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25 janvier 1813 : concordat de Fontainebleau

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25 janvier 1813 : concordat de Fontainebleau
Publié / Mis à jour le lundi 23 novembre 2009, par LA RÉDACTION
 

Le concordat de Fontainebleau ne fut que l’avorton d’une pensée immense. Laissons Napoléon développer lui-même, sur le rocher où le jetèrent ses défaites, la gigantesque conception que lui avaient inspirée ses victoires.

« J’allais relever le pape outre mesure, disait le captif de Sainte-Hélène, l’entourer de pompe et d’honneurs ; je l’eusse amené à ne plus regretter son temporel, j’en aurais fait une idole : il fût demeure près de moi, Paris fût devenue la capitale du monde chrétien, et j’aurais dirigé le monde religieux ainsi que le monde politique. C’était un moyen de plus de resserrer toutes les parties » fédératives de l’empire, et de contenir en paix tout ce qui demeurait au dehors. J’aurais eu mes sessions religieuses comme mes sessions législatives. Mes conciles eussent été la représentation de la chrétienté ; les papes n’en eussent été que les présidons ; j’eusse ouvert et clos les assemblées, approuvé et publié leurs décisions, comme l’avaient fait Constantin et Cliarlemagne : et si cette suprématie avait échappé aux empereurs, c’est qu’ils avaient fait la faute de laisser résider loin d’eux les chefs spirituels, qui ont profité de la faiblesse de ces princes ou de la crise des événements pour s’en affranchir et les soumettre à leur tour. »

Ainsi, comme l’observe M. de Norvins, Napoléon avait voulu être à la fois César, Constantin et Charlemagne, et fondre dans son histoire les trois plus grandes époques de celle du monde. « Quel refuge reste-t-il à la pensée, ajoute l’historie, en songeant que trente jours de moins passés à Moscou ne retardaient peut-être que d’une campagne l’accomplissement de la transmutation politique et religieuse de l’Europe, et la loi de la paix imposée à l’Angleterre ? Une simple erreur de l’esprit, une espérance trompée ont dérobé ce grand spectacle à l’univers.

La marche de Napoléon pour atteindre ce but prodigieux de ses travaux était silencieuse et puissante comme celle du temps. Il attendait le moment favorable pour accomplir cette révoluion des cultes et des empires, et il était loin de chercher à anticiper sa maturité par des actes émanés de sa puissance. Cette considération disculpe Napoléon de l’enlèvement du saint pontife, exécuté à Rome par les ordres de Murât (voy. 6 Juillet 1810) ; mais une fois l’attentat commis, il résolut d’en profiter. Pie VII, dans sa retraite de Savone, eut le temps de se convaincre qu’une excommunication lancée contre un empereur du XIXe siècle était un véritable anachronisme, (voy. 10 Juin 1810.) L’année suivante un concile s’assembla en France voy. 9 Juin et 5 Aout 1811) ; au bout de quelques mois, mécontent du silence que le pape avait gardé relativement à ce concile, en approuvant toutefois une de ses décisions, craignant d’ailleurs un projet d’enlèvement, que semblait indiquer la présence d’une frégate anglaise dans le port de Savone, Napoléon invita le pontife à se rendre au palais de Fontainebleau.

Ce fut là qu’après la campagne de Russie les négociations reprirent leur cours entre le souverain spirituel captif et le souverain temporel fugitif, dont la dernière entrevue datait de l’époque. du sacre. « Les temps étaient bien changés ! Napoléo jugea profondément et habilement sa position. L’hôte, le captif de Fontainebleau lui parut un protecteur que la Providence lui avait ménagé auprès de l’Europe catholique, sur laquelle sa juste défiance portait déjà d’inquiets regards. Aussi, dès son retour de Moscou, il s’était empressé d’écrire au saint Père, et d’après la réponse pleine de bénignité qu’il en avait reçue, il jugea favorable, pour conclure un dernier concordat, cet intervalle que la fortune lui accordait entre deux tempêtes.

Dans cette affaire il semble ne prendre conseil que de lui seul, et vouloir s’en réserver aussi toute l’exécution ; c’est d’une partie de chasse à Grosbois que, le 19 janvier, il part tout-à-coup pour Fontainebleau, où l’on croit qu’il n’est pas attendu par le souverain pontife. Son arrivée émut le pape, et sa conversation le séduisit. Napoléon était doué d’une coquetterie d’esprit et de manières très recherchées quand il voulait persuader ceux qu’il ne pouvait craindre ; car, à ceux dont il avait raison de redouter la puissance, il n’opposait que sa volonté. A peine ces deux souverains ont-ils commencé leur entretien qu’il n’existe plus entre eux aucune forme, aucune trace de la moindre inimitié. ils se sont dit tout à cette première entrevue, qui ouvre et fixe la négociation. Il est vrai que Moscou empêche Napoléon de proposer au pape la résidence de Paris, et de lui faire signer la cession des états romains ; mais l’ancienne résidence pontificale d’Avignon est acceptée, et les bulles seront données aux nouveaux évêques par le pape, ou à son défaut par le métropolitain, six mois après la notification de leur nomination au saint Siège. C’est Napoléon lui-même qui dicte le concordat en présence du saint Père. Ce traité, improvisé dans leur premier entretien, en est la conversation écrite.

Revenu de Moscou à Paris le 19 décembre, le 19 janvier Napoléon, en moins de deux heures, a terminé la guerre pontificale. Ce fut une des plus belles victoires qu’il eût gagnées en personne. »

Quatre jours de conférence entre les conseils du pape et ceux de l’empereur donnèrent au traité le caractère de maturité qui devait te rendre respectable. Enfin, le i5 janvier, le pape vint lui-même, en présence de toute la cour impériale et suivi de la sienne, apporter le concordat à l’empereur. Cet acte fut signé par les deux souverains avec la plus grande solennité, sans insultes, sans outrages d’une part, sans contrainte, au moins physique, de l’autre. Il y eut à ce sujet échange de félicitations, de jubilations, de grâces, de reliques saintes, de chapelets bénits, de croix, de décorations, de tabatières enrichies de brillants, etc., et d’autres faveurs encore plus précieuses.

Le 13 février, le concordat fut publié comme loi de l’État. Le 24 mars suivant le saint Père écrivit à Napoléon une longue lettre, clans laquelle il lui déclarait ne pouvoir tenir le pacte auquel il s’était soumis. Voici en quels termes l’empereur parlait du désaveu pontifical, le 22 avril 18i3, en dînant à Mayence avec le maréchal de Kellermaun : « Croiriez-vous que le pape, après avoir signé librement et de son plein gré ce concordat, m’écrivit quelques jours après qu’il était bien fâché de l’avoir signé, que sa conscience lui en faisait un reproche, et qu’il me priait avec instance de le regarder comme non avenu. Je lui répondis que ce qu’il me demandait était contraire aux intérêts de la France ; qu’étant d’ailleurs infaillible, il n’avait pu se tromper, que sa conscience était trop prompte à s’alarmer, etc... Le maréchal rit beaucoup. »

En effet, il y avait de quoi, et il en était temps encore, mais il fallait se hâter : les événements de 1814 vinrent au secours de la conscience du pape, et le relevèrent des promesses dont cette voir intérieure lui reprochait l’imprudence.

 
 
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