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2 juin 1767 : mort de l’actrice de théâtre Mademoiselle Gaussin - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, événements

Les événements du 2 juin. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique


2 juin 1767 : mort de l’actrice
de théâtre Mademoiselle Gaussin
(D’après « Galerie historique des acteurs
du Théâtre français » Tome 2 (par Pierre-David Lemazurier) paru en 1810,
« Les comédiens du roi de la troupe française pendant les deux
derniers siècles » (par Émile Campardon) paru en 1879, « Acteurs et actrices
du temps passé. La Comédie Française » 1ère série (par Charles Gueullette)
paru en 1881 et « Les Annales politiques et littéraires » du 29 mai 1887)
Publié / Mis à jour le dimanche 2 juin 2019, par LA RÉDACTION

 
 
 
Fille d’un laquais du comédien Baron et d’une ouvreuse de loges de la Comédie-Française, Mademoiselle Gaussin, adulée à ses débuts par Voltaire, était douée d’une voix charmante dont le son allait au coeur et possédait un regard qui, selon l’expression de Marmontel, avait dans les larmes un charme inexprimable, devenant rapidement l’idole du public et pouvant jusqu’à un âge avancé jouer les jeunes amoureuses grâce à son air de candeur et d’ingénuité

Jeanne-Catherine Gaussem dite Mademoiselle Gaussin — les frères Parfaict la nomment par erreur Marie-Madeleine et Lemazurier lui donne les mêmes prénoms, ajoutant « ou Jeanne-Catherine », mais les vrais prénoms de Mlle Gaussin sont bien Jeanne-Catherine, comme l’indique son contrat de mariage — dut le jour à Antoine Gaussem, laquais du comédien Michel Baron (1653-1729), et à Jeanne Collot, cuisinière, qui fut depuis ouvreuse de loges. Elle naquit le 25 décembre 1711.

Son goût et ses talents pour la comédie se déclarèrent de bonne heure, et par son jeu, ainsi que par sa beauté, elle avait déjà fait les délices de la société du duc de Gesvres qui donnait des spectacles à Saint-Ouen, lorsqu’à l’âge de dix-sept ans environ elle partit pour Lille, où elle tint l’emploi des jeunes princesses dans la tragédie, et celui des amoureuses de la comédie pendant dix-huit mois ou deux ans. Ses succès dans cette ville la firent désirer à Paris, et elle y débuta, non le samedi 28 avril 1731 comme généralement indiqué par ses biographes, mais le 11 décembre 1730 dans le rôle de Tullie, de Brutus, tragédie de Voltaire. Voici, en effet, la lettre que le poète écrivit à la comédienne, la veille de la représentation :

Mademoiselle Gaussin. Gravure publiée dans Acteurs et actrices du temps passé. La Comédie Française 1ère série (par Charles Gueullette) paru en 1881
Mademoiselle Gaussin. Gravure publiée dans Acteurs et actrices du temps passé.
La Comédie Française
1ère série (par Charles Gueullette) paru en 1881

« [10] décembre 1730. Prodige, je vous présente une Henriade ; c’est un livre bien sérieux pour votre âge, mais qui joue Tullie est capable de lire et il est bien juste que j’offre mes ouvrages à celle qui les embellit. J’ai pensé mourir cette nuit et je suis dans un bien triste état, sans cela je serais à vos pieds pour vous remercier de l’honneur que vous me faites aujourd’hui. La pièce est indigne de vous ; mais comptez que vous allez acquérir bien de la gloire en répandant vos grâces sur mon rôle de Tullie.

« Ce sera à vous qu’on aura l’obligation du succès. Mais pour cela souvenez-vous de ne rien précipiter, d’animer tout, de mêler des soupirs à votre déclamation, de mettre de grands temps. Surtout jouez avec beaucoup d’âme et de force la fin du couplet du premier acte. Mettez de la terreur, des sanglots et de grands temps dans le dernier morceau. Paraissez-y désespérée et vous allez désespérer vos rivales. »

Malgré ces conseils, Mlle Gaussin ne réussit pas dans le rôle de Tullie, car le lendemain de la première représentation qui eut donc lieu le 11 décembre 1730, Voltaire lui écrivit encore ce billet : « Ne vous découragez pas ; songez que vous avez joué à merveille aux répétitions, qu’il ne vous a manqué hier que d’être hardie. Votre timidité même vous a fait honneur. Il faut prendre demain votre revanche. J’ai vu tomber Mariamne et je l’ai vue se relever. Au nom de Dieu, soyez tranquille ! Quand même cela n’irait pas bien, qu’importe ! Vous n’avez que 15 ans (elle en avait 19) et tout ce qu’on pourra dire c’est que vous n’êtes pas ce que vous serez un jour. Pour moi, je n’ai que des remerciements à vous faire ; mais, si vous n’avez pas quelque sensibilité pour ma tendre et respectueuse amitié, vous ne jouerez jamais le tragique. Commencez par avoir de l’amitié pour moi qui vous aime en père et vous jouerez mon rôle d’une manière intéressante. Adieu, il ne tient qu’à vous d’être divine demain. »

Le lendemain, pendant la représentation même, Voltaire envoyait à Thierriot une lettre où se trouvent ces vers, imités, dit-il, « de Catulle La Faye », et tout à l’honneur de Mlle Gaussin :

Que le public veuille ou non veuille,
De tous les charmes qu’il accueille
Les tiens sont les plus ravissants ;
Mais tu n’es encor que la feuille
Des fruits que promet ton printemps !
Ô ma Tullie, avant le temps
Garde-toi bien qu’on ne te cueille...

Et il ajoutait : « Mon valet de chambre arrive dans le moment qui me dit que Tullie a joué comme un ange. Si cela est : Ma Tullie, il est déjà temps, / Allons vite, que l’on te cueille ! »

Le 28 avril 1731, elle endossa le rôle de Junie dans Britannicus qu’elle joua trois fois de suite. Elle continua ses débuts par Chimène, Monime, Andromaque, Iphigénie, Aricie et Agnès de l’École des femmes. Avant qu’ils fussent terminés, la Comédie ayant donné le 11 mai la première représentation de l’Italie galante, pièce de Lamotte, elle chanta des couplets, et dansa dans les divertissements qui s’y trouvaient joints. Ses dispositions parurent si grandes qu’après avoir joue le 24 juillet à Fontainebleau le rôle de Chimène, elle fut reçue le 28 à demi-part, et parut bientôt si supérieure à Mlle Labat qui remplissait les mêmes rôles depuis dix ans, que celle-ci fut forcée de se retirer à la clôture de 1733.

Le rôle de Zaïre dont Voltaire chargea Mlle Gaussin, fut le commencement de sa réputation. À dater du mercredi 13 août 1732, jour de la première représentation de cette pièce, Mlle Gaussin fut généralement regardée comme une actrice du premier ordre, et les éloges dont elle fut comblée par Voltaire, enchanté de la sensibilité touchante qu’elle y déploya, ainsi que du charme qu’elle avait su répandre sur tout son rôle, ces éloges flatteurs, sans être exagérés, achevèrent d’enflammer pour elle les spectateurs déjà séduits par sa beauté, sa jeunesse et ses grâces naïves.

Que l’on juge quel effet devaient produire sur les succès d’une actrice de jolis vers tels que ceux qu’il lui adressa, et qui ne peuvent être mieux placés qu’ici :

Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage ;
Reçois mes vers au théâtre applaudis :
Protège-les, Zaïre est ton ouvrage ;
Il est à toi, puisque tu l’embollis.
Ce sont tes yeux, ces yeux si pleins de charmes,
Qui du critique ont fait tomber les armes :
Ton seul aspect adoucit les censeurs.
L’illusion, cette reine des cœurs,
Marche à ta suite, inspire les alarmes,
Le sentiment, les regrets, les douleurs,
Le doux plaisir de répandre des larmes.
Le Dieu des vers qu’on allait dédaigner,
Est par ta voix aujourd’hui sûr de plaire ;
Le Dieu d’amour à qui tu fus plus chère
Est par tes yeux bien plus sûr de régner.
Entre ces Dieux désormais tu vas vivre :
Hélas longtemps je les suivis tous deux ;
II en est un que je ne peux plus suivre.
Heureux cent fois le mortel amoureux
Qui tous les jours peut te voir et t’entendre,
Que tu reçois avec un sourire tendre,
Qui voit son sort écrit dans tes beaux yeux,
Qui meurt d’amour, qui te plaît, qui t’adore,
Qui, pénétré de cent plaisirs divers,
Parle d’amour, et t’en reparle encore !
Mais malheureux qui n’en parle qu’en vers !

En dédiant sa pièce à Fakener, négociant anglais, Voltaire fit entrer dans son épître l’éloge de Mlle Gaussin. « Il faut que je finisse cette lettre déjà trop longue, en vous envoyant un petit ouvrage qui trouve naturellement sa place à la tête de cette tragédie. C’est une épître en vers à celle qui a joué le rôle de Zaïre : je lui devais au moins un compliment pour la manière dont elle s’en est acquittée. »

Car le prophète de la Mecque
Dans son sérail n’a jamais eu
Si gentille Arabesque ou Grecque.
Son œil noir, tendre et bien fendu,
Sa voix et sa grâce intrinsèque
Ont mon ouvrage defendu
Contre l’auditeur qui rebèque ;
Mais quand l’auditeur morfondu
L’aura dans sa bibliothèque,
Tout mon honneur sera perdu.

Lorsque Mlle Gaussin joua Alzire, Voltaire jugea encore à propos de lui en attribuer le succès. Personne cependant ne savait mieux que lui que, si de grands acteurs contribuent au succès d’un bon ouvrage, jamais ils n’ont pu en faire réussir un mauvais, et que la vogue qu’ils ont quelquefois su procurer à des poèmes assez faibles n’a jamais été que momentanée. Mais il entrait dans ses vues d’enivrer par la fumée de son encens les rois et les reines de coulisses dont il prévoyait avoir besoin, et c’est par cette raison qu’il disait, fort sérieusement en apparence, à Mlle Gaussin :

Ce n’est pas moi qu’on applaudit ;
C’est vous qu’on aime et qu’on admire :
Et vous damnez, charmante Alzire,
Tous ceux que Guzman convertit.

Le dramaturge Barthélemy-Christophe Fagan (1702-1755) lui confia le rôle de la Pupille, et les vers suivants, que d’Arnaud composa pour elle à cette occasion, donnent une idée assez juste de la sensation qu’elle y produisit.

En ce jour, pupille adorable,
Que ne suis-je votre tuteur !
Un seul mot, un soupir, un regard enchanteur,
Ce silence éloquent, cet embarras aimable,
Tout m’instruirait de mon bonheur.
Vos yeux, en m’apprenant leur secrète langueur,
M’embraseraient d’une flamme innocente.
Une pupille aussi charmante
Mérite bien le droit de toucher son tuteur.
La Comédie-Française à la fin du XVIIIe siècle. Dessin d'Antoine Meunier (1765-1808). Bâtiment incendié et reconstruit au début du XXe siècle
La Comédie-Française à la fin du XVIIIe siècle. Dessin d’Antoine Meunier (1765-1808).
Bâtiment incendié et reconstruit au début du XXe siècle

Presque tous les rôles établis pour Mlle Gaussin Iui méritèrent de pareils hommages, et nous nous ferions un plaisir de les rapporter, si la majeure partie de ces petits vers adulateurs ne faisaient, par leur médiocrité, un contraste trop frappant avec ceux de Voltaire que nous venons de citer, et même avec ceux de d’Arnaud qui ne sont pas de la première force.

Elle joua dans presque toutes les comédies nouvelles qui furent représentées pendant les trente années qu’elle passa au théâtre, et sans la rivalité dangereuse de Mlle Clairon, il n’est pas douteux qu’elle eût obtenu plus de rôles des auteurs tragiques qui se seraient facilement contentés du bien, s’ils n’avaient pas trouvé le mieux.

Adélaïde dans le Gustave de Piron, Adélaïde du Guesclin en 1734, Irène dans Mahomet II de Lanoue, Atide dans Zulime en 1740, Andromaque dans Les Troyennes de Chateaubrun, et Briséis dans la tragédie de Poinsinet de Sivry, jouée en 1759, sont avec Zaïre et Alzire, les rôles tragiques où Mlle Gaussin obtint le plus de succès, et ce fut par celui de Briséis qu’elle termina sa carrière dans le genre sérieux. Elle en désira plusieurs autres qui lui furent enlevés par Mlle Clairon dont la supériorité pour les caractères énergiques ne pouvait être contestée ; il lui fut surtout extrêmement pénible d’être forcée de renoncer à l’Arétie de la pièce que Marmontel fit jouer en 1748 sous le titre de Denis le tyran. C’était beaucoup trop d’honneur qu’elle faisait à Marmontel. Son Arétie ne méritait point que Mlle Gaussin se donnât tant de peines pour l’obtenir, ni qu’elle s’affligeât, comme elle le fit, d’avoir essuyé ou refus.

Marmontel, le moins modeste de tous les hommes, a raconté dans ses mémoires ce qui se passa entre Mlle Gaussin, Mlle Clairon et lui, à l’occasion de ce rôle. L’examen attentif de sa narration prouve évidemment qu’il l’arrangea de la manière qui pouvait lui être honorable et avantageuse ; cependant, comme elle offre un indéniable intérêt, et qu’en la lisant avec défiance et discernement, on y trouve des aperçus assez justes sur le talent de Mlle Gaussin, nous allons la mettre sous les yeux de nos lecteurs, avec la certitude que leur sagacité les avertira suffisamment des endroits où Marmontel, occupé à s’encenser lui-même, a plié la vérité aux intérêts de son orgueil.

« Lorsque les comédiens m’avaient accordé mes entrées, Mlle Gaussin avait été la plus empressée à les solliciter pour moi. Elle était en possession de l’emploi des princesses : elle y excellait dans tous les rôles tendres et qui ne demandaient que l’expression naïve de l’amour et de la douleur. Belle et du caractère de beauté le plus touchant, avec un son de voix qui allait au cœur, et un regard qui, dans les larmes, avait un charme inexprimable, son naturel, lorsqu’il était placé, ne laissait rien à désirer, et ce vers adressé à Zaïre par Orosmane : L’art n’est pas fait pour toi : tu n’en as pas besoin, avait été inspiré par elle.

« On peut de là juger combien elle était chérie du public et assurée de sa faveur. Mais dans les rôles de fierté, de force et de passion tragique, tous ses moyens étaient trop faibles ; et cette mollesse voluptueuse qui convenait si bien aux rôles tendres, était tout le contraire de la vigueur que demandait le rôle de mon héroïne. Cependant Mlle Gaussin n’avait pas dissimulé le désir de l’avoir : elle me l’avait témoigné de la manière la plus flatteuse et la plus séduisante, en affectant aux deux lectures le plus vif intérêt pour la pièce et pour l’auteur.

« Dans ce temps-là les tragédies nouvelles étaient rares, et plus rares encore les rôles dont on attendait du succès ; mais le motif le plus intéressant pour elle était d’ôter ce rôle à l’actrice qui tous les jours lui en enlevait quelqu’un. Jamais la jalousie du talent n’avait inspiré plus de haine qu’à la belle Gaussin pour la jeune Clairon. Celle-ci n’avait pas le même charme dans la figure ; mais en elle les traits, la voix, le regard, l’action et surtout la fierté, l’énergie du caractère, tout s’accordait. pour exprimer les passions violentes et les sentiments élevés. Depuis qu’elle s’était saisie des rôles de Camille, de Didon, d’Ariane, de Roxane, d’Hermione, il avait fallu les lui céder. Son jeu n’était pas encore réglé et modéré comme il le fut dans la suite ; mais il avait déjà toute la sève et la vigueur d’un grand talent.

« Il n’y avait donc pas à balancer entre elle et sa rivale pour un rôle de force, de fierté, d’enthousiasme, tel que celui d’Arétie ; et malgré toute ma répugnance à désobliger l’une, je n’hésitai point à l’offrir à l’autre. Le dépit de Mlle Gaussin ne put se contenir : elle dit qu’elle savait bien par quel genre de séduction Clairon s’était fait préférer ; assurément elle avait tort. Mais Clairon, piquée a son tour, m’obligea de la suivre dans la loge de sa rivale ; et là, sans m’avoir prévenu de ce qui allait se passer : Tenez, Mademoiselle, je vous l’amène, lui dit-elle, et pour vous faire voir si je l’ai séduit, si même j’ai sollicité la préférence qu’il m’a donnée, je vous déclare, et je lui déclare à lui-même, que si j’accepte son rôle, ce ne sera que de votre main. À ces mots, jetant le manuscrit sur la toilette de la loge, elle m’y laissa.

« J’avais alors vingt-quatre ans, et je me trouvais tête-à-tête avec la plus belle personne du monde. Ses mains tremblantes serraient les miennes, et je puis dire que ses beaux yeux étaient en suppliant attachés sur les miens. Que vous ai-je donc fait, me disait-elle avec sa douce voix, pour mériter le chagrin et l’humiliation que vous me causez ? Quand M. de Voltaire a demandé pour vous les entrées de ce spectacle, c’est moi qui ai porté la parole. Quand vous avez lu votre pièce, personne n’a été plus sensible à ses beautés que moi. J’ai bien écouté le rôle d’Arétie, et j’en ai été trop émue pour ne pas me flatter de le rendre comme je l’ai senti. Pourquoi donc me le dérober ? Il m’appartient par droit d’ancienneté, et peut-être à quelqu’autre titre. C’est une injure que vous me faites en le donnant à une autre que moi, et je doute qu’il y ait pour vous de l’avantage. Croyez-moi, ce n’est pas le bruit d’une déclamation forcée qui convient à ce rôle. Réfléchissez-y bien. Je tiens à mes propres succès, mais je ne tiens pas moins aux vôtres, et ce serait pour moi une sensible joie que d’y avoir contribué.

Mademoiselle Gaussin. Détail de la peinture attribuée à Jean-Marc Nattier (1685-1766). Galerie de la Comédie-Française
Mademoiselle Gaussin. Détail de la peinture attribuée à Jean-Marc Nattier (1685-1766).
Galerie de la Comédie-Française

« Il fut pénible, je l’avoue, l’effort que je fis sur moi-même. Mes yeux, mon oreille, mon cœur étaient exposés sans défense au plus doux des enchantements. Charmé par tous les sens, ému jusqu’au fond de l’âme, j’étais prêt à céder, à tomber aux genoux de celle qui semblait disposée à m’y bien recevoir. Mais il y allait du sort de mon ouvrage, mon seul espoir, le bien de mes pauvres enfants ; et l’alternative d’un plein succès ou d’une chute était si vivement présente à mon esprit que cet intérêt l’emporta sur tous les mouvements dont j’étais agité.

« Mademoiselle, lui répondis-je, si j’étais assez heureux pour avoir fait un rôle comme ceux d’Andromaque, d’Iphigénie, de Zaïre, ou d’Inès, je serais à vos pieds pour vous prier de l’embellir encore. Personne ne sent mieux que moi le charme que vous ajoutez à l’expression d’une douleur touchante ou d’un timide et tendre amour. Mais malheureusement l’action de ma pièce n’était pas susceptible d’un rôle de ce caractère ; et quoique les moyens qu’exige celui-ci soient moins rares, moins précieux que le beau naturel dont vous êtes douée, vous m’avouerez vous-même qu’ils sont tout différents. Un jour peut-être j’aurai lieu d’employer avec avantage ces doux accents de la voix, ces regards enchanteurs, ces larmes éloquentes, cette beauté divine, dans un rôle digne de vous. Laissez les périls et les risques de mon début à celle qui veut bien les courir ; a et en vous réservant l’honneur de lui avoir cédé ce rôle, évitez les hasards qu’en le jouant vous-même vous partageriez avec moi. — C’en est assez, dit-elle, avec un dépit renfermé : vous le voulez, je le lui cède.

« Alors, prenant sur sa toilette le manuscrit du rôle, elle descendit avec moi, et retrouvant Clairon dans le foyer : Je vous le rends, et sans regret, ce rôle dont vous attendez tant de succès et tant de gloire, dit-elle d’un ton ironique ; je pense comme vous qu’il vous va mieux qu’à moi. Mlle Clairon le reçut avec une fierté modeste ; et moi, les yeux baissés et en silence, je laissai passer ce moment. Mais le soir, à souper, tête à tête avec mon actrice, je respirai en liberté de la gêne où elle m’avait mis. Elle ne fut pas peu sensible à la constance avec laquelle j’avais soutenu cette épreuve ; et ce fut là que prit naissance cette amitié qui a vieilli avec nous. »

Dans son récit, Marmontel rend aux qualités précieuses et rares qui distinguèrent Mlle Gaussin, l’hommage qu’il ne pouvait leur refuser.

Les succès de Mlle Gaussin dans la comédie furent encore plus brillants que ceux qu’elle obtint en jouant les jeunes princesses tragiques ; personne surtout ne s’avisa de vouloir la rivaliser. L’actrice qui jouait avec un succès égal Sophilette dans La Magie de l’amour, Clarice dans Le Consentement forcé, Lucile dans Les Dehors trompeurs de Boissy, Lucinde dans l’Oracle de Sainte-Foix, Zénéide, Nanine, rôles de l’emploi des amoureuses ingénues qu’aucune actrice n’avait encore rempli avec la même supériorité, celle qui établit encore ceux de Constance dans Le Préjugé à la mode, de Mélanide, de Cénie, de Julie dans Le Dissipateur, de la Coquette corrigée, de Marianne dans Dupuis et Desronais, qui depuis furent le partage des actrices chargées des premiers rôles ; on peut le dire, avec assurance, cette actrice mérita d’être placée au premier rang.

Jacques Autreau (1657-1745), l’auteur de La Magie de l’amour, pièce parue en 1735 dans laquelle Mlle Gaussin jouait le rôle de Sophilette, lui décocha ce trait enflammé :

J’aimais sans le savoir, aimable Sophilette ;
Mais je le sais depuis un jour.
Je n’aurais jamais cru que mon âme inquiète
Ressentît les traits de l’amour.
À peine je te vis, ma raison alarmée
Me fit craindre l’enchantement ;
Mais sa perte est trop confirmée ;
Pour moi le plus beau jour brille sans agrément.
Je désire la nuit, et rien ne me soulage.
Le sommeil sur mes yeux répand-il ses pavots ?
Dans un songe flatteur tu m’offres son image ;
Elle vient troubler mon repos.
Non, je n’en doute plus, l’art de la Thessalie
N’est pas ce qui fait ma langueur !
Que j’étais si simple, hélas ! d’accuser la magie
Du trouble secret de mon cœur !
L’amour lui seul m’a rendu tendre,
Et ce n’est qu’en tremblant que j’ose te l’apprendre.
Je me plais à porter tes fers.
Pour toi, belle Gaussin, je languis, je soupire ;
Permets qu’à tes genoux je puisse te le dire,
Je le ferai bien mieux qu’en vers.

Le dramaturge Louis de Boissy (1694-1758) fit sa cour d’une façon fort ingénieuse : ayant imaginé un galant portrait de l’actrice, il l’enchâssa dans son rôle de L’Embarras du choix, si bien que Mlle Gaussin, en le retraçant elle-même au public, récoltait chaque soir de nouveaux applaudissements :

Rien ne peut l’enlaidir, tout sied à sa personne,
Tout devient agrément par l’air qu’elle se donne.
On ne saurait la voir sans en être enchanté.
Son air, son caractère, est l’ingénuité,
Mais l’ingénuité fine, spirituelle,
Car elle a de l’esprit, presque autant qu’elle est belle.
Ses grâces sans étude, et qui n’ont rien d’acquis,
Charment dans tous les temps, sont de tous les pays,
Et son âme parfaite, ainsi que sa figure,
Pour devoir rien à l’art tient trop de la nature.
Intérieur de la Comédie-Française à la fin du XVIIIe siècle. Dessin d'Antoine Meunier (1765-1808)
Intérieur de la Comédie-Française à la fin du XVIIIe siècle. Dessin d’Antoine Meunier (1765-1808)

Au tour du dramaturge Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée, qui, attribuant le succès d’Amour pour amour à Mlle Gaussin, lui adressa les vers suivants :

Ô toi ! qui m’as prêté tes talents enchanteurs,
Assemblage parfait des dons les plus flatteurs,
Élève et modèle des grâces,
Aimable et cher objet, que Thalie et ses soeurs
Ne peuvent couronner que de ces mêmes fleurs
Que tu fais naître sur tes traces,
Si je n’ai point encore essuyé de revers,
Je n’en dois qu’à toi seule un éternel hommage.
Tes charmes et ta voix sont l’âme de mes vers ;
Mais que dis-je ? ils sont ton ouvrage,
Qui les inspira, les a faits.
Qu’ils te soient consacrés par la reconnaissance ;
Tes yeux n’ont tien laissé de plus à ma puissance,
Et je ne puis t’offrir que tes propres bienfaits.

En 1745, Boissy venait de mettre au théâtre une grande pièce en vers intitulée Le Médecin par occasion. L’ouvrage se soutint grâce à Mlle Gaussin. Cette fois ce ne fut point à l’auteur que la comédienne fut redevable du compliment, mais à un grave président à la Cour des Aides de Montpellier, Monsieur de Claris, qui communiqua ses impressions à Lefranc de Pompignan, dans une lettre rimée :

Ma main, pour te plaire enhardie,
Va t’offrir quelques traits divers
Sur la nouvelle comédie,
Où, de l’aveu de tout Paris,
Gaussin, plus belle que Cypris,
À l’âme la plus engourdie
Des talents fait sentir le prix.
(...)
Par son art Lucile embellie
Nous communique sa douleur,
Et la tendre mélancolie
Qui semble consumer mon cœur.

Sa figure noble, régulière et intéressante, se soutint longtemps dans tout son éclat. À cinquante ans, elle jouait encore, avec le plus grand succès, le rôle de Lucinde dans L’Oracle, et elle en avait cinquante-deux lorsque Collé lui confia celui de Marianne dans Dupuis et Desronais, le dernier qu’elle ait joué d’original, et peut-être même dans lequel elle ait paru. Cette pièce fut représentée pour la première fois le 17 janvier 1763 : Mlle Gaussin se retira le samedi 19 mars, jour de la clôture.

Mlle Gaussin savait allier les talents qui semblent les plus incompatibles. Lorsqu’elle voulait bien déroger au genre noble et aux grâces pour lesquelles elle était née, elle faisait encore le plus grand plaisir. On l’a vue, pour se prêter aux amusements de quelques sociétés, jouer des personnages grotesques, tels que celui de Cassandre dans plusieurs parades, avec un succès très étonnant.

En 1750, Collé disait d’elle : « Il n’est pas possible d’imaginer qu’on puisse mieux jouer qu’elle dans certains rôles ; L’Oracle, La Magie de l’amour, tous les rôles naïfs et de jeune fille ont été son triomphe et personne ne la remplacera. Quoiqu’elle ait plus de 40 ans, elle n’en paraît pas avoir plus de 16 dans ces rôles-là. Dans le comique sa voix est douce et tendre et va au cœur, elle n’est pas assez forte pour le tragique. »

Cependant, dès cette même époque, Mlle Gaussin était l’objet des critiques les plus amères, en raison de l’âge de la comédienne. En 1752, le même Voltaire qui l’avait jadis encensée, traçait au marquis de Thibouville cette phrase méprisante pour l’actrice : « Lecouvreur ne sera pas remplacée. La vieille enfant qui joue dans L’Oracle et dans Zaïre ne peut que faire tomber mon duc », allusion à son Duc de Foix, autrement appelé Adélaïde Duguesclin. En faisant montre de si peu de charité envers l’ancienne idole, Voltaire suivait l’exemple général. Tant que Mlle Gassin fut désirable, elle se vit entourée d’adulateurs dont elle fit, dirent les méchantes langues, autant d’heureux. Mais quand la fatigue et le temps eurent imprimé leurs stigmates sur son visage et terni l’éclat de ses yeux, le vide se fit autour d’elle, et un silence glacial remplaça les madrigaux et les épîtres incendiaires.

Depuis la fin de 1745, en effet, et jusqu’en 1763, date de sa retraite, elle créa vingt-quatre rôles et ne reçut que fort peu d’éloges et de rares encouragements. Les rédacteurs des Mémoires secrets disaient en 1762 : « Elle ne sent donc pas qu’il est un temps où il faut se soustraire aux applaudissements, sans quoi les applaudissements nous échappent à la fin ? Son genre ne peut s’allier avec les rides de l’âge : une vieille poupée ne figurera jamais bien dans L’Oracle ni dans Les Grâces et que Zaïre doit porter sur son front toute la candeur de son âme. » Et encore : « Ce qu’elle est fait oublier ce qu’elle a été. (...) Ses défenseurs prétendent que son peu d’opulence la met dans le cas de sacrifier sa gloire à son bien-être. Il faut qu’elle soit bien mal à l’aise ou qu’elle se soucie bien peu de sa réputation. »

Elle sacrifia beaucoup à l’amour ; elle eut les amants les plus illustres, et n’en devint pas plus riche, ayant constamment préféré le plaisir à l’intérêt. Quand on lui reprochait son extrême facilité, elle répondait naïvement : « Que voulez-vous ? cela leur fait tant de plaisir, et cela me coûte si peu ! » Ce mot fit fortune et se répandit de manière à être généralement connu. Aussi, lors de la première représentation de La Force du naturel, comédie de Destouches, jouée en 1750, le public ne put-il s’empêcher de rire lorsqu’il entendit que l’on disait d’une jeune fille dont Mlle Gaussin jouait le rôle dans cette pièce :

C’est un pauvre mouton :
Je crois que de sa vie elle ne dira non.

Elle était aussi bonne que jolie. Son âme compatissait à toutes les souffrances, et s’imposait le devoir de les consoler. Ses yeux faisaient beaucoup de victimes, mais ces victimes ne languissaient pas longtemps. Toute la cour était à ses pieds. On ne pouvait voir sans l’aimer cette adorable personne dont Arsène Houssaye décrivit les charmes avec plus d’enthousiasme peut-être que de vérité. Il y avait tant d’expression dans ses yeux et dans sa bouche, elle possédait à un si haut degré l’art des contrastes et des nuances, elle avait tant de grâce pour incliner la tête, pour poser le pied, pour soulever la main, pour dénouer sa chevelure sur le marbre frissonnant de son épaule ou la neige de son sein, que les spectateurs tout émerveillés voyaient en elle réunies Junon, Diane, Daphné, Terpsichore, et oubliaient qu’elle s’appelait Gaussin.

La toile baissée, on ne songeait plus guère qu’à la Gaussin ; c’est à la Gaussin que les gentilshommes, les financiers, allaient porter leurs hommages. Mais capricieuse et un peu folle, elle n’écoutait guère que sa fantaisie ; il lui arrivait de négliger Turcaret pour un petit clerc ; et ce qu’elle recevait de la magnificence du duc de Richelieu — fils du petit-neveu du célèbre ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu — passait bien souvent dans la poche d’un poète besogneux. Tous ceux qui l’approchaient étaient sous le charme. On prétend même que son charbonnier en devint éperdument amoureux. L’infortuné languissait. Mlle Gaussin sécha ses larmes et lui rendit la santé. Elle n’était pas avare, jamais l’intérêt ne la fit agir.

Mademoiselle Gaussin. Gravure réalisée d'après l'oeuvre de Jean-Marc Nattier (1685-1766) et publiée dans Les femmes du temps passé d'Arsène Houssaye (1863)
Mademoiselle Gaussin. Gravure réalisée d’après l’oeuvre de Jean-Marc Nattier (1685-1766)
et publiée dans Les femmes du temps passé d’Arsène Houssaye (1863)

On a conté souvent l’histoire de ses amours avec le fermier général Bouret, qu’elle avait passionnément aimé avant qu’il n’eût fait fortune. Un jour, au milieu des plus folles ivresses, il lui avait donné un blanc-seing. Devenu prodigieusement riche, et craignant l’usage qu’elle en pouvait faire, il alla la trouver, balbutia, réclama en tremblant son billet. Mlle Gaussin le tira de ses tablettes et le remit à son ancien adorateur. Bouret se jeta dessus et lut avidement. Au-dessus de la signature, la comédienne avait tout bonnement écrit : « Je jure d’aimer Gaussin toute ma vie. » Et Bouret de fondre en larmes. Puis il disait à qui voulait l’entendre : « Pauvre Gaussin ! Quand je pense que la dernière fois que j’ai dîné avec elle aux Porcherons, c’est elle qui a payé le dîner ! »

Elle épousa le 29 mai 1759 un danseur de l’Opéra, plus jeune qu’elle et nommé Marie-François Taolaïgo ; ces nœuds furent mal assortis, et ne contribuèrent pas peu à jeter de la mélancolie sur les derniers jours de l’actrice. On prétend qu’il se comportait avec sa femme comme le Médecin malgré lui avec la sienne ; heureusement pour Mlle Gaussin, il mourut le 1er mars 1765 dans la terre de Labzenay en Berry, qu’il avait achetée et dont il portait le nom.

Jeanne-Catherine Gaussin, devenue libre, s’enferma dans une petite habitation dont elle était propriétaire, à La Villette, avec la pension de quinze cents livres qui composait la majeure partie de sa fortune. Elle passa ainsi dans l’isolement le reste de son existence et mourut le 2 juin 1767, âgée de cinquante-cinq ans. Les registres de la paroisse consignent, à la date du 3 juin, son enterrement.

L’abandon dans lequel on laissa la comédienne durant les dernières années de sa vie lui avait inspiré de salutaires réflexions sur la fragilité des affections humaines. Avec cette prédisposition au sentiment, ce cœur expansif que nous lui connaissons, elle chercha dans les bras de la religion les saines joies de l’âme, que la terre avait été impuissante à lui donner. Un sermon du prieur de La Villette, rapporte une feuille de l’époque, avait si vivement impressionné Jeanne qu’elle avait résolu de vivre désormais dans la pénitence.

Son portrait fut peint par Drouais, et Dorat lui consacra les vers suivants dans son poème de déclamation :

Ah ! Gaussin, que j’aimais ta langueur et tes grâces !
Tu désarmais le temps enchaîné sur tes traces ;
Il semblait à nos yeux t’embellir chaque jour,
Et respecter en toi l’ouvrage de l’amour.


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