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Le grand Colbert, par Thierry Sarmant et Mathieu Stoll

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Patrimoine littéraire
Ouvrages et livres sur l’Histoire et le Patrimoine de France. Pour découvrir les richesses historiques, patrimoniales et touristiques
Le grand Colbert
(par Thierry Sarmant et Mathieu Stoll)
Publié / Mis à jour le jeudi 3 octobre 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
Jean-Baptiste Colbert, qui fut jadis une des figures mythiques du « roman national », est aujourd’hui violemment remis en cause, comme le sont la plupart des « grands hommes » de l’histoire de France. On s’interroge sur les ressorts de son ascension, on s’inquiète de l’origine douteuse de sa fortune, on conteste la pertinence de ses réformes, on souligne son penchant pour l’autopromotion.

Colbert ! Ces deux syllabes sonores retentissent dans la mémoire collective et y appellent de multiples résonances. Qui dit Colbert dit Louis XIV, le maître servi avec dévotion, Mazarin, le premier protecteur et patron, Richelieu, le modèle invoqué, Fouquet, le rival éliminé, Louvois, le rival triomphant, Seignelay, le fils flamboyant... Qui dit Colbert dit « maxime de l’ordre », essor du pouvoir ministériel, réforme des finances, grandes entreprises économiques, création d’une puissance marine, mécénat royal, ascension des familles bourgeoises par le service de l’État. Qui dit Colbert dit enfin « colbertisme », concept aux contours incertains mais à la fortune durable, auberge espagnole où chacun loge ses propres doctrines.

Car à côté du Colbert de l’histoire, il y a un mythe Colbert, qui évolue et prospère depuis plus de trois siècles. Sainte-Beuve constate, à propos de Sully, que « ces grands noms, que vont répétant les échos futurs », ne sont bientôt plus « que des espèces de bouts-rimés que chacun tire à soi, remplit à son gré, et sous lesquels on met un sens, des idées, des intentions, que le plus souvent le personnage n’a jamais eus ». Comme Sully, le Colbert historique a engendré maints Colbert fantasmatiques, « accommodés à la Turgot, à la Necker, à la Bernardin de Saint-Pierre » et à bien d’autres sauces.

Le grand Colbert, par Thierry Sarmant et Mathieu Stoll. Éditions Tallandier
Le grand Colbert, par Thierry Sarmant et Mathieu Stoll. Éditions Tallandier

Le propos de ce livre est de faire mieux le partage entre ces deux figures, celle de Jean-Baptiste Colbert et celle du « grand Colbert ». En s’appuyant sur de nouvelles sources et de nouvelles recherches, il est possible de restituer dans sa densité le Colbert historique, qui jusqu’ici n’a jamais été étudié sous toutes ses facettes. On peut le comprendre, tant son activité a été proprement foisonnante. Notre héros a cumulé un nombre de postes et de responsabilités sans équivalent avant ou après lui : intendant des Finances (1661), ministre d’État (1661), surintendant des Bâtiments du roi (1664), contrôleur général des Finances (1665), grand trésorier des Ordres du roi (1665), secrétaire d’État de la Maison du roi et de la Marine (1669), grand maître et surintendant général des Mines et Minières de France (1670).

Son ministère, un des plus longs de l’histoire de France, a duré de 1661 à 1683, soit vingt-deux années que l’historiographie regarde comme les plus fastes du règne de Louis XIV. Loin de se dérouler suivant un rythme uniforme, il a connu temps forts et temps faibles, ralentissements et accélérations. L’administration de Colbert a aussi été puissamment tributaire du contexte géopolitique : à une époque de succès faciles ou de conflits limités, tels que la guerre de Dévolution (1667-1668), succède une phase plus difficile, placée sous le signe de la guerre de Hollande (1672-1679), où la France finit par affronter une coalition européenne, et enfin, après 1679, une ère de paix armée, durant laquelle se profilent de nouvelles conflagrations. Colbert a dû composer avec les contraintes imposées par ce contexte, et il fut lui-même un acteur de la grande politique internationale, bien qu’il n’ait pu contrôler ni la Guerre ni les Affaires étrangères.

La distance entre la position de départ de Jean-Baptiste, relativement modeste, et l’ampleur des responsabilités qu’il a exercées ne laisse pas de surprendre. Comment situer la fabuleuse destinée de Jean-Baptiste dans le long temps de l’histoire des Colbert ? Quels furent les ressorts de son extraordinaire ascension ? Quel bilan tirer de son action ministérielle ? Dans l’œuvre accomplie, quelle part revient au roi et quelle part au ministre ? Quels sont les succès et quels sont les échecs, dans le court, le moyen et le long termes ? Autant de questions qui divisent les historiens et n’ont jusqu’ici été traitées que partiellement.

Thierry Sarmant, ancien élève de l’école des chartes, archiviste-paléographe, docteur habilité de l’université de Paris I, est conservateur en chef au musée Carnavalet. Mathieu Stoll, ancien élève de l’École nationale des chartes, docteur en histoire, est conservateur en chef au Service interministériel des Archives de France.

INFORMATIONS PRATIQUES :
Le grand Colbert, par Thierry Sarmant et Mathieu Stoll. Éditions Tallandier
512 pages. Format 16,5 x 23 cm. 25,90 euros
ISBN : 979-1-021025806. Paru en octobre 2019

 
 
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