Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
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CHARLES IX
(né le 27 juin 1550, mort le 31 mai 1574)
Roi de France : règne 1560-1574
Partie 1/2

Fils de Henri II et de Catherine de Médicis, il naquit à Saint-Germain-en-Laye le 27 juin 1550, monta sur le trône le 15 décembre 1560, après la mort de François II, son frère, et fut sacré à Reims le 15 mars 1561, n'ayant pas encore onze ans accomplis.

Les factions avaient tellement affaibli l'ordre politique du royaume, que la régence ne fut donnée à personne, quoique le jeune roi n'eût pas atteint l'âge fixé par les lois pour gouverner en son nom. On se contenta de faire écrire au parlement, par ce jeune prince, qu'il avait prié sa mère de prendre l'administration des affaires de l'État ; et, comme on n'ignorait pas que Catherine de Médicis avait pris toutes ses mesures pour que l'autorité ne lui fût pas disputée, le parlement répondit qui il remerciait Dieu de la sage résolution inspirée au roi.

On ne peut qu'approuver la prudence des magistrats, qui aimèrent mieux ne pas réclamer les lois constitutives du royaume, que de réveiller entre les Guise et les princes du sang, entre les catholiques et les calvinistes, des
Roi Charles IX
Charles IX (1560-1574)
rivalités qui auraient fait éclater la guerre civile ; mais que pouvait-on attendre d'une reine qui se croyait capable de rétablir le pouvoir royal, et n'osait pas demander la régence ?

Elle permit que le roi de Navarre fût nommé lieutenant général du royaume, parce qu'elle connaissait assez la faiblesse de son caractère pour ne pas le redouter ; et, sans réfléchir qu'entre les partis qui divisaient la France, il en était un auquel il fallait invariablement s'attacher, parce qu'il tenait aux lois fondamentales de la monarchie, elle se promit de tout brouiller pour tout écraser, et ne parvint qu'à mettre !es catholiques dans la nécessité d'attendre leur salut d'un autre que du roi.

En effet, les Guise ne se déconcertèrent pas en voyant leur crédit diminuer par la mort de François II ; ils sentirent que leur véritable force était indépendante de la cour, et que, du moment où l'autorité souffrait que les calvinistes formassent des associations politiques, la puissance réelle serait à ceux qui sauraient former une ligue catholique. Dans l'assemblée des états généraux tenue à Orléans, les partis essayèrent leurs forces, et les propositions, sous l'apparence du bien de l'Etat, n'annonçaient que l'intention de perdre ceux que l'on redoutait ; mais les attaques dirigées contre les Guise, loin de les abattre, rapprochèrent d'eux le connétable de Montmorency, qui, par son grand âge et son sincère attachement à ses rois, jouissait de la plus haute considération. L'union qu'il forma avec le duc de Guise et le maréchal de Saint-André fut appelée par les huguenots le triumvirat.

Chaque proposition faite aux états généraux n'ayant d'autre résultat que d'augmenter les animosités, Catherine de Médicis crut devoir ajourner l'assemblée au mois de mai ; et lorsque cette époque fut arrivée, elle recula devant le danger de mettre de nouveau les partis en présence ; mais comme les calvinistes, fiers de la protection secrète qu'ils trouvaient à la cour, en profitaient pour attaquer les prêtres, qu'on n'entendait parler de tous côtés que de tumultes et de massacres, on crut devoir assembler le parlement, où se rendirent le roi, la reine mère, les princes du sang et les pairs.

La grande difficulté consistait à faire cesser les querelles de religion, sans parler de religion ; car on convenait que tout ce qui tient au dogme ne pouvait être décidé que par un concile. Cette difficulté était insurmontable ; on l'éluda en défendant les assemblées séditieuses, et en suspendant l'exécution des mesures précédemment ordonnées contre les calvinistes ; c'est sur cette base que fut dressé quelques jours après, à Saint-Germain, le fameux édit de juillet, édit qui mécontenta les catholiques, parce qu'il ne les vengeait pas, et qui rendit les calvinistes furieux, parce qu'ils n'en étaient plus à vouloir se contenter d'une simple tolérance.

La reine mère, sans consulter le pape, avait autorisé une conférence entre les docteurs des deux religions : c'est ce qu'on nomme le colloque de Poissy, tenu au mois d'août 1561. Chaque orateur s'y attribua la victoire, comme il arrive toujours dans les discussions de ce genre ; cependant les propositions des calvinistes révoltèrent le roi de Navarre, qui, dès ce moment, se réunit au connétable, au duc de Guise et au maréchal de Saint-André.

La reine, effrayée de se voir abandonnée par le premier prince du sang, se jeta dans les bras du prince de Condé et de l'amiral Coligny, chefs déclarés des huguenots, et c'est alors qu'elle accorda l'édit de janvier 1562, édit si favorable aux religionnaires qu'ils crurent n'avoir plus rien à ménager : aussi se portèrent-ils dans Paris même à des violences qui annonçaient la ruine de la religion de l'Etat. Catherine de Médicis était d'autant plus embarrassée, que les Guise s'étant éloignés de la cour, le prince de Condé et l'amiral Coligny ne se donnaient plus la peine de cacher le mépris qu'ils avaient pour sa personne ; elle sentait trop tard qu'en flattant tour à tour les factions, elle avait perdu toute autorité, et que la guerre civile devenait inévitable.

Le duc de Guise se vit recherché à la fois par la cour qui le redoutait, et par les Parisiens qui avaient besoin d'un défenseur ; il se dirigea sur Paris. En passant près de Vassy en Champagne, ses gens se prirent de dispute avec des calvinistes qui chantaient des psaumes dans une grange ; il se présenta pour apaiser le tumulte, et fut frappé d'une pierre qui lui mit le visage en sang : aussitôt ceux qui l'accompagnaient tombèrent sur les huguenots, et en passèrent une soixantaine au fil de l'épée.

Cette action fit grand bruit parmi les réformés, qui la commentèrent, et la présentèrent dans tous leurs temples comme le signal de la guerre. Le duc de Cuise fut reçu dans la capitale avec des transports de joie qu'il serait impossible de décrire : ce n'était plus simplement un héros, c'était l'appui des fidèles, le protecteur de l'Eglise.

Selon l'esprit de la monarchie, les deux factions voulaient avoir le roi en leur puissance, afin de ne pas paraître rebelles ; le duc de Guise l'emporta et le monarque vint de Fontainebleau à Paris, où la reine mère l'accompagna, quoiqu'elle fît dans le même temps des démarches pour se rapprocher du prince de Condé ; ce qui ne servit qu'à prouver sa faiblesse et à la rendre suspecte aux deux partis.

Le prince de Condé, ayant manqué l'occasion de se saisir du roi, ne pouvait plus prendre les armes sans être accusé de rébellion. Il frémit des malheurs auxquels il allait exposer sa patrie ; mais un chef de faction, quelle que soit la violence de son caractère, s'aperçoit bientôt que ceux qui le secondent sont encore plus violents que lui. Tandis qu'il délibérait, les calvinistes se soulevaient de tous côtés ; il n'était plus temps d'hésiter ; il se jeta dans Orléans, dont il fit la place d'armes de son parti. Au même instant, les siens se saisissaient d'un grand nombre de villes ; partout où ils étaient les plus forts, ils dépouillaient les églises, massacraient les prêtres et toutes les personnes vouées à la religion, et leurs chefs n'avaient point honte de livrer le Havre aux Anglais, pour gage du traité qu'ils faisaient avec eux.

On peut juger combien cette action fut odieuse aux bons Français, et combien elle rehaussait la gloire du duc de Guise, qui, sous le règne de Henri II, avait eu l'honneur d'enlever à l'Angleterre Calais qu'elle possédait depuis deux siècles. Les huguenots avaient pris trop de villes pour pouvoir les défendre : ils en perdirent la plus grande partie en peu de jours. Le roi de Navarre fut blessé à mort en faisant le siège de Rouen, qui revint également au parti catholique.

Le duc de Cuise prouvait aux rebelles qu'il n'avait rien perdu de cette activité qui le distinguait entre mes guerriers de son siècle. Il les battit à Dreux, le 15 décembre 1562. Dans cette bataille, le connétable de Montmorency fut fait prisonnier par les huguenots et le prince de Condé par les catholiques ; le maréchal de Saint-André y perdit la vie. Le duc de Guise mit aussitôt le siège devant Orléans ; la prise de cette ville devait ruiner le parti calviniste.

Le duc était à la veille de s'en rendre maître, lorsqu'il fut assassiné, le 15 février 1563, par Poltrot, jeune gentilhomme du parti calviniste, qui lui tira un coup de pistolet. La blessure ne paraissait pas mortelle. Mais les balles étaient empoisonnées, et le duc mourut le 24 du même mois, à l'âge de 44 ans, plus grand encore à ses derniers moments qu'il ne l'avait été à la tête des armées. « Si votre religion vous apprend à tuer celui qui ne vous a jamais offensé, dit-il à son assassin, la mienne m'ordonne de vous pardonner ; allez, je vous renvoie en liberté. » Il conseilla au roi et à la reine mère de transiger avec les partis, afin de chasser les étrangers du royaume.

:: Biographie de Charles IX - Partie 2/2


 

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