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16 avril 1788 : mort du naturaliste et philosophe Buffon - Histoire de France et Patrimoine


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16 avril 1788 : mort du
naturaliste et philosophe Buffon
Publié / Mis à jour le vendredi 15 avril 2016, par LA RÉDACTION



 

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, membre de l’Académie française, trésorier perpétuel de celle des sciences, intendant du jardin royal des Plantes, seigneur de Montbard en Auxois, sa patrie, était fils d’un conseiller au parlement de Dijon.

Aristote et Pline, chez les anciens, avaient défriché les premiers le vaste champ de l’histoire naturelle. Aussi érudit que l’un, aussi sublime que l’autre, et joignant, comme dit un écrivain célèbre, l’âme d’un sage au corps d’un athlète, Buffon semblait avoir été formé en tout pour élever ce beau monument qui fait sa gloire et celle de la nation française. Il réunissait surtout au plus haut degré, deux qualités qui semblent opposées, et néanmoins absolument nécessaires pour l’étude de la nature. « Cette étude, dit-il au commencement de son ouvrage, suppose tout à la fois les grandes vues d’un esprit ardent qui embrasse d’un coup d’œil, et les petites attentions d’un instinct laborieux qui ne s’attache qu’à un seul point. »

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon
Georges-Louis Leclerc de Buffon

Ces grandes vues et ces petites attentions se conciliaient parfaitement dans l’esprit de Buffon. Que de faits rassemblés, discutés, comparés ! Quelle foule d’idées neuves, d’observations ingénieuses ! Avec quelle finesse il rapproche les actions des animaux de leur instinct ! Avec quelle énergie il peint leur caractère distinctif, leurs bonnes et mauvaises qualités ! Avec quelle sensibilité il ramène l’homme au sentiment de sa relation avec les moindres objets de la nature ! Quelle vérité, quelle richesse, quelle magnificence dans ses descriptions ! Harmonie de style, justesse et beauté des images, profondeur dans les réflexions, enchaînement dans les idées, voilà ce qui fera toujours lire et admirer l’Histoire naturelle.

Cette imagination brillante qui a répandu tant de charmes sur le style de Buffon, l’a quelquefois égaré dans des systèmes contraires à la saine physique. Celui qu’il renouvela en partie du roman physique de Telliamed, sur les changements arrivés à la terre, fit beaucoup de bruit dans son temps, et attira même à son auteur quelques démêlés avec la Sorbonne. « M. de Buffon accueillit le système que les montagnes ont été faites par le flux et reflux de la mer, comme un grand seigneur, dit Voltaire, adopte quelquefois un enfant exposé et inconnu ; mais le public philosophe n’a pas si bien reçu cet enfant, et il est difficile à élever. »

C’est la première fois qu’on a vu la Sorbonne et la philosophie d’accord pour rejeter un système de physique. Il est certain que des courants d’eau ne peuvent produire lentement, dans des siècles innombrables, une suite immense de rochers nécessaires dans tous les siècles. L’Océan ne peut avoir quitté son lit, creusé par la nature, pour aller élever au-dessus des nues les rochers de l’Immaüs et du Caucase.

Le système de notre célèbre naturaliste sur la reproduction des êtres vivants, souffrit autant de difficultés que sa théorie de la terre. Il trouvait l’origine de tous les corps végétaux et animés, dans des particules organiques, universellement répandues dans les animaux et les végétaux, et qui prennent la forme de chaque partie du corps organisé par le moyen de certains moules intérieurs, et se réunissent ensuite dans un réservoir commun, pour former l’animal ou la plante. Mais où sont ces moules intérieurs, et comment une molécule, modifiée dans un moule intérieur du cerveau, ne perd-elle pas sa première forme, en passant dans une foule d’autres moules intérieurs qui se trouvent sur sa route ?

La physique a néanmoins de grandes obligations à Buffon, parce que, s’il n’était pas toujours bon physicien, il était toujours excellent observateur. On avait toujours eu des doutes sur ces miroirs ardents, dont Archimède se servit pour brûler les vaisseaux romains qui assiégeaient Syracuse. Buffon en a prouvé la possibilité, en imaginant un miroir semblable à ceux d’Archimède. Ce miroir fondait le plomb et l’étain à cent quarante pieds de distance, et allumait le bois de beaucoup plus loin. Une telle découverte aurait suffi pour immortaliser Buffon, quand il n’aurait pas d’autres titres pour aller à la postérité.

Ce grand naturaliste, nommé en 1739, après la mort de Dufay, intendant des jardins du roi, y réunit toutes les richesses de l’histoire naturelle. Son nom, connu dans les quatre parties du monde, lui procurait tout ce qu’elles offrent de plus curieux. Pendant la guerre des Anglais avec leurs colonies, on vit des corsaires lui renvoyer des caisses à son adresse, tandis qu’ils gardaient celles des autres puissances. En 1771, Louis XV érigea sa terre de Buffon en comté, et lui accorda les petites entrées : faveur réservée aux plus grands seigneurs, et qui honorait également le monarque et le sujet.

Au milieu de ses honneurs et de sa gloire, Buffon conserva toujours une ardeur infatigable pour le travail. Il consacrait à ses études quatorze heures par jour ; à cinq heures du matin, il montait à un pavillon placé au milieu de ses vastes jardins de Montbard ; pavillon que le prince Henri de Prusse appelait le Berceau de l’Histoire naturelle, et dont Jean-Jacques Rousseau baisa un jour, dans un religieux transport, le seuil de la porte.

Comme le philosophe genevois, Buffon écrivait difficilement ; il passait quelquefois une matinée entière à arranger une seule phrase : aussi, disait-il que le génie n’était qu’une grande aptitude à la patience. Cette parole peut servir de consolation et d’encouragement aux auteurs qui se sentiraient rebutés par des enfantements trop laborieux.

Buffon était né le 7 septembre 1707 ; sa vie entière est dans ses ouvrages, et c’est là qu’il vivra éternellement. Il est mort de la pierre ; c’est dire que sa mort a été précédée et préparée par de grandes douleurs, et qu’on ne peut pas citer son exemple à l’appui du soin qu’il avait pris de rassurer l’espèce humaine sur la crainte des douleurs excessives qui peuvent accompagner la dissolution de nos organes ; mais s’il souffrit beaucoup et longtemps, si la douleur ne put détruire que lentement un corps si bien organisé, s’il eut besoin d’opposer un grand courage à de grandes souffrances et à de longues insomnies, il eut à se féliciter du moins d’avoir conservé une tête toujours libre, une présence d’esprit parfaite, et jusqu’au dernier moment l’amour des devoirs qu’il s’était imposés. Il succomba la nuit du 15 au 16 avril 1788 ; et dans la matinée du 15, il avait encore donné des ordres pour les travaux du Jardin des Plantes, et remis à Thouin une somme de 18000 livres pour ces mêmes travaux.

Son corps ayant été ouvert après sa mort, on lui trouva cinquante-sept pierres dans la vessie : plusieurs étaient grosses comme une petite fève ; trente étaient cristallisées en triangle, et pesaient ensemble deux onces et six gros. Les gens de l’art, qui ont fait l’ouverture, croient s’être assurés qu’il aurait pu être taillé facilement et sans danger ; mais il ne put s’y déterminer dans les commencements, parce qu’il doutait, ou s’efforçait de douter qu’il eût la pierre ; et dans la suite, parce qu’il doutait encore plus du succès de l’opération, et qu’il crut devoir s’abandonner à la nature, dont il s’était peut-être exagéré les ressources.

Guenaud de Montbéliard, élève de Buffon, devint son coopérateur dans l’Histoire naturelle, et fit celle des oiseaux avec un tel succès d’imitation, que le public, qui n’était pas dans le secret, crut lire encore Buffon lui-même ; et c’est en effet la même manière, à quelques nuances près. Au fond, le maître a plus de grandeur, mais le disciple est au moins aussi riche et aussi orné. Buffon, qui aurait pu être blessé de la méprise du public, eut alors un amour-propre mieux entendu : il s’applaudit tout haut du choix qu’il avait fait, et goûta le plaisir d’avoir fait la gloire d’un ami qui s’était illustré en lui ressemblant. Mais ni l’un ni l’autre n’en jouirent pas longtemps : une mort prématurément enleva aux sciences et aux lettres un homme qui leur était devenu précieux. Buffon, destiné à survivre à plus d’un élève, vit mourir encore après Guenaud l’abbé Bexon ; mais il vit se former sous ses yeux le comte de Lacépède, qui a paru digne d’être le continuateur de l’Histoire naturelle.

« On sait de quels honneurs Buffon fut comblé par le gouvernement, dit La Harpe ; et il lui était attaché par reconnaissance et par principes. L’agitation d’un parti intrigant et frondeur ne pouvait convenir en aucune manière à la vie laborieuse et noblement paisible qui fixait Buffon dans son Jardin royal des Plantes, dont il était comme le souverain, et dont il fut trente ans le bienfaiteur. C’est à lui seul que le jardin et le cabinet durent leur ordre et leur magnificence. Enrichi par ses travaux et par des récompenses royales, il jouissait en paix de tout ce qui peut environner une vieillesse heureuse et honorée, sortait peu de sa maison, et ne quittait Paris que pour aller, dans la belle saison, chercher les mêmes jouissances dans ses beaux domaines de Montbard.

« Il est peu d’hommes dont l’existence sociale ait fait autant d’honneur aux lettres ; il se devait ce respect qu’il garda toujours, de ne la compromettre jamais en la mêlant à aucun scandale ; et alors le scandale se mêlait trop souvent aux fracas de notre littérature. Voltaire faisait, il est vrai, plus de bruit que lui : il était plus craint et plus recherché, comme étant la voix de l’opinion de chaque jour ; mais Buffon était beaucoup plus respecté, parce que cette même opinion n’avait jamais troublé sa gloire, et n’avait jamais séparé sa personne de son talent.

« Sa figure, sa taille, sa démarche, sa vieillesse, dont il savait guère que les cheveux blancs : tout en lui était noble et imposant au premier aspect, et faisait aimer la simplicité de son langage et de sa conversation, qui sans cela peut-être auraient paru au-dessous de son nom. Il laissa une grande fortune que devait recueillir un fils rempli de qualités aimables (...) Il en jouissait à peine (...) Je l’ai connu, j’ai été avec lui dans les fers, et j’avais vu son père dans sa gloire. Le père a échappé à la révolution : il était mort (...) la révolution a dévoré le fils, le tombeau, la statue et l’héritage de Buffon. »




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