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Lieux d'histoire. Château de Rambures (Somme, Picardie)

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Lieux d’Histoire
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Château de Rambures
(Somme, Picardie)
(D’après « La Jeune Picardie », paru en 1901)
Publié / Mis à jour le vendredi 26 septembre 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
Non loin de la pittoresque vallée de la Bresle, à quelques lieues d’Abbeville, au Sud-Ouest, au cœur de ce florissant village de Rambures, universellement connu par ses pommes, vous voyez tout à coup, d’un océan de verdure, émerger le donjon pentagonal, les tours rondes et les toits en poivrière du château...

« Et en ce temps fut conquis, le fort chastel de Rambures par les François, et le prist par échelles, d’emblée, ung nommé Charles Desmarets, qui estoit au seigneur de Rambures, prisonnier en Angleterre, auquel ledict chastel appartenoit... Et fut, par le moyen de cette prise, grande entrée pour les François au païs de Vimeu. »

Telle est la mention que nous trouvons dans les chroniques d’Enguerrand de Monstrelet, mort en 1453, de ce glorieux château de Rambures, qui dresse encore intacte aujourd’hui, dans les plaines à peine ondulées de la Somme, sa massive et forte silhouette de vieille forteresse féodale.

Château de Rambures
Château de Rambures

De vastes fossés l’entourent, comme jadis, et dans la place, comme jadis, deux ponts-levis donnent accès. Le plan général est très simple : un carré dont les quatre coins sont formés par autant de grosses tours, réunies par un nombre égal de demi-tours ; à l’intérieur, une cour centrale et le donjon.

Les murailles, épaisses de dix-sept pieds, sont en briques ; elles datent du Xe siècle, époque où le comte de Ponthieu hérissa les frontières de son sol d’une chaîne continue de forteresses, dont il confia la garde à ses proches ou aux plus vaillants de ses guerriers. C’est le moment où l’on voit entrer dans l’histoire, conjointement avec les sires de Fontaines, d’Abbeville-Boubers, de Maisnières, le nom bientôt célèbre des Rambures.

Ils sont désormais de toutes les guerres. Ceux des leurs qui furent tués à l’ennemi ne se comptent pas. Les croisades en ont dévoré deux ; les guerres avec l’Anglais plusieurs autres ; Charles, surnommé le « brave Rambures », prit part à toutes les guerres de Louis XIII, et le dernier de la descendance directe tomba, le 29 juillet 1676, sur un champ de bataille d’Alsace.

La lignée ne périt point pourtant tout entière : en 1645, un mariage avait uni la dernière des Rambures, Charlotte, à un vaillant gentilhomme du comté de Bigorre, à François de la Roche, que Louis XIV, en 1658, honora du marquisat de Fontenilles.

Devenu, du chef de sa femme, l’héritier du fief de Rambures, le marquis de la Roche-Fontenilles en releva le nom, le titre et les armes. A son blason qui portait d’azur à trois rocs d’échiquier d’or, il accola l’écu des Rambures, d’or à trois fasces de gueules ; mais il conserva le cri de sa maison : Guyenne ! Guyenne ! et sa devise : Deo duce, ferro comite (Sous la conduite de Dieu, par le glaive).

Depuis, le château n’est point sorti de la famille. D’où sa conservation merveilleuse. Maintes fois restauré, il n’a jamais été reconstruit. Les tours que vous voyez actuellement sont les mêmes qui ont subi, pendant la guerre de Cent Ans, le choc anglais ; seuls, les mâchicoulis en pierre blanche, par où les défenseurs du château, tant de fois, déversèrent sur les assaillants l’huile et la poix bouillantes, datent du XVe siècle, avec les meneaux en croix des fenêtres et les balustres des parapets.

Le tout conserve, d’ailleurs, une allure et donne une impression d’unité surprenantes. En dépit des larges percées qui ont éventré ça et là ses créneaux pour faire pénétrer le jour à l’intérieur des grosses tours et en rendre les appartements habitables, Rambures garde le sévère maintien, l’attitude un peu gourmée qui convient à un vieillard de son âge, à un vieux champion féodal comme lui.

Pénétrez à l’intérieur du château, vous le trouverez aussi gai qu’une maison moderne. Evidemment, l’ancienne demeure de guerre, le poste-caserne d’autrefois, bondé d’écuyers et d’archers, d’arbalétriers, de coutilliers, d’hommes d’armes, se prêtait mal aux somptueuses réceptions du XVIIe siècle, aux artistiques caprices et aux coquettes fantaisies du XVIIIe. Le château a donc été, depuis Louis XIII, indéfiniment remanié dans son aménagement intérieur, et le contraste que présentent ces salons, d’une élégance toute moderne, avec l’aspect extérieur, si sauvage, est singulièrement instructif.

Blason de Rambures
Blason de Rambures

Mais, par-dessus tout, ce qui intéresse, c’est l’histoire de cette grande maison seigneuriale, inscrite, sous forme de portraits, dans le salon d’honneur ; sous forme de cédules royales, de chartes et de brevets, dans la salle, incomparablement riche, des archives.

C’est toute l’histoire de France qui se déroule avec celle de cette grande maison seigneuriale. Ce sont les portraits de famille qui se succèdent, depuis le farouche Montluc jusqu’à Renée d’Amboise et à Françoise d’Anjou, depuis Carbonnel et Gaillard de la Roche, qui accompagnèrent saint Louis aux croisades, jusqu’au défunt marquis de la Roche-Fontenilles, aide de camp de S. A. R. Mgr le duc d’Angoulême, dont le second fils, Charles, fut appelé, à l’extinction de la branche aînée de la maison, à relever le nom et les armes des Rambures.

Au début du XXe siècle, le propriétaire du château, le marquis de Rambures, était fils de ce dernier : il avait épousé, en 1864, Louise de Bouille, fille du comte Jules de Bouille et de Charlotte de Vernon-Bonneuil. Ce mariage avait mis un nom illustre de plus dans les alliances, illustres déjà, de la famille : les noms d’Anjou, de Bourbon-Vendôme, de la Marck, de Mailly, d’Abbeville-Boubers, de Berghes, de Créqui, d’Auxi, de Polignac, y alternent en effet avec ceux de Foix, de Commines, de la Rochefoucauld, de Juigné, de Ligny, de Sablé et tant d’autres.

 
 
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