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Brebis comptées, le loup les mange. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions

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Expressions, Proverbes
Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française
Brebis comptées, le loup les mange
Publié / Mis à jour le vendredi 17 février 2017, par LA RÉDACTION
 
 
 
S’employait autrefois pour dire que, si un voleur timide s’abstient de toucher à certains objets parce qu’il sait qu’on les a comptés, un hardi voleur n’est jamais retenu par une telle considération

C’est un proverbe correspondant à celui qu’on lit dans la septième églogue de Virgile, Non ovium curat numerum lupus. Il se prend aujourd’hui dans un sens plus général : il signifie que les précautions qu’on prend ne garantissent pas toujours d’être trompé, et même que l’excès des précautions expose quelquefois à l’être. Les joueurs s’en servent fréquemment, et ils entendent qu’il ne faut point compter son argent pendant qu’on est au jeu, car c’est une superstition de la plupart d’entre eux que l’argent compté appelle une mauvaise chance qui le fait passer vite en d’autres mains.

Cette superstition qui fait craindre pour les choses comptées remonte à la plus haute antiquité. On croyait, chez les Romains, que les envieux et les sorciers avaient un grand pouvoir sur les objets dont le nombre était connu, comme on le voit dans les cinquième et septième pièces érotiques de Catulle à Lesbie. Ce poète, dans l’une, demande à sa belle que le nombre de leurs baisers soit tellement multiplié, qu’inconnu à eux-mêmes, il échappe à l’œil mauvais de l’envie, et, dans l’autre, il lui dit que ce nombre doit être si grand qu’il puisse se soustraire aux calculs des indiscrets et aux fascinations de la mauvaise langue.

Les Juifs pensaient qu’en comptant les choses on les exposait aux maléfices et on donnait prise sur elles aux démons. Ils regardaient le dénombrement de leur nation comme un acte impie par lequel on encourait la vengeance de Dieu. La Bible nous apprend ce qu’il en coûta à David pour avoir voulu savoir son compte. « Satan, dit-elle, s’éleva contre Israël et excita David à faire le dénombrement du peuple. Consurrexit Satan contra Israël et concitavit David ut numeraret Israël. » (Paralip., lib. I, cap.nbsp ;XXI, v. 1.) En vain Joab conseilla à David de renoncer à cette entreprise coupable, lui disant : « Pourquoi mon seigneur recherche-t-il une chose qui doit être imputée à péché à Israël ? Quare hoc quaerit dominus meus quod in peccatum reputetur Israël ? » (Ibid., v. 3.)

Le roi persista dans son dessein, et Dieu, pour le punir, lui envoya le prophète Gad, qui lui donna à choisir entre trois fléaux expiatoires, savoir : la famine durant trois ans, la fuite devant l’épée meurtrière de l’ennemi durant trois mois, et la peste durant trois jours. Ce fut la peste qui obtint la préférence, et elle emporta soixante-dix mille Israélites. Un si terrible châtiment était bien propre à frapper la cervelle humaine d’un durable souvenir, et il n’est pas étonnant que ce souvenir, consigné dans les livres saints, se manifeste par de vagues terreurs chez plusieurs peuples chrétiens qui ne peuvent voir opérer un recensement sans être obsédés de l’idée qu’il peut être suivi de quelque affreuse calamité.

 
 
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