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Blaise Pascal : premiers pas d'un génie - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Blaise Pascal :
premiers pas d’un génie
(D’après « Enfances célèbres » (par Louise Colet) édition de 1862
et « Album d’éducation sociale » paru en 1838)
Publié / Mis à jour le mercredi 23 octobre 2019, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le jeune Blaise reçut en partage de la nature tous les dons de l’esprit : celui qui à 12 ans déjà, seul, un crayon à la main, s’appliquait à tracer des figures géométriques, établissait des principes, en tirait des conséquences, trouvait des démonstrations et faisait d’immenses progrès sans le secours d’aucun des ouvrages traitant de l’algèbre, deviendra un mathématicien de premier ordre, un dialecticien profond, un éloquent et sublime écrivain

Blaise Pascal naquit à Clairmont en Auvergne — aujourd’hui Clermont-Ferrand —, le 19 juin 1623, d’Étienne Pascal, président à la cour des aides de cette ville et d’Antoinette Begon. Anoblie par Louis XI, vers l’année 1478, la famille de Pascal possédait, depuis cette époque, dans l’Auvergne des places distinguées, qu’elle honorait par ses vertus et par ses talents. À ces qualités héréditaires, Étienne Pascal joignait la science des lois et une grande étendue de connaissances dans la littérature.

Le petit Blaise était venu au monde faible et chétif ; il avait à peine un an lorsqu’il resta comme inanimé dans les bras de sa mère ; on crut qu’il était mort. Mais les larmes et les prières maternelles semblèrent opérer un miracle. L’enfant sourit tout à coup, la santé lui revint et il se développa intelligent et beau. Sa sœur Jacqueline, de deux ans sa cadette, fut douée comme lui d’un esprit merveilleusement précoce ; leurs visages se ressemblaient ; elle avait de son frère le front élevé, l’œil éclatant, le nez arqué, la mine fière.

Blaise Pascal étudiant la géométrie
Blaise Pascal étudiant la géométrie. Gravure extraite
d’Enfances célèbres par Louise Colet, édition de 1862

La simplicité des mœurs antiques et les plaisirs attachés aux plus doux sentiments de la nature faisaient de la maison des Pascal l’asile de la paix et du bonheur. Tous les jours, après avoir rempli ses fonctions d’homme public à la cour des aides, Étienne Pascal rentrait dans le sein de sa famille, et, pour délassement, venait partager les soins domestiques avec une femme aimable et vertueuse. Il eut le malheur de perdre cette épouse chérie en 1626.

Dès ce moment, son âme, profondément affligée, se ferma à toute autre ambition qu’a celle de donner une excellente éducation aux trois enfants qu’elle lui avait laissés. Il vendit sa charge et vint demeurer à Paris, afin de pouvoir remplir librement envers eux des devoirs plus sacrés que ceux des relations sociales dans une place de médiocre importance. Sa principale attention se porta sur son fils unique, Blaise Pascal, qui avait annoncé, presque dès le berceau, ce qu’il devait être un jour. Les langues et les premiers éléments des sciences furent les objets présentés d’abord à l’avidité que cet enfant montrait de s’instruire.

L’éloquence et la poésie commençaient alors à jeter de l’éclat en France. Les mathématiques et la physique sortaient des ténèbres. Entraîné par ce mouvement universel, le père de Pascal devint bientôt géomètre et physicien ; il se lia par conformité de goût et d’occupations avec les savants de cette époque qui s’assemblaient de temps en temps les uns chez les autres pour raisonner sur les objets de leurs travaux ou sur les différentes questions que le hasard et la chaleur pouvaient faire naître, formant ainsi une espèce d’académie, dont l’amitié et la confiance étaient l’âme.

Quand Jacqueline eut huit ans et que Blaise en eut dix, c’étaient deux enfants dont la beauté captivait et dont l’esprit inattendu et original était un sujet d’étonnement pour tout le monde. Entraîné vers les sciences, Blaise suppliait son père de l’initier à ces merveilleux mystères qu’il rêvait. Le jeune Pascal avait en effet souvent témoigné le vif désir d’assister aux conférences qui se tenaient chez son père. On lui avait accordé cette faveur ; avec quelle attention il écoutait toutes les discussions de ces savants ! Il suivait tous leurs raisonnements et très fréquemment interrogeait son père sur les causes de tous les effets. À cette attention soutenue ne se bornait pas son avidité pour les sciences ; rentré dans sa chambre, il analysait lui-même toutes ces discussions dont son esprit était encore rempli et que lui reproduisait sa mémoire fidèle.

Blaise Pascal enfant découvre seul les premières notions de géométrie
Blaise Pascal enfant découvre seul les premières notions de géométrie

Bientôt, il avait alors onze ans, il composa seul un petit traité sur les sons, dans lequel il cherchait à expliquer pourquoi une assiette, frappée avec un couteau, rend un son qui cesse tout à coup lorsqu’on y applique la main. Son père, craignant que ce goût trop vif pour les sciences exactes ne nuisît à l’étude des langues, qu’on regardait alors comme la partie la plus essentielle de l’éducation, décida, de concert avec la petite académie, que désormais on s’abstiendrait de parler de mathématiques et de physique en présence du jeune homme, et l’empêcha même d’avoir aucun livre qui pût lui servir de guide.

Cet arrêt fut pour le jeune étudiant le sujet d’une grande désolation ; mais on lui promit, pour l’apaiser, de lui apprendre la géométrie quand il connaîtrait le latin et le grec. En attendant, on se contenta de lui dire qu’elle considère l’étendue des corps, c’est-à-dire, leurs trois dimensions, longueur, largeur et épaisseur.

Cette indication vague et générale, accordée à la curiosité importune d’un enfant, fut un trait de lumière qui développa de germe de son talent pour la géométrie. Dès ce moment, il n’est plus de repos pour l’ardent Blaise : il veut à toute force pénétrer dans cette science qu’on lui cache avec tant de mystère et qu’on croit au-dessus de son intelligence, par mépris pour son âge.

Pendant ses heures de récréation, le soir, la nuit, il s’enferme seul dans une chambre isolée : là, avec du charbon, il trace sur le carreau des triangles, des parallélogrammes, des cercles, signes géométriques dont il ne connaît pas même le nom ; ensuite il examine les situations que les lignes ont à l’égard les unes des autres en se rencontrant ; il compare les étendues des figures et sur ces figures établit des raisonnements qu’il fonde sur des définitions et des axiomes que lui-même a créés.

De proche en proche, il parvient à reconnaître que la somme des trois angles de tout triangle doit être mesurée par une demi-circonférence, c’est-à-dire, doit égaler la somme de deux angles droits. Ses études secrètes et courageuses l’avaient conduit jusqu’à ce problème (32e proposition du livre d’Euclide), lorsqu’il fut surpris par son père, qui, ayant su l’objet, le progrès et le résultat de ses recherches demeura quelque temps muet, immobile, confondu d’admiration et d’attendrissement ; puis, ému au larmes, il courut tout hors de lui-même raconter ce qu’il venait de voir aux membres dont se composait son académie naissante.

Blaise Pascal jeune. Miniature de Paul Prieur publiée dans Gestalten der Weltgeschichte (1933)
Blaise Pascal jeune. Miniature de Paul Prieur publiée dans Gestalten der Weltgeschichte (1933)

Dès ce moment on ne contraignit plus le goût ni n’enchaîna plus l’essor du génie du jeune Pascal qui n’était encore que dans sa douzième année. On le laissa suivre l’impulsion de son esprit en lui donnant toute liberté d’étudier la géométrie, et lui permit d’assister aux conférences hebdomadaires des savants s’assemblant chez sono père. On lui fournit même les ouvrages des meilleurs géomètres et entre autres, les éléments d’Euclide qu’il entendit tout seul et sans que son intelligence fût jamais dans la nécessité de recourir à la plus légère explication.

Sa sœur Jacqueline méditait également à l’écart et, comme son frère, était tourmentée par l’obsessions d’un génie naissant. Mais ce n’était point la science qui la sollicitait. Dès l’âge de sept ans, elle pensait en vers : la poésie chantait à son oreille. Quand sa sœur Gilberte, l’aînée des trois enfants Pascal, voulut lui apprendre à lire, Jacqueline résista ; à l’heure de la leçon, elle se cachait pour y échapper. Mais un jour, ayant entendu sa sœur lire des vers tout haut, captivée par cette cadence qui déjà vibrait dans son cœur, elle lui dit : « Quand vous voudrez me faire lire, faites-moi lire des vers, et je lira ma leçon tant que vous voudrez. » Elle n’avait pas dix ans lorsqu’elle devint un enfant célèbre en poésie comme l’était déjà en sciences son jeune frère Blaise.

Malgré le succès de Jacqueline à la cour, malgré le génie naissant de Blaise, qui déjà excitait la curiosité des princes et des grands, leur père faillit être enfermé à la Bastille par le cardinal de Richelieu. Dans une réunion nombreuse où se trouvaient d’autres personnages, Étienne Pascal et quelques-uns de ses amis exprimèrent à propos des rentes de l’hôtel de ville une opinion assez vive contre le cardinal ; traités de séditieux, tous ceux qui avaient parlé de la sorte furent envoyés à la Bastille. L’ordre d’arrêter Pascal fut donné ; il se sauva et parvint à se dérober aux poursuites qui le menaçaient.

Quelque temps plus tard, Jacqueline et Blaise furent pressentis par la duchesse d’Aiguillon, nièce de ce redoutable ministre, pour jouer devant lui L’Amour tyrannique, tragi-comédie de Scudéry ; mais Gilberte, la sœur aînée, qui veillait sur les enfants dont le père était proscrit, répondit fièrement au gentilhomme qui lui fut envoyé à cette occasion par la duchesse d’Aiguillon : « Monsieur le cardinal ne nous donne pas assez de plaisir pour que nous pensions à lui en faire. » Mais la duchesse insistant et faisant entendre que le rappel de leur père en dépendait, les amis de la famille décidèrent alors que Jacqueline accepterait le rôle qu’on lui proposait.

Machine arithmétique de Blaise Pascal
Machine arithmétique de Blaise Pascal

Elle avait treize ans et, le jour de la représentation, mit dans son jeu une gentillesse qui charma tous les spectateurs, et surtout Richelieu. Elle profita de son succès pour obtenir la grâce de son père. Dans une lettre à lui adressée le lendemain — datée du 4 avril 1639 — elle confie s’être entretenue avec le cardinal à l’issue de la représentation, et lui avoir récité les vers suivants :

Ne vous étonnez pas, incomparable Armand,
Si j’ai mal contenté vos yeux et vos oreilles :
Mon esprit, agité de frayeurs sans pareilles,
Interdit à mon corps et vois et mouvement.
Mais pour me rendre ici capable de vous plaire,
Rappelez de l’exil mon misérable père :
C’est le bien que j’attends d’une insigne bonté ;
Sauvez un innocent d’un péril manifeste :
Ainsi vous me rendrez l’entière liberté
De l’esprit et du corps, de la voix et du geste.

Ces vers comblèrent tant Richelieu qu’il lui dit : « Allez, je vous accorde tout ce que vous me demandez ; écrivez à votre père qu’il revienne en toute sûreté. » Là-dessus, la duchesse d’Aiguillon s’approcha, qui dit au cardinal : « Vraiment, monsieur, il faut que vous fassiez quelque chose pour cet homme-là ; j’en ai ouï parler, c’est un fort honnête homme et fort savant ; c’est dommage qu’il demeure inutile. Il a un fils qui est fort savant en mathématiques, qui n’a pourtant que quinze ans. »

En recevant ces heureuses nouvelles, Étienne Pascal se hâta de revenir à Paris et se présenta, avec ses trois enfants, chez le cardinal, qui lui fit l’accueil le plus flatteur. « Je connais tout votre mérite, lui dit Richelieu ; je vous rends à vos enfants et je vous les recommande ; j’en veux faire quelque chose de grand. »

Bientôt, Blaise fut en état de tenir un rang distingué dans les assemblées des savants, d’y apporter même des ouvrages de sa composition. Il n’avait pas encore seize ans qu’il rédigea, sur les sections coniques, un traité qui fut alors regardé comme un prodige de sagacité. Il avait dix-sept ans lorsque son père fut nommé à l’intendance de Rouen et alla s’y établir avec sa famille. À l’âge de dix-neuf ans enfin, Blaise Pascal inventa une machine arithmétique au moyen de laquelle on opère toutes sortes de supputations, non seulement sans plumes et sans jetons, mais sans savoir l’arithmétique et sans autre secours que celui des yeux et de la main.

 
 

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