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24 avril 1770 : mort de l'éminent physicien Jean-Antoine Nollet - Histoire de France et Patrimoine


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24 avril 1770 : mort de l’éminent
physicien Jean-Antoine Nollet
(D’après « Les hommes illustres du département
de l’Oise » (Tome 2), paru en 1864)
Publié / Mis à jour le samedi 1er avril 2017, par LA RÉDACTION


 
 
 
À une rare sagacité, Nollet joignait une adresse merveilleuse, pour rendre sensibles et faciles aux autres les secrets de la physique qu’il n’avait devinés lui-même qu’à force d’observations et d’essais répétés, et savait donner un attrait infini à ses cours par la clarté de son exposition et l’habileté avec laquelle il répétait ses expériences

Parmi les hommes, que le talent a portés des rangs inférieurs de la société au sein des compagnies les plus savantes, figure Jean-Antoine Nollet, compatriote, contemporain et précurseur de Haüy, l’un des professeurs qui, au XVIIIe siècle, ont le plus contribué à répandre, en France, le goût de la physique et aussi à en assurer le progrès, par ses découvertes et surtout par ses belles expériences.

Précepteur des princes, lumière des écoles, il fut l’ornement des principales académies de l’Europe, qui s’empressèrent de l’admettre dans leur sein. Grandjean de Fouchy, directeur de l’Académie des sciences, dont Nollet était devenu sous-directeur, commence ainsi l’éloge de ce savant remarquable.

« Jean-Antoine Nollet, de la société royale de Londres, de l’Institut de Bologne, de l’Académie des sciences d’Erford, maître de physique et d’histoire naturelle des enfants de France, professeur royal de physique expérimentale au collège de Navarre et aux écoles d’artillerie et de génie, naquit à Pimprez, village du diocèse de Noyon, le 19 novembre 1700, d’honnêtes habitants de ce lieu, qui y exerçaient les fonctions de laboureurs. »

Ainsi, il se trouva, de prime abord, en contact immédiat avec la nature, celui qui devait l’observer avec tant de succès, et il commença par agir de ses mains sur les éléments qu’il devait éclairer des lumières de son esprit avec tant de profit pour la science. Les jeux de son enfance auraient décelé le physicien à des yeux attentifs. Cependant, par la vivacité de son esprit et dès ses premiers succès à l’école, le jeune Nollet fit voir qu’il n’était point né pour rester attaché au dur travail de la glèbe, quand la nature l’avait disposé pour des fonctions non moins utiles et plus élevées. L’estimable curé de sa commune lui prêta le double concours de ses lumières et de ses économies.

L'abbé Jean-Antoine Nollet. Peinture de Maurice Quentin de La Tour (1753)
L’abbé Jean-Antoine Nollet. Peinture de Maurice Quentin de La Tour (1753)

Instruits par les éloges que faisaient ses instituteurs des belles dispositions de leur enfant, les parents de Nollet se prêtèrent avec joie à la réalisation des belles espérances qu’il faisait concevoir à tous ceux qui l’approchaient : ils l’envoyèrent commencer ses études au collège de Beauvais ; de là datent ses premiers pas dans la carrière où il devait si glorieusement se distinguer. Le jeune Nollet demeura dans ce collège jusqu’à la fin de ses humanités. « À en juger par le style net et correct avec lequel il écrivait, et par l’espèce d’érudition qu’il possédait, nous pouvons assurer sans risque, qu’il avait dû être au rang des meilleurs écoliers de son temps. »

« Nollet s’était destiné à l’état ecclésiastique, et les études théologiques, qui lui devenaient nécessaires pour cet objet, l’obligèrent à faire à Paris sa philosophie, ou à renoncer à pouvoir prendre aucun degré ; ce motif le détermina, malgré la médiocrité de sa fortune, à venir s’établir dans la capitale ; et il n’eut certainement pas hésité de s’y rendre s’il eût pu savoir quels fruits il devait un jour recueillir de ce voyage.

« (...) Un des premiers avantages, qu’il dut à la régularité de ses mœurs et aux connaissances qu’il avait déjà acquises, fut que M. Taitbout, alors greffier de l’Hôtel-de-Ville de Paris, le choisit malgré sa jeunesse pour lui confier l’éducation de ses enfants ; ce poste le mit bientôt à portée non seulement de continuer ses études, mais même de développer ses talents ; il trouva moyen d’établir un laboratoire à l’Hôtel-de-Ville même : c’était là que le jeune philosophe allait s’exercer aux arts dont l’étude de la physique, à laquelle il se livrait déjà, lui faisait sentir le besoin, et sacrifier les plaisirs, que lui offrait une compagnie aimable et brillante, au désir de s’instruire et de se perfectionner », nous apprend Grandjean de Fouchy dans son Éloge de l’abbé Nollet inséré dans les Mémoires de l’Académie des sciences.

L’amour de la science lui fit oublier la vocation ecclésiastique et perdre de vue l’objet de son voyage à Paris. La physique l’amenait de plus en plus à l’oubli de la théologie. Son esprit positif et juste était trop frappé de la contemplation des phénomènes du monde extérieur et de leurs lois, pour n’être pas dédaigneux des vaines abstractions du monde imaginaire, qu’avait ouvert la scolastique et qu’avaient élargi les rêves sublimes de Descartes. Le moment de parvenir à une aperception plus certaine de l’abstrait par une notion plus claire du concret était venu. Nollet se laissa aller insensiblement à la pente qui entraînait le XVIIIe siècle.

Son génie de constructivité et son imagination inventive le portaient à vouloir créer en même temps qu’à inventer. Infatigable au travail, et ne comprenant pas d’autres plaisirs que ceux de l’esprit, il employait tous ses loisirs à travailler en émail ou à répéter, dans son petit laboratoire, les expériences de physique que ses maîtres lui avaient enseignées.

« Il s’amusait surtout à travailler en émail à la lampe, art que la multiplicité des instruments de physique, dans lesquels entrent les tuyaux de cristal, rend si nécessaire à un physicien. Je me souviens d’avoir vu de lui un ouvrage en ce genre, dont les plus habiles émailleurs (le célèbre Raux même, qui avait été son maître en cette partie) se seraient fait honneur ; c’était un surtout de dessert, représentant une colonnade surmontée d’une espèce de dôme : ce dôme servait de réservoir à une quantité d’eau suffisante pour faire aller, pendant une heure et plus, des jets d’eau et des cascades qui ornaient cette machine ; c’était, si l’on veut, une espèce de jeu, mais où se déclarait déjà le talent de l’auteur pour la physique, et son goût pour la belle décoration. »

« Du fond de la retraite où vivait M. l’abbé Nollet, sa réputation ne laissait pas de s’étendre. » Dès 1726, il eut part à l’établissement d’une compagnie qui consacrait entièrement ses travaux à l’avancement des arts ; il y fut admis deux ans après « sur la seule réputation qu’il s’était acquise, et justifia le choix de cette compagnie par une grande quantité de travaux, entre autres, par un globe céleste, qu’il publia en 1730, et qu’il dédia à M. le comte de Clermont, qui avait honoré cette compagnie de sa protection. Feu M. Dufay travaillait alors à ses recherches sur l’électricité ; il crut avoir trouvé une ressource assurée dans les talents du jeune physicien, et n’hésita pas à l’associer à ses travaux, qu’il continua avec lui pendant deux ans ; au bout de ce terme, M. de Réaumur lui confia son laboratoire, et ce fut dans cette savante école, qui a fourni à l’Académie plusieurs de ses plus illustres membres, que Nollet acheva de se former. Il y avait en effet si bien profité, que, dès 1734, M. Dufay lui proposa de faire avec lui le voyage d’Angleterre. Cet académicien, si vif et si zélé sur l’honneur de la nation, n’aurait sûrement pas amené avec lui un physicien qu’il n’eut pas cru capable de le soutenir dignement », peut-on encore lire dans l’Éloge de Grandjean de Fouchy consacré à Nollet.

A cette époque, en effet, les deux pays, qui se disputaient par les armes le premier rang politique dans le monde, rivalisaient de génie scientifique et littéraire. Voltaire, Montesquieu, nos poètes, nos publicistes et nos savants de toutes sortes y retrouvaient une émulation heureuse et des lumières fécondes pour leur génie, fortement stimulé par les découvertes et les travaux des savants d’outre-mer. Deux ans après Nollet fit un autre voyage qui lui fut également très utile : c’est en Hollande, qu’il eut l’occasion de voir les savants Musschenbroek, Sgravesande, Allaman et plusieurs autres illustres physiciens avec lesquels il était déjà digne de figurer, et qu’il eut depuis pour amis et pour correspondants jusqu’à sa mort.

À son retour l’abbé Nollet, cédant au conseil de ses amis, fit un cours de physique qui eut le plus grand succès. Il ne tarda pas à recevoir un honneur que sa modestie ne lui permettait guère d’attendre. La manière dont il s’était acquitté de ses missions l’avait signalé à l’attention de l’Académie. Cette compagnie, qui jugea digne de voir figurer dans son sein celui qui servait si bien la science, trouva bientôt l’occasion de satisfaire à son désir. En passant à la place d’adjoint botaniste , Buffon laissa vacante la place d’adjoint mécanicien, Nollet fut appelé à remplir ce vide, le 19 avril 1739 ; trois ans après il occupa la place d’associé vacante par la mort de l’abbé Molières.

La réputation du nouvel académicien était déjà européenne. Le roi de Sardaigne l’invita à venir répéter ses belles expériences, devant le duc de Savoie. L’abbé Nollet fit à Turin un cours si intéressant et si instructif que le monarque, ravi, voulut que tous les instruments de physique, qui avaient servi au cours du savant professeur, « demeurassent entre les mains de l’université, pour perpétuer, pour ainsi dire, les lumières que venait d’y répandre M. l’abbé Nollet, qui sera, par ce moyen, à jamais l’instituteur et le père de cette florissante école. » (Éloge de l’abbé Nollet)

Le savant abbé employait si bien son temps qu’il put occuper sans retard l’attention de l’Académie des sciences. A son retour, à Paris, en 1740, il donna, en trois mémoires, un travail suivi sur la machine pneumatique. Il étonna par la finesse et la variété des recherches et des observations auxquelles il savait recourir pour arracher le secret de la nature, et il ne charma pas moins par la pureté de son style, la clarté de son exposition et son talent de décrire dans tous leurs détails la machine pneumatique et les autres instruments propres à expérimenter sur l’air.

L’année suivante, par d’habiles expériences, il ruina la théorie de Descartes, sur la pesanteur, cette question ayant été de nouveau soulevée au sein de l’Académie. À peine eut-il fini la lecture de ce travail, qu’il fut demandé à Bordeaux pour y faire un cours de physique expérimentale. La célèbre académie crut avoir encore quelque chose à tirer de ce cours ; elle l’honora de son suffrage, voulut être pourvue de l’appareil de machines nécessaires pour en répéter les expériences, et engagea l’abbé Nollet à y présider.

L'abbé Nollet se livrant à une expérience sur l'électricité du corps humain (1746). Gravure (colorisée) de Brunet d'après Blaise-Nicolas Le Sueur (1716-1783)
L’abbé Nollet se livrant à une expérience sur l’électricité du corps humain (1746).
Gravure (colorisée) de Brunet d’après Blaise-Nicolas Le Sueur (1716-1783)

« Cette honorable distraction le tint éloigné pendant près d’une année du travail académique ; mais aussitôt qu’il fut revenu, il paya cette interruption avec usure. » Il lut, en 1743, deux mémoires : le premier sur la manière dont se forme la glace qui flotte sur les rivières ; et le second sur l’ouïe des poissons. Aux erreurs sur la formation des plaçons dans les eaux courantes, il substitua une « explication nette, précise, conforme à la saine physique », démontrée par les plus ingénieuses et saisissantes expériences. » À ceux qui refusaient l’ouïe comme inutile aux poissons, il répondit par la preuve de la transmissibilité du son à travers l’eau ; il prépara ainsi les travaux physiologiques qui ont démontré dans ces aquatiques l’existence des organes de l’ouïe. »

La même année il publia les deux premiers volumes de ses leçons de physique expérimentale. « On avait jusqu’alors quelques ouvrages en ce genre, mais en très petit nombre, et il s’en fallait bien qu’ils fussent aussi étendus et que les matières fussent traitées avec l’ordre, la netteté et la précision qui règnent dans celui-ci ; le choix des questions y est fait avec la plus grande intelligence ; il les présente avec la plus grande netteté, puis il énonce les expériences qui doivent servir à les décider. »

C’est dans cet ouvrage qu’il avança, le premier, que le tonnerre pouvait bien n’être que de l’électricité fort en grand. Les belles expériences de Newton sur la lumière, que si peu de physiciens avaient pu parvenir à répéter, et tout ce que l’optique, la dioptrique et la catoptrique offrent de curieux et d’intéressant sur cette matière, font également partie de l’ouvrage. Tout ce que l’on connaissait alors du système planétaire, du magnétisme et de l’électricité s’y retrouvait reproduit et élucidé avec autant de méthode que de netteté d’exposition. Le succès qu’obtint cette parution décida l’auteur à le perfectionner, et ses plus grands travaux, dès lors, se portèrent sur l’électricité qu’il considérait déjà, et avec raison, comme l’âme de la physique.

En 1744, Nollet fut appelé à la cour pour y faire un cours de physique expérimentale en présence du dauphin, et ce prince en fut si satisfait qu’il l’engagea à en faire, l’année suivante, un second en présence de la dauphine, infante d’Espagne. Le philosophe fut obligé de paraître à la cour de son souverain, et, grâce à la douceur de son caractère, il ne s’y fit que des amis ou des partisans. Le dauphin l’honorait de toute sa protection. Un homme en place, à qui ce prince l’avait adressé, accueillit froidement ses livres en lui disant : « Je ne lis guère ces sortes d’ouvrages. » L’auteur, blessé de l’ignorante impertinence d’un parvenu, qui devait plus à l’intrigue qu’à sa capacité, répondit avec fierté : « Monsieur, je vais les laisser dans votre antichambre ; il s’y trouvera peut-être des gens d’esprit qui les liront », car le physicien, naturellement calme et réservé, ne s’échauffait que quand il s’agissait de physique.

C’est dans sa collaboration avec Dufay, grand physicien, qu’il contribua tant à l’extension du Jardin des Plantes ; c’est dans ses relations avec ce savant illustre que Nollet prit tant de goût à l’électricité, qu’il en fit l’objet de laborieuses et fécondes recherches, surtout après la mort de ce savant. On lui doit, sur cette branche si importante de la science, des découvertes aussi nombreuses que grandes et utiles.

« Il était bien difficile qu’en retournant en tant de manières les phénomènes électriques, il ne fut tenté de les rappeler à un même principe et d’en assigner la cause. » En 1745 et 1746, c’est dans ses Mémoires et dans son Essai sur l’électricité, que l’espèce de théorie, qu’il avait imaginée, fut mise au jour. Il essaya de démontrer que la matière du feu et celle de l’électricité étaient identiques, et ne différaient que par leur mode de mise en action. Néanmoins, certaines de ses assertions soulevèrent des contradicteurs, et c’est pour répondre à leurs contestations que notre physicien engagea plusieurs discussions et polémiques, qu’il publia, sous forme de lettres, en trois volumes. Il publia aussi différents ouvrages qui contenaient et des expériences et des applications nouvelles de l’électricité.

Ces travaux n’empêchèrent point Nollet de publier, en 1748, un mémoire sur la cause de l’ébullition des liquides. « On fut étonné de n’avoir pas été frappé d’un phénomène si ancien et si généralement connu ; on croyait communément que la cause de l’ébullition était l’air qu’ils contiennent, et qui, dilaté par la chaleur, soulevait la liqueur et formait des bulles qui venaient crever à la surface ; quelque plausible que fut cette explication, elle n’était cependant pas vraie. »

Peu après la lecture de ce mémoire, Nollet fut envoyé en Italie par le roi pour recueillir des notions exactes sur l’état des sciences physiques dans cette contrée, couverte des merveilles de la nature, toute parsemée des débris qu’y ont entassé les siècles. Il remplit sa mission en homme qui en comprenait toute l’importance. Il rapporta une foule d’observations dignes d’attention et profitables, qu’il consigna dans ses mémoires. Il examina, en physicien profond, une foule de ces raretés qui se rencontrent à chaque pas dans cette péninsule, justement réputée la plus belle partie de l’Europe, et surtout la Solfatare et le Vésuve, et il donna même une cause très vraisemblable des terribles éruptions de ce volcan.

En 1756, Nollet lut à l’Académie un mémoire intéressant sur les avantages hygiéniques des liqueurs rafraîchies et sur l’agrément que procure cette opération dans les pays chauds principalement. Il démontra pour cet objet, à défaut d’autre moyen, l’action efficace des sels. La même année, Louis XV créa une chaire de physique expérimentale au collège de Navarre et y nomma le physicien dont les travaux avaient le plus contribué à en faire sentir l’utilité. Le concours prodigieux des auditeurs et des élèves de l’abbé Nollet justifia et la sagesse de cet établissement, et l’excellent choix du monarque, qui, voulant de plus en plus témoigner au professeur toute sa satisfaction, fit expédier à Nollet, l’année suivante, le brevet de maître de physique et d’histoire naturelle des enfants de France, dont il avait déjà, dans sa jeunesse, instruit le père.

Générateur d'électricité de l'abbé Nollet, d'après une gravure parue dans son Essai sur l'électricité
Générateur d’électricité de l’abbé Nollet, d’après une gravure
parue dans son Essai sur l’électricité

Comme on sentait la nécessité de donner aux élèves de l’artillerie et du génie des notions plus détaillées et plus complètes de physique, ce fut encore l’abbé Nollet qui fut appelé à La Fère avec le titre de professeur de physique expérimentale. En 1761, le savant professeur alla donner le même enseignement à l’école d’application de Mézières. Vers la fin de la même année, Nollet obtint la place de pensionnaire de l’Académie, laissée vacante par la mort de Réaumur.

« Ces nouvelles fonctions de l’abbé Nollet lui donnèrent lieu de remarquer un abus considérable (dans l’économie) de l’artillerie. La poudre à canon est grénée, c’est-à-dire qu’elle n’est pas en simple poussière, mais qu’on la réduit en grains qui ont un volume sensible ; elle perd, avec le temps, cette forme que l’art lui a donnée pour reprendre celle de poussière, et, en cet état, on la nomme pulverim, souvent même le salpêtre s’en sépare et on la nomme alors poudre décomposée. »

Contrairement au préjugé qui prévalait alors, l’habile praticien montra qu’au lieu de la rapporter au moulin pour une fabrication nouvelle, on pouvait l’utiliser telle quelle, et il prouva, par des expériences, que cette poudre, quoique altérée, conservant sa même force d’explosion, pouvait encore s’employer pour les salves de réjouissances, et même, au besoin, pour la projection des boulets, pourvu que l’on augmentât un peu la charge.

L’abbé Nollet venait d’être nommé sous-directeur de l’Académie des sciences ; il remplissait ainsi les fonctions d’adjoint de celui qui devait bientôt prononcer son éloge, lorsqu’il se sentit incommodé plus gravement que jamais par des épanchements bilieux : il n’en était pas moins assidu à ses travaux. L’abbé Nollet, dit son panégyriste, « assista sans aucune interruption à nos assemblées jusqu’à la semaine sainte. Il allait ordinairement passer les vacances à une maison de campagne qu’il avait à quelques lieues de Paris. Je lui souhaitai, en le quittant, un beau voyage ; j’ignorais, et alors il ignorait aussi, que c’était la dernière fois que je lui parlerais. Pendant la semaine de Pâques son incommodité devint plus considérable, et le samedi, il fut attaqué d’un violent mal au côté qui l’obligea de se mettre au lit ; on le ramena à Paris le dimanche, pour être plus à portée des secours, mais il n’était plus temps de les lui donner. Il profita de celui qui lui restait, pour se disposer à la mort, en philosophe chrétien, et mourut le 24 avril, veille de sa dernière assemblée publique, avec tous les sentiments de la piété la plus sincère. »

Le roi lui avait accordé un logement aux galeries du Louvre ; c’est là qu’il expira entre les bras de ses nombreux amis et élèves.

L’abbé Nollet « était grand et bien fait ; sa physionomie annonçait la douceur de son caractère, sur laquelle il ne s’est jamais démenti, non plus que sur la régularité de ses mœurs. Qui avait vécu avec lui un jour, pouvait répondre de tout le reste de sa vie ; on ignore qu’il soit sorti un seul moment de son assiette ordinaire et de sa constante modération : il ne s’animait que lorsqu’il parlait de physique. »

Il était diacre ; mais entraîné de bonne heure vers des objets étrangers à l’état ecclésiastique, il ne crut pas devoir aspirer au sacerdoce, et se contenta de remplir les devoirs d’un ecclésiastique très régulier. Connu du monde entier, accueilli des souverains, désiré dans les plus illustres compagnies littéraires, il ne faisait cependant pas un seul voyage à la Fère sans se détourner au retour pour aller dans le lieu de sa naissance passer quelques jours avec sa famille et y laisser des marques essentielles de sa tendresse et de sa bienfaisance.

Nollet prend rang parmi ces philosophes du XVIIIe siècle qui, non contents d’étudier avec Descartes la nature dans ses causes, l’observèrent dans ses effets : il figure avec avantage parmi les premiers savants, qui, en France, mirent en pratique la méthode de Bacon, en créant en quelque sorte, et surtout en y propageant la physique expérimentale. Heureux continuateur de Réaumur, qui lui apprit l’art d’interroger la nature ; de Dufay, l’apôtre de l’électricité ; digne émule des plus grands savants de l’Europe, il se distingua par des recherches aussi importantes que délicates, et ses études sur la pesanteur et l’électricité entre autres, mirent la science dans cette voie de progrès qu’elle a depuis si rapidement parcourue.




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