de la brillante cour du château de Turenne, entouré de toutes les séductions et du nouveau prestige de ses aventures et de sa tristesse ; les honneurs lui furent prodigués, chacun fêta son retour, et la belle Elise le proclama son chevalier et son trouvère.

Le souvenir de la tendre Adalaïs n’était pas sans doute effacé du cœur du vicomte de Saint-Antonin, et souvent des nuages de tristesse obscurcissaient son front ; mais les caresses et le sourire de la séduisante châtelaine venaient aussitôt les dissiper. Cependant, il ne chantait pas encore. Une nuit, qu’il était couché dans une des salles somptueuses du château de Turenne, un amour lui apparut, et, lui reprochant sa longue tristesse, lui demanda, au nom des dames et de l’amour, de reprendre son luth et de chanter comme autrefois. Ce touchant stratagème dissipa la mélancolie de Raymond Jourdain ; il se livra, avec un élan passionné, aux charmes de son nouvel amour et de la poésie, et il composa, pour sa belle Elise de Montfort, les chansons les plus amoureuses.

La tendre Adalaïs coula et termina ses jours dans la solitude du cloître et dans la tristesse du cœur. Son immense douleur dut encore s’accroître, puisque, après avoir pleuré Raymond Jourdain mort et perdu pour elle, elle dut le pleurer infidèle et parjure.




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