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13 avril 1794 : mort du moraliste et journaliste Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort

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13 avril 1794 : mort du moraliste
et journaliste Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort
Publié / Mis à jour le vendredi 12 avril 2013, par LA RÉDACTION
 

Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort était né en 1740 ou 1741, en Auvergne, dans un village voisin de Clermont-Ferrand. Jamais il n’a connu que sa mère ; il n’a porté longtemps que le nom de Nicolas. Admis comme boursier au collège des Grassins, à Paris, on put juger par les succès qu’il y obtint de ceux qu’il obtiendrait dans le monde : deux années de suite il remporta tous les prix au concours de l’Université, à un près. Cet écolier, qui fut un des philosophes les plus robustes du dix-huitième siècle, était destiné à l’état ecclésiastique : il en portait alors l’habit.

Sorti du collège, il ne tarda pas à réaliser les espérances qu’il avait données. Tout en travaillant pour vivre, car il était dans une extrême détresse, il travaillait pour la gloire. Concourant pour les prix proposés- par les Académies, il se faisait couronner à Paris pour l’Eloge de Molière, et à Marseille pour l’Eloge de La Fontaine. Cependant il composait aussi pour la scène. A vingt-trois ans il donna sa comédie de la Jeune indienne, et six ans après le Marchand de Smyrne, autre comédie, qui restèrent longtemps au théâtre. Sa tragédie de Mustapha n’a pas joui de cet honneur ; elle accrut néanmoins la réputation de Chamfort comme écrivain, et lui fit ouvrir les portes de l’Académie française, où il fut nommé en 1781, à la place de Sainte-Palaye. Son discours de réception n’est pas au-dessous des ouvrages qui lui avaient valu l’honneur de le prononcer.

Même avant cette époque la fortune de Chamfort s’était améliorée. Chabanon lui avait généreusement délégué ne pension qui lui avait été assignée sur le Mercure, et le prince de Condé l’avait nommé secrétaire de ses commandements. Chamfort ne profita pas longtemps de ce dernier bienfait. Quoique le prince ne fût pas exigeant, le secrétaire ne put s’accommoder d’une place qui n’était pas tout à fait sans fonctions, et mit autant d’ardeur à solliciter son congé qu’un autre en eût mis à solliciter sa nomination.

Rendu à lui-même, Chamfort partageait sa vie entre quelques gens de lettres qu’il affectionnait, et quelques gens de cour qui le recherchaient, quand la Révolution vint lui fournir l’occasion de mettre en pratique les théories qu’il avait toujours professées : quoiqu’il ne fût pas membre de la législature, ses paroles retentirent plus d’une fois à la tribune, plusieurs membres de l’Assemblée constituante se faisant un honneur de prêter leur organe à la publication de ses pensées.

Il croyait concourir à l’affranchissement de la France : quel fut son dépit quand il reconnut qu’il n’avait fait que favoriser l’établissement de la plus odieuse tyrannie qui ait jamais pesé sur elle. Ne pouvant dissimuler l’indignation qu’un si douloureux désappointement lui causait, il fut arrêter en 1793. Quoiqu’il eût été relâché presque aussitôt, présumant que sa liberté ne lui était pas rendue pour longtemps, il avait juré de ne rentrer jamais en prison. Il tint parole. Averti quelque temps après qu’on allait l’incarcérer de nouveau, il se tira un coup de pistolet, et, comme le coup n’était pas mortel, il s’efforça, mais sans succès encore, de s’achever à coups de rasoir. Ce n’est que plusieurs mois après qu’il mourut, non de ses blessures, mais d’une maladie occasionnée par le traitement qui les avait fermées.

Chamfort fut un homme de beaucoup d’esprit et de beaucoup de talent ; mais il ne fit pas toujours un heureux emploi de ces facultés précieuses. Il semblait moins viser à la gloire qu’à la singularité. Dominé par une humeur morose, qui tirait sa source de sa condition sociale, et dont sa mauvaise santé entretenait l’acrimonie, ce misanthrope aimait moins les petits qu’il ne haïssait les grands. Il semble n’avoir répondu à l’affection de quelques seigneurs que pour l’immoler ensuite à ses opinions, et n’avoir accepté leurs faveurs que pour se ménager, en y renonçant, l’occasion de prouver combien il les dédaignait.

 
 
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