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Graisser la patte à quelqu'un. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions

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Expressions, Proverbes
Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française
Graisser la patte à quelqu’un
Publié / Mis à jour le vendredi 14 août 2015, par LA RÉDACTION
 
 
 
C’est se faire bien voir de quelqu’un et s’assurer ses bons offices, soit en lui faisant un cadeau, soit en lui donnant de l’argent

Le mot patte est employé pour la main de l’homme qui se laisse corrompre par un présent. Exemple : Un plaideur va chez un avocat ; il donne la pièce à un domestique qui lui ouvre la porte, pour s’en bien faire voir. Le mot graisser signifie donc donner de l’argent à quelqu’un pour le mettre dans ses intérêts. Dans la comédie des Plaideurs de Racine on retrouve ce vers qui est bien de circonstance : « On n’entrait pas chez nous sans graisser le marteau. »

Voici quelle serait l’origine de cette locution proverbiale : au VIe siècle le clergé reçut le droit de toucher la dîme sur le produit de la vente des chairs de porcs (de carnibus porcinis). C’était même, si l’on s’en rapporte à la chronique, pour percevoir plus facilement cette redevance que, par la suite, la foire aux jambons se tint sur le parvis Notre-Dame. Afin de rendre les commissaires moins rigides, les vendeurs leur mettaient dans la main un morceau de lard qui, naturellement, la leur graissait (cette viande était déjà fort estimée au Moyen Age). »

Foire aux Jambons à la fin du XIXe siècle
Foire aux Jambons à la fin du XIXe siècle

On raconte, à ce propos, une anecdote qui se trouve dans un fabliau du XIIIe siècle ; en voici un extrait : « Une vieille femme avait deux vaches qui la faisaient subsister. Celles-ci entrèrent un jour sur les pâturages du seigneur et y furent saisies par son prévôt. La bonne femme courut au château supplier cet officier de les lui rendre. Cet homme fit entendre qu’il fallait de l’argent et, elle, qui n’avait rien à donner s’en retournait bien désolée. En chemin, elle rencontra une de ses voisines à laquelle elle demanda conseil à propos de son malheur. – Il faut en passer par ce qu’il demande, lui dit l’autre, et vous résoudre à lui graisser la patte.

« La vieille femme, qui était fort simple, n’y entendit pas malice ; prenant le conseil à la lettre, elle mit dans sa poche un vieux morceau de lard et reprit le chemin du château. Le seigneur se promenait devant sa porte, les mains derrière le dos. Elle s’avance doucement, sur la pointe des pieds et lui frotte les mains avec son lard. Celui-ci, étonné, se retourne vivement alors pour lui demander ce qu’elle fait. – Ah ! Monseigneur, s’écrie-t-elle, en se jetant à ses genoux, votre prévôt a saisi mes deux vaches dans votre pré et l’on m’a dit que si je voulais les ravoir, il fallait lui graisser la patte. Je venais pour cela, mais comme je vous ai vu à la porte et que vous êtes son maître, j’ai pensé que vous méritiez bien mieux qu’on vous graissât la vôtre. »

Cette expression de graisser la patte a donc le même sens que celle de graisser le marteau, prise dans la comédie des Plaideurs de Racine et dont il a été fait plus haut une citation.

 
 
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