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1er avril 1786 : retraite des acteurs Préville, Brizard, Madame Préville et Mademoiselle Fannier

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1er avril 1786 : retraite des acteurs
Préville, Brizard, Madame Préville
et Mademoiselle Fannier
Publié / Mis à jour le samedi 30 mars 2013, par LA RÉDACTION
 

Ces quatre sujets étaient chéris du public à des titres différents. Dans Préville on perdait l’acteur le plus parfait qui ait jamais endossé la livrée. Depuis trente-trois ans il remplissait au Théâtre-Français l’emploi des valets, où il surpassa tous ses devanciers, et où il n’a été égalé par aucun de ses successeurs, quoiqu’il se soit trouvé parmi eux plus d’un homme d’un talent remarquable. Une grande intelligence, un sentiment exquis, un goût parfait, et dont le désir de plaire au parterre n’avait pas pu même altérer la pureté, telles sont les qualités qui dominaient en lui. C’était de la vérité qu’il tirait ces effets comiques que les acteurs croient trop souvent obtenir par l’exagération de leur jeu.

Brizard aussi devait au naturel de son jeu les grands effets qu’il produisait surtout dans la tragédie. Doué d’une belle figure, d’une taille avantageuse, pour s’emparer du public, il lui aurait suffi de se montrer. On ne saurait se figurer un plus beau vieillard. Des qu’il avait parlé, ce vieillard devenait le plus énergique, le plus tendre ou le plus terrible des pères, suivant qu’il remplissait les rôles de Mithridate, de Lusignan, du roi Léar, du vieil Horace.

Sans être à la hauteur du talent de son mari, celui de madame Préville n’était pas indigne du nom qu’elle portait. Elle jouait dans la comédie l’emploi des grandes coquettes ; son jeu sage, mais froid, décent, mais apprêté, satisfaisait assez la raison, mais il manquait généralement de ce don qui vaut tous les autres, ou sans lequel les autres ne valent rien, la grâce : on s’en aperçut dès que mademoiselle Contat, en qui elle abondait, s’essaya dans les rôles de madame Préville.

Mademoiselle Fannier, actrice remarquable par sa physionomie piquante, jouait l’emploi des soubrettes ; mais elle affectionnait surtout celles de Marivaux, avec l’esprit duquel son jeu fin et spirituel, mais décent et réservé, avait quelque analogie : elle avait elle-même beaucoup d’esprit, et elle avait inspiré une passion des plus vives à un des hommes les plus spirituels de son temps, à Dorat, qui, dit-on, l’avait épousée.

Ces quatre acteurs jouèrent, dans leur représentation de congé, la Partie de Chasse de Henri IV, où chacun d’eux avait pris un rôle.

 
 
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