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Lieux d'histoire : canal souterrain de Saint-Quentin, source de l'Escaut - Histoire de France et Patrimoine


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Lieux d’Histoire

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Saint-Quentin (Canal souterrain de)
et source de l’Escaut
(D’après « Musée des familles » paru en 1833)
Publié / Mis à jour le samedi 16 janvier 2010, par LA RÉDACTION


 

A trois lieues de Saint-Quentin, sur la route même de Cambrai, à 45 ou 46 mètres de profondeur, se trouve l’entrée d’un immense souterrain, ayant plus de cinq quarts de lieue, et sous lequel passe le canal qui joint la Somme à l’Escaut. L’ancien canal, qui réunit la Somme avec l’Oise, entre Chauny et Saint-Quentin, et qui avait été projeté sous les ministères de Mazarin et de Colbert, resta pendant longtemps sans exécution, et fut enfin terminé par Crozat, Saint-Quentinois, dont il porte le nom.

Ce canal communique non seulement avec Paris par la Seine, mais aussi avec Nantes et l’océan, par le canal de Briare et par la Loire. Son utilité générale ayant été reconnue, un ingénieur militaire, nommé Devic, proposa pour étendre ces nouvelles communications, de réunir la Somme à l’Escaut et d’ouvrir un canal entre Saint-Quentin et Cambrai. Lorsqu’il eut dressé les plans et relevé les nivellements qui devaient démontrer la possibilité de son projet, Devic reconnut qu’il serait impossible de traverser à ciel ouvert l’immense plateau qui sépare les sources de la Somme, de l’Escaut et de la Scarpe. Au lieu de chercher à tourner cette élévation, ce qui aurait éloigné le canal de sa direction, il conçut l’idée ingénieuse et hardie de traverser la montagne par un canal souterrain.

Mais prévoyant en même temps les difficultés et les inconvénients attachés à ce projet, il chercha à le restreindre et profita d’un vallon qui permettait de creuser le canal découvert dans une partie du plateau. Le reste du terrain devait être traversé au moyen de deux souterrains.

Entrée du canal souterrain de Saint-Quentin
Entrée du canal souterrain de Saint-Quentin
On s’effraya des difficultés d’un pareil projet et des dépenses qu’il devait nécessiter. Le canal et son inventeur furent oubliés. En 1766 le gouvernement s’occupa de nouveau de la jonction de la Somme à l’Escaut. M. Laurent, ingénieur, chargé de ce travail, s’empara de l’idée de Devic, sans adopter toutefois ses plans. Il proposa de percer le plateau dont nous venons de parler par une galerie souterraine qui traverserait toute sa longueur. Ce projet majestueux fut accueilli. M. Laurent en dirigea l’exécution, et poussa les travaux avec activité jusqu’à sa mort, en 1775.

Son neveu qui le remplaça, faisait continuer le percement, lorsque des doutes répandus sur le succès de l’entreprise et le manque de fonds survenu par suite de la guerre d’Amérique, firent suspendre les travaux jusqu’en 1783. A cette époque, la famille Laurent obtint des lettres-patentes qui lui concédaient le droit à percevoir sur le canal de navigation pendant cent huit ans, et par lesquelles le gouvernement s’engageait à fournir la moitié des fonds nécessaires pour l’achèvement de l’entreprise. Mais le parlement ayant refusé l’enregistrement des lettres-patentes, la magnifique galerie souterraine fut abandonnée pour jamais. Elle n’est plus aujourd’hui qu’un objet de curiosité. On y descend par un escalier de cent soixante-douze marches, que l’on trouve non loin de la chaussée Brunehaut, entre la route et le village de Beaurevoir, près des sources de l’Escaut.

En 1801, Napoléon, alors premier consul, vint dans les environs de Saint-Quentin, parcourut la ligne où devait être tracé le canal et visita la galerie souterraine commencée par Laurent. Cette entreprise hardie frappa l’imagination du grand homme, et lui, qui prétendait faire rayer du dictionnaire le mot impossible, s’écria : « Il faut exécuter ceci ! » Puis il ordonna que les anciens plans fussent examinés de nouveau par les ingénieurs des ponts et chaussées. Après quelque hésitation, ces derniers se prononcèrent pour la continuation du canal Laurent.

Cependant, les partisans du projet de Devic soutinrent leur opinion avec tant de chaleur, et surent l’appuyer de raisonnements tellement forts, que Napoléon fit consulter l’Institut. Cette compagnie, après un mûr examen, déclara « que la direction proposée par l’ingénieur Devic était la plus avantageuse ». En conséquence, le 30 juillet 1802, Napoléon donna l’ordre de commencer les travaux qui furent terrninéss en 1809.

Le souterrain du Tronquoy, situé à une lieue de Saint-Quentin, et qui compte environ un quart de lieue de longueur, fut celui par lequel on commença. Il ne présenta d’autres difficultés que le retard occasionné par l’éboulement de deux puits qui servaient à l’extraction. Le niveau de l’eau souterraine se trouvant dans cette galerie à environ treize pieds au-dessous de celui du canal, on n’en fut nullement incommodé.

Dans l’autre galerie, au contraire, qui s’étend sur cinq quarts de lieue environ, le niveau de l’eau se trouve au-dessus du lit du canal. Il en résulta d’énormes difficultés. Le travail avait été commencé sur toute la ligne, au moyen de cinquante-six puits, percés à peu près à trois cents pieds l’un de l’autre ; mais on fut obligé de renoncer à ce moyen d’exécution et de creuser le souterrain en remontant vers sa naissance, depuis la partie inférieure ; de cette manière, à mesure que l’on poussait l’excavation, les eaux s’écoulaient naturellement dans la partie du canal à ciel ouvert, achevée déjà entre la galerie souterraine et Cambrai.

Cette galerie, creusée dans des couches de natures différentes, a dû être voûtée en briques dans une grande partie de sa longueur ; les trottoirs dans les deux souterrains sont formées par le roc, à l’exception de quelques endroits et des entrées qui sont en maçonnerie.

En 1810, lors de son voyage dans le Nord de la France avec l’impératrice Marie-Louise, Napoléon parcourut dans un bateau élégamment décoré le grand souterrain qui avait tout récemment été ouvert à la navigation. Les habitants de Saint-Quentin avaient fait dresser une tente à peu de distance de l’entrée de la galerie où ils offrirent un banquet à l’impératrice. On montre aussi, vers le milieu du souterrain, une salle ronde creusée dans le roc et qui avait, dit-on, été préparée pour une halte. Mais le cortège passa rapidement sous la voûte éclairée à demi par les torches et les verres de couleur dont les barques étaient ornées.

Le canal souterrain de Saint-Quentin a longtemps attiré dans le pays une grande foule de curieux ; il a certainement donné l’idée des Tunnels qui se rencontrent sur les routes en fer et de l’immense voûte qui devait servir de passage sous la Tamise. Du reste, ce canal présente un grave inconvénient ; sa largeur, entre les deux trottoirs, n’est pas assez grande pour permettre l’écoulement des eaux que les bateaux repoussent lorsqu’ils remontent le courant. On a essayé de remédier à cela en pratiquant sous les trottoirs de petites arcades en maçonnerie. Mais la traversée, surtout en remontant, se fait encore d’une manière pénible et fort lente.

Entre la sortie de la grande galerie et la ville de Cambrai, le canal creusé dans la vallée de l’Escaut est traversé deux fois par ce fleuve ; aux points où ils se croisent le canal est soutenu sur des aqueducs qui servent de bief à des écluses et sous les arches desquels passe l’Escaut. De telles constructions, qui étonnèrent à l’époque, se rencontrèrent plus tard sur toutes les routes en fer, servant de continuation aux chemins ordinaires et même quelquefois aux torrents qui les traversent.

Plan terrestre du canal de Saint-Quentin
Plan terrestre du canal de Saint-Quentin
Les curieux qui ont visité le canal souterrain de Saint-Quentin aiment à raconter le singulier effet d’acoustique qu’ils ont remarqué sous ses voûtes immenses. Lorsque, arrivé vers le milieu, on chante ou l’on fait chanter à un instrument trois notes qui forment accord, l’écho redit de nouveau ces trois notes de manière à former un chœur plein de mélodie et qui se prolonge en mourant, pendant cinq à six minutes. Sur le plan terrestre du canal souterrain, la ligne du canal qu’avait projeté Laurent, et qui devait traverser par un grand souterrain toute la longueur du plateau, est indiquée par des points. Entre la chaussée Brunehaut et Bélicourt, on voit l’entrée de cette grande excavation qu’ont visitée tant de voyageurs illustres et qui se trouve aujourd’hui presque entièrement remplie d’eau. Le petit souterrain du canal actuel est indiqué par les points au-dessous de Haucourt. Le grand souterrain commence à côté de la route de Paris, près de Bélicourt, et se termine à la hauteur du Catelet.

A peu de distance de l’entrée du grand souterrain, un pont d’une seule arche et d’une construction fort hardie donne passage à la chaussée Brunehaut qui traverse le canal à quarante-cinq pieds au-dessus du niveau. La chaussée Brunehaut est une de ces voies romaines, fort répandues dans le pays, que l’on attribue à tort à des princes du Moyen Age, et que construisaient les soldats durant leurs quartiers d’hiver ou les temps de paix.

On prétend néanmoins qu’elles ont été réparées sous le règne de Brunehaut. Rien ne prouve comme rien ne détruit cette assertion.

Source de l'Escaut
Source de l’Escaut
Gagnons le village de Beaurevoir. Là, derrière les prés de l’abbaye de Saint-Martin transformée par la suite en fabrique de sucre de betteraves, s’élèvait jadis une petite arcade appuyée sur des murs de briques et de pierres blanches. Cette arcade formait un bassin de douze pieds, dans lequel on descendait par dix marches. On trouvait un petit ruisseau limpide, large de six pieds tout au plus et à peine profond de trois. En se courbant et en pénétrant sous la voûte, on voyait suinter entre deux fentes de rocher, un mince filet d’eau que l’on pouvait un instant arrêter de ses deux mains. Ce petit filet d’eau se nomme en latin Scaldus et quelquefois Tabuda ; il deviendra navigable comme la mer. C’est l’Escaut. Au-dessus de l’arcade on lisait l’inscription suivante, sans date et sans nom :
Felix sorte tua scaldis !
Fons limpidissime !
Qui a sacro scaturiens agro,
Alluis et ditas nobile Belgium,
Totque claras urbes lambens
Gravius thetidem intras

En voici la traduction :

Que ton sort est heureux, Escaut !
Fleuve si limpide !
Qui, prenant ta source dans un sol sacré,
Arroses et enrichis la noble Flandre,
Et après avoir baigné tant de villes illustres
Entres avec majesté dans la mer




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