Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 24 mai DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Histoire des Français. Siège de Paris par les Normands (885-886). Héros Eudes, comte de Paris - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Histoire des Français > Siège de Paris par les Normands (...)

Histoire des Français

L’Histoire des Français : systèmes politiques, contexte social, population, économie, gouvernements à travers les âges, évolution des institutions.


Siège de Paris par les Normands
(885-886)
(D’après « Faits mémorables de l’Histoire de France », paru en 1844)
Publié / Mis à jour le dimanche 16 juin 2013, par LA RÉDACTION

 
 
 
Ce n’est pas sans raison que Charlemagne, à la vue des barques normandes qui venaient sous ses yeux tenter quelque pillage, s’alarmait sur le sort de l’empire. Aussitôt qu’il n’est plus, en effet, les pirates renouvellent sans relâche leurs excursions ; vainement les faibles successeurs du grand empereur achètent-ils la paix, les hommes du Nord, encouragés par les riches rançons qu’ils obtiennent, souvent sans combattre, reviennent jusqu’à ce qu’ils aient enfin reçu pour établissement la province à laquelle depuis ils ont laissé leur nom...

Après avoir pillé Rouen, Nantes, Bordeaux, ils s’aventurèrent dans leurs frêles embarcations vers Paris, Orléans et Toulouse en suivant dans l’intérieur du pays le cours des fleuves. Sur leur passage tout éprouvait la férocité de ces barbares ; les riches abbayes, les hameaux étaient incendiés, les habitants emmenés captifs ou tués impitoyablement, et malgré tant d’excès personne n’osait leur résister : « Nul roi. nul chef, nul défenseur ne se levait pour les combattre. »

Siège de Paris par les Normands
Siège de Paris par les Normands

La plus célèbre de leurs nombreuses expéditions contre Paris fut celle qui les amena en 885 sur les rives de la Seine. Paris, épuisé par trois invasions successives des Normands, n’occupait plus qu’une île jetée au milieu de la Seine comme un vaisseau échoue au lit du fleuve ; au nord et au midi la cité avait jeté, sur les rivages où s’était autrefois étendue dans toute sa splendeur romaine la Lutèce de Julien, deux ponts, chacun défendu à son entrée par une tour.

Les Normands se présentèrent à la fin du mois de novembre 885 au nombre de quarante mille hommes environ, montant sept cents grandes barques et un nombre si considérable de petites, dit Abbon, qui a raconté le siège de Paris dans un long poème, que la rivière en était couverte dans un espace de deux lieues au-dessous de la ville. Cette armée, conduite par quatre chefs, était commandée par l’un d’eux nommé Sigefroy : d’abord il s’adressa à Gozlin, évêque de Paris, et lui demanda le passage pour lui et ses troupes ; l’évêèque et le comte de Paris, Eudes, refusent, et le chef normand se retire en proférant d’horribles menaces.

Le lendemain, 27 novembre 885, le siège de Paris commença ; les Normands, campés sur la rive du nord, au bas des hauteurs de Montmartre, dirigèrent leurs attaques contre la tour qui de ce côté protégeait l’entrée du pont. Gozlin, l’abbé Ebbles son neveu, le comte Eudes, ces vaillants chefs qui devaient durant treize mois résister aux efforts des Normands, s’y renfermèrent avec les meilleures troupes, les combattants les plus courageux. Un premier assaut fut donné dans lequel les Normands furent repoussés, non pas sans avoir battu à coups de pierres et de flèches l’édifice dont ils voulaient s’emparer.

Le lendemain ils reviennent avec plus d’ardeur encore dès le lever du soleil, et ils trouvent la tour plus forte et plus haute que la veille. Pendant la nuit les assiégés, sans prendre de repos, avaient réparé le dommage causé par les Normands et ajouté de nouvelles constructions. Le succès de cette seconde journée fut vivement disputé ; les assaillants lançaient aux Parisiens des flèches, des pierres, et cherchaient à saper la tour du haut de laquelle les assiégés répandaient de la poix, de la cire fondue, de l’huile bouillante et précipitaient les assiégeants dans le fleuve en s’écriant : « Allez rafraîchir vos brûlures dans la Seine, ses eaux répareront votre chevelure et la rendront plus lisse. »

Vers la fin de la journée, comme les Normands étaient parvenus à ouvrir une brèche, Eudes et Ebbles font une sortie, en tuent trois cents , et rentrent après les avoir encore obligés de reculer. Les Normands, découragés par ces deux tentatives infructueuses, préparèrent des moyens puissants avant d’essayer un troisième assaut. Pendant deux mois ils suspendirent leurs attaques contre Paris ; mais ils mirent à feu et à sang la rive droite de la Seine, profanant les lieux saints, ruinant les principaux édifices, pillant et tuant partout sans miséricorde.

Le 28 janvier 886 ils s’avancèrent vers la tour dont ils voulaient s’emparer, traînant une immense machine en bois montée sur seize roues et portant à chaque étage un bélier manœuvré par soixante hommes ; ils achevaient le dernier étage sous les yeux mêmes des assiégés, quand une pierre lancée par une baliste frappe les deux inventeurs de cette machine et la rend inutile.

Toutefois, sans perdre courage et durant trois jours, ils reviennent à l’assaut ; ils enveloppent la tour de la ville de trois côtés, essaient de rompre le pont par lequel elle communique avec Paris, et avancent sous les murs en lançant des pierres, des flèches, des balles de plomb qui tombent jusque dans la ville. La grandeur du péril appelle tous les citoyens au combat, les cloches sonnent, les trompettes retentissent ; de toutes parts on invoque le nom de saint Germain, le patron de la cité, et on se rend vers le côté que menacent les ennemis.

Eudes, le vaillant comte de Paris, Robert, son frère, donnent à leurs soldats l’exemple du courage ; les assiégeants, animés par l’opiniâtre résistance qu’on leur oppose, égorgent les prisonniers qu’ils ont faits et jettent leurs cadavres dans les fossés, afin de les combler. « A cette vue le saint prélat (Gozlin), rapporte Abbon, ne peut retenir ses larmes ; il invoque à haute voix la mère du Dieu sauveur : à l’instant un trait volant du haut de la tour apporte à un ennemi le sort que lui souhaitait Gozlin. »

Les Normands essayèrent encore d’incendier le pont et la tour : ils remplirent plusieurs barques de bois, de feuillage, de paille, et, y mettant le feu, ils les abandonnèrent au courant du fleuve, mais elles vinrent se heurter contre les piles en maçonnerie du pont sans l’endommager. « Aussitôt le peuple de Dieu, continue le poète historien du siège de Paris, descend auprès de ces feux ennemis, les plonge dans les eaux, s’empare des barques en vainqueur, et trouve sa joie dans ce qui tout à l’heure faisait sa douleur et ses larmes. »

Cependant les Normands commençaient à douter du succès, ils s’étaient retirés dans leur camp, laissant sur place en face de Paris deux béliers, quand la rupture du pont méridional de la ville, renversé par un débordement subit, sépara de la cité la tour de défense, où douze guerriers se trouvaient alors renfermés. Aussitôt les Normands traversent la Seine, se répandent sur la rive du midi, et attaquent avec énergie la tour à laquelle on ne pouvait plus porter aucun secours.

Abandonnés de leurs concitoyens, en face de ces bandes de barbares qui se renouvellent incessamment pour l’assaut, les douze guerriers ne perdent pas courage et ils résistent avec une admirable fermeté : « Les citoyens voudraient en vain courir à la tour, dit Abbon, ils voudraient porter le secours de leurs armes à ces défenseurs qui, haletants, au nombre de douze, combattent vaillamment sans avoir craint jamais les formidables épées des Normands. Il est difficile, ajoute-t-il, de raconter leurs combats, mais voici leurs noms : Ermenfred, Ervée, Ériland, Odoacre, Ervic. Arnold, Solie, Gozbert, Uvid, Ardrade, Eimard et Gozsuin » ; noms d’intrépides combattants qui méritent d’être en effet conservés dans l’histoire.

Siège de Paris par les Normands
Siège de Paris par les Normands

Au milieu de l’incendie qu’allumaient les Normands, enveloppés par les flammes et la fumée, ces douze braves combattirent toute une journée. Enfin vers le soir leurs adversaires leur crient : « Guerriers, venez vous remettre à notre foi, vous n’avez rien à craindre. » Ils sortent alors de la tour, espérant se racheter par une rançon ; mais quand leurs ennemis les voient en leur pouvoir, trahissant la parole qu’ils viennent de donner, ils massacrent ces hommes, dont ils n’avaient pu loyalement triompher.

Depuis plusieurs mois, les Parisiens luttaient avec une admirable persévérance contre les Normands ; toujours ils avaient espéré que le roi Charles le Gros viendrait les secourir, mais rien n’arrivait. Les Normands étaient maîtres des deux rives de la Seine ; au loin on n’apercevait que le camp des barbares, et cependant les ressources diminuaient : les maladies, la famine épuisaient les forces des assiégés ; l’un des chefs, le courageux Gozlin, était mort.

Dans cette extrémité, le comte de Paris se dévoua afin d’aller presser l’arrivée du roi ; de grand matin il traverse au galop le camp ennemi et va trouver Charles le Gros. Au mois d’avril, Eudes, de retour de sa mission, paraissait sur les hauteurs de Montmartre : les Normands veulent s’opposer à son passage, le vaillant comte de Paris se jette parmi eux, franchit leurs rangs, et rentre dans la ville. Charles avait promis de prompts secours, mais l’indolent monarque n’arriva que dans les derniers jours d’octobre 886 ; encore n’osa-t-il pas combattre, il préféra payer de sept cents livres d’argent l’éloignement des barbares qui étaient depuis une année devant Paris.

C’est à ce moment que commence l’illustration des Capétiens ; tandis que Charles le Gros se déshonore par sa lâche insouciance, le courage et l’activité du comte de Paris lui gagnent une influence qui prépare l’avènement de sa famille au trône jusqu’alors occupé par les Carolingiens.


Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Révolution dite française : fille des Illuminés de Bavière et de la franc-maçonnerie ?
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Un bon averti en vaut deux
 
 Être comme l'âne de Buridan
 
MANIFESTATIONS
 Ville romaine d'Entrains-sur-Nohain au musée de Clamecy (Nièvre)
 
 Henri IV, un roi dans l'histoire : exposition en Gironde issue des collections de Versailles
 
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Gestion des déchets : comment la salubrité publique devint un enjeu majeur
 
 Fleur de lys : prisée de Clovis en 496 ?
 
 Mots historiques de Jeanne d'Arc
 
 Français (Quand le) est-il devenu la langue commune de nos aïeux, supplantant peu à peu le latin ?
 
 
Et puis aussi...
 
 Famines et disettes à travers les âges
 
 Meurtre du roi Sigebert en 575 ou l’amorce du déclin de la dynastie mérovingienne
 
 Prédication de la Première croisade et prise de Jérusalem par les chrétiens
 
 Système féodal : hiérarchie, obligations, justice, vassalité et fiefs, conditions des vilains et des serfs
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 70 ARTICLES

 

Suivre notre Pinterest

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 
 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services