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17 avril 1696 : mort de l'épistolière madame de Sévigné - Histoire de France et Patrimoine


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17 avril 1696 : mort de l’épistolière
madame de Sévigné
Publié / Mis à jour le dimanche 17 avril 2016, par LA RÉDACTION



 

Cette femme aimable et spirituelle, sans avoir jamais songé à composer le plus petit livre, est devenue l’un des auteurs les plus célèbres, et le plus classique de son genre. Des feuilles légères, des confidences échappées journellement à la tendresse maternelle et à l’amitié, des détails de ménage qui ne pouvaient être destinés au grand jour de l’impression, ont rendu à jamais populaire, à jamais immortel le nom de madame de Sévigné : ce nom désigne à la postérité le modèle accompli du style épistolaire.

Qui n’a pas lu et relu ces lettres charmantes ? A qui, non pas seulement le nom de Sévigné, mais ceux du marquis son fils, de sa fille madame de Grignan, de sa petite-fille Pauline, du bon abbé de Coulanges son oncle, de la terre des Rochers et du jardinier Pilois, sont-ils étrangers ? Qui ne connaît pas la vie de cette femme célèbre, sa descendance, par Bénigne de Rabutin, baron de Chantal, son père, de Jeanne-Françoise Frémiot de Chantal, placée par l’Eglise au nombre des saintes, et fondatrice de l’ordre de la Visitation ; sa parenté avec Bussy-Rabutin, ce fanfaron d’esprit et de gentilhommerie, courtisan satirique et comme de raison disgracié, dont sa cousine redouta toujours la plume caustique et le propos mordant ?

Marie Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, par Claude Lefèbvre
Marie Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, par Claude Lefèbvre

Qui ne sait que Marie de Rabutin-Chantal perdit son père un peu plus d’un an après sa naissance ; qu’elle eut l’obligation d’une excellente éducation à l’affection de son oncle, le bien bon abbé de Coulanges ; que, grâce aux soins de cet oncle chéri, les langues latine, espagnole, italienne lui devinrent familières ; que, mariée à l’âge de dix-huit ans au marquis de Sévigné, elle eut, après moins de sept ans d’union, à déplorer la perte de son époux tué en duel ; que, restée veuve à l’âge de vingt-cinq ans, avec un fils et une fille, elle leur consacra sa vie, toujours fidèle aux lois d’un chaste veuvage, et uniquement vouée aux soins de leurs intérêts et de leur fortune ?

A qui apprendrions-nous les relations amicales de cette femme distinguée par son caractère et son esprit avec le duc de La Rochefoucauld, auteur des Maximes, madame de La Fayette, les Arnauld, Pompone, le cardinal de Retz, La Fontaine, etc. ? Sa tendresse passionnée et constante pour sa fille madame de Grignan, dont le nom remplit presque toutes les pages de ses lettres , et pour qui elle mourut de chagrin, quand une maladie grave l’eut fait trembler pour les jours de l’être qui avait toujours été l’âme de sa vie ?

Ne serait-ce pas aussi peine perdue que de chercher encore à caractériser le mérite de cet esprit à la fois si éminent et si naturel ? A quoi bon répéter pour la millième fois des éloges sur lesquels tout le monde est d’accord depuis si longtemps ? Il n’y a jamais eu, il n’y a encore qu’une voix sur la vivacité d’imagination, la finesse et la souplesse d’esprit, le naturel toujours heureux, les grâces variées, les saillies piquantes, la justesse de trait, la pureté de goût, qui donnent tant de prix, d’intérêt et de charme à la narration de madame de Sévigné, aux épanchements de son cœur, aux réflexions que lui suggère un sens presque toujours droit.

Elle avait bien raison de se laisser constamment aller à ce qu’elle appelle dans une de ses lettres son style naturel et dérangé. Ce qui la met hors de pair, c’est précisément ce défaut apparent d’arrangement, c’est que tout lui vienne à point, d’inspiration et par l’allure naturelle de son cœur et de son esprit, sans que jamais rien paraisse cherché ni calculé. Cette confiance dans le plus heureux instinct explique, à ce qu’il nous semble, la prédilection qu’on lui a tant reprochée pour notre vieux Corneille, dont le génie, les traits et les vers sublimes semblent plutôt aussi les inspirations d’une âme grande et forte avec simplicité que des combinaisons de l’art.

On a encore fait plus d’un reproche à la mémoire et à la correspondance de cette femme si généralement aimée et admirée. On a prétendu que l’imagination avait plus de part que le cœur à cette affection si constante et si passionnée pour sa fille ; on a dit qu’elles ne s’aimaient que de loin, et qu’aussitôt qu’elles étaient réunies, elles ne pouvaient vivre d’accord. Il faut convenir que dans cette correspondance même, dont les trois quarts au moins ne font que varier un peu l’expression du plus ardent amour maternel, on aperçoit de temps en temps des traces de ce désaccord.

On a aussi accusé madame de Sévigné d’une vanité puérile et d’un caquetage souvent fatigant : on l’a qualifiée de Caillette. Le mot est dur. Avouons toutefois que les niaiseries de cour et de ville remplissent trop souvent ces pages si agréablement écrites, et qu’à un demi-volume près, l’étoffe de toutes ces lettres est bien mince. Quant au faible d’une vanité puérile, on ne peut en disculper la cousine de Bussy-Rabutin. Sa joie, après que Louis XIV lui eut accordé la faveur d’une contre-danse, et le mot plaisant de Bussy, sont trop bien connus. Sa correspondance nous la montre aussi trop souvent en extase devant les grandeurs et les magnificences ruineuses et trompeuses de la cour. Elle est trop souvent occupée de futilités qui ne sont pas toujours brillantes, trop concentrée dans les intérêts de sa famille et de sa caste.

C’est encore très justement qu’un de nos écrivains les plus célèbres lui a reproché l’insensibilité avec laquelle elle plaisante sur les exécutions militaires et les pendaisons que l’autorité se permettait alors en Bretagne. Madame de Sévigné était cependant sincèrement pieuse, douée de bonté, d’humanité : on la voit, dans ses lettres, compatissante et généreuse envers ceux qui l’entouraient et avec ses fermiers. Mais l’esprit et les préjugés du temps et du rang étouffaient quelquefois ses meilleurs instincts.

Il y avait cependant un grand fonds de solidité et d’élévation dans cet esprit le plus souvent occupé d’intérêts si légers. On a dit avec raison que ces facultés supérieures n’avaient pas été assez remarquées, quoique l’on ait fréquemment cité les traits vraiment admirables que lui inspire la mort de Turenne : « Ne croyez pas, ma fille, que son souvenir soit déjà fini dans ce pays-ci ; ce fleuve, qui entraîne tout, n’entraîne pas sitôt une telle mémoire ; elle est consacrée à l’immortalité... » Mais plusieurs autres de ses lettres révèlent une âme capable de sentiments profonds et une raison forte.

Que l’on relise celles qui ont rapport à la mort du duc de LaRochefoucauld, et au chagrin que cette perte cause à leur amie, madame de La Fayette ; celles dans lesquelles l’auteur exprime son attachement pour les solitaires de Port-Royal ; que l’on se rappelle son respect inaltérable pour leurs vertus et leur morale religieuse ; sa lettre à M. de Coulanges (26 juillet 1691) sur les caractères divins du christianisme ; toutes celles dans lesquelles elle rend compte à sa fille de ses lectures sérieuses ; ses vues sur l’éducation de sa petite-fille (lettre du 15 janvier 1690), et l’on sera étonné de ce que son esprit renfermait de gravité et de vigueur.

Marie Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, par le peintre sur porcelaine Marie-Victoire Jaquotot
Marie Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, par
le peintre sur porcelaine Marie-Victoire Jaquotot

Ce goût pour les études et les réflexions sérieuses ; cette fidélité à de hautes vertus dans la personne de ses amis de Port-Royal, f1délité qui la tenait dans une sorte de disgrâce, et dont elle ne se dissimulait pas l’influence défavorable à sa famille, honoreront toujours son caractère. Combien on a de plaisir à lire (lettre du 15 janvier 1690, citée plus haut) le récit piquant de cette dispute de Boileau avec un jésuite, en présence de Bourdaloue, à un dîner chez le président de Lamoignon ; à voir comment, en rappelant cette vieille querelle sur les anciens et les modernes, elle aime à montrer l’impétueux satirique, prenant d’abord parti pour ses chers anciens, puis proclamant la supériorité d’un seul moderne, d’un seul, qu’il se défend de nommer, puis enfin conjuré, pressé par le jésuite, jetant à la tête des bons pères le nom pétrifiant de Pascal !

On ne remarque pas avec une moins vive satisfaction, que sa préoccupation habituelle pour les grandeurs ne l’empêche pas toujours de juger ce qu’elle voit avec un sens droit et une conscience éclairée. « Je suis accablée, dit-elle (29 novembre 1675), des lettres des Etats... On tâche d’y réformer les libéralités et les pensions et l’on reprend de vieux règlements qui couperaient tout par la moitié : mais je parie qu’il n’en sera rien ; et, comme cela tombe sur nos amis les gouverneurs, lieutenants-généraux, commissaires du roi, premiers présidents et autres, on n’aura ni la hardiesse, ni la générosité de rien retrancher.... » « Nous sommes étonnés de voir qu’en quelque lieu du monde on puisse aimer un gouverneur. » « Cela est plaisant (3 juillet 1675) que tous les intérêts de Quanto (madame de Montespan) et sa politique s’accordent, avec le christianisme, et que le conseil de ses amis ne soit que la même chose avec celui de M. de Condom (Bossuet). Vous savez qu’on a donné à M. de Condom l’abbaye de Rebais qu’avait l’abbé de Foix. Le pauvre homme ! »

En lisant ces lettres, et d’autres encore, on regrettera que l’aimable auteur n’ait pas vécu à une époque plus favorable aux développements de ses qualités solides. On y eût perdu sans doute quelques volumes de causeries toujours spirituelles ; mais on y aurait sûrement gagné une correspondance plus riche en sujets intéressants par eux-mêmes, et en idées élevées, fortes et utiles.




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