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Bouland, chasseur de lapins au cimetière du Père-Lachaise dans les années 1870 - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Lapins traqués par un chasseur
au cimetière du Père-Lachaise en 1870
(D’après « Le Revue pour tous », paru en 1889)
Publié / Mis à jour le jeudi 24 septembre 2015, par LA RÉDACTION



 
 
 
A la fin du XIXe siècle, un dénommé Bouland, brocanteur de son état, conçut de chasser le lapin en plein coeur du cimetière du Père-Lachaise, déjouant les pièges tendus par les gardiens durant 10 ans, bravant condamnations et peines de prison dont il écopa sans que cela n’entame une rage de s’amuser qui le conduisait parfois à passer des nuits entières, dehors, par d’abominables temps

Oui, des lapins ! comme dans le bois le plus vulgaire et les réserves les plus giboyeuses ; comme à Chantilly, à Marly, à Compiègne : comme dans la forêt d’Halatte ou la forêt de Senart. Des lapins ! là où dorment, côte à côte, Héloïse et Abeilard, Raspail et Thiers !...

En existait-il au temps où Balzac y enterrait le père Goriot et où Rastignac, contemplant, du haut du cimetière, Paris, « tortueusement couché le long des deux bords de la Seine » disait ces mots grandioses, avec un regard de défi : « A nous deux, maintenant ! » En existait-il, quand Gozlan écrivait ses Nuits sinistres ?... En existait-il, effarés dans leurs trous, pendant la famine, du siège et les fusillades de la Commune ?

Le père Bouland, seul, aurait pu répondre. Le père Bouland ?... Voici son histoire :

Une nuit des années 1870-1880, vers dix heures, deux gardiens se promenaient dans les allées du cimetière, faisant leur tournée d’inspection. On était en plein hiver ; le froid était piquant et les hautes herbes blanches, durcies par la gelée, craquaient sous les pieds. Le Père-Lachaise était calme. Depuis longtemps, les maraudeurs le négligeaient et exerçaient autre part leurs déprédations funèbres ; depuis longtemps, point de couronne volée sur les tombes, point de grilles brisées et emportées, point d’effractions, point d’escalades ; et ce soir-là, comme les autres soirs, s’était écoulé sans alerte.

Tombeau d'Héloïse et Abélard au cimetière du Père-Lachaise
Tombeau d’Héloïse et Abélard au cimetière du Père-Lachaise

Leur inspection terminée, les gardiens se disposaient à rentrer, quand, soudain, vers le mur de clôture, un coup de feu retentit, dont les sonorités emplirent le cimetière, répercutées le long des tombes... Puis de nouveau le silence se fit, solennel et mystérieux. Quelques feuilles mortes, retenues à des branches, tombaient, détachées par la vibration de l’air, et c’était tout...

Les deux gardiens s’étaient rapprochés, écoutaient, s’attendant à ce qu’un gémissement, un cri, un appel au secours parviendrait jusqu’à eux. Rien !... Ils se dirigèrent vers l’endroit d’où la détonation était partie... cherchèrent une trace, un indice... une piste de pas... L’un d’eux grimpa sur le mur et inspecta les environs... Efforts inutiles... S’il n’était resté, dans l’air, l’odeur subtile de la poudre, ils auraient pu croire qu’ils avaient rêvé...

Ils n’osèrent point parler de cette aventure, mais le lendemain ils étaient à leur poste, à peu près à la même heure, et ce fut encore au moment où leur service allait prendre fin qu’ils entendirent, du même côté que la veille, une violente détonation. Cette fois, le doute n’était plus permis. Pourtant ils eurent beau faire diligence et se précipiter vers le mur, ils ne trouvèrent qu’une bourre, fumant dans l’herbe mouillée.

Au matin, une minutieuse inspection des environs ne leur révéla rien qui vaille. Le champ était libre pour les conjectures. Etait-ce une tentative d’assassinat contre un des gardiens ?... Etait-ce quelque attaque nocturne dans ces terrains vagues qui bordent le cimetière où le crime est si fréquent et si facile ?... Rapport fut fait à l’administration. Une surveillance active fut organisée, mais, pendant les huit jours qui suivirent, on ne remarqua rien de suspect. La surveillance se relâcha. Les gardiens même n’y pensaient plus, quand un soir, ils entendirent — c’était la troisième fois — deux détonations successives, pif, paf, se succédant à une seconde d’intervalle.

Il arrivèrent trop tard, cette fois comme les autres, mais à temps, toutefois, pour percevoir de l’autre côté du mur un bruit de pas qui s’éloignaient. Etait-ce un passant ? Etait-ce le tireur mystérieux ? Le temps d’escalader le mur et il n’y avait plus personne ! La colère s’en mêlant, il se mirent à l’affût toutes les nuits, derrière une pierre tombale, armés de fusils et résolus à s’en servir. Non loin d’eux étaient creusés trois caveaux dont on avait commencé autrefois, puis abandonné la construction. Des herbes broussailleuses y avaient poussé, entre lesquelles on distinguait des trous qui semblaient s’enfoncer sous terre profondément. Depuis longtemps, ces caveaux passaient pour servir de retraites aux légions de rats qui infestaient le cimetière, et l’on avait souvent parlé d’y organiser une chasse en lançant les chiens ratiers dans les couloirs souterrains habités par les petits rongeurs.

La troisième nuit, les gardiens remarquèrent que de grosses boules grises bondissaient de ces caveaux au milieu des herbes et de tombe en tombe s’allongeaient, se repliaient, lancées comme par une catapulte, disparaissaient et reparaissaient vingt fois dans la même seconde, se démenant, s’agitant, se rejoignant, se séparant, puis, après des évolutions sans nombre auxquelles l’obscurité et le lieu prêtaient quelque chose de fantastique, s’arrêtaient soudain dans une broussaille où elles s’effondraient et s’évanouissaient.

Les yeux des gardiens s’étaient habitués à la nuit, d’ailleurs transparente, car la lune allait se lever. Une sorte de grattement attira leur attention. Ils retinrent leur haleine. En haut du mur quelque chose remua : une tête d’homme qui se pencha en avant et inspecta le cimetière. Après la tête, ce fut le buste, puis les jambes. L’homme se posta sur la crête, sans se hâter, déposa un fusil à portée de la main et siffla doucement. Un chien à poils frisés noirs et blancs bondit auprès de lui en jappant, mais une menace le fit taire.

L’homme hissa une échelle qu’il descendit dans le cimetière, après quoi, son fusil entre les mains, il se tint immobile. Le chien, assis, très attentif, non plus ne bougeait pas. Un instant, les boules grises, effrayées par le bruit, étaient devenues invisibles, mais le silence les tranquillisa et les danses et les sauts recommencèrent. Elles jouaient, se lutinaient, se querellaient, aussi, car il y avait des piétinements de colère pareils, sur le sol durci par la gelée, à des roulements d’un tambour souterrain. L’homme, du haut du mur, regardait ces ébats... Tout à coup, il épaula et fit feu... Un nuage de fumée enveloppa le tireur... Les gardes étaient sortis de leur cachette... Le chien avait dégringolé l’échelle, s’était précipité dans une touffe d’herbes et remontait, un lapin à la gueule... Et prestement, l’échelle fut retirée, l’homme et le chien disparurent...

Cette fois, les gardiens savaient à quoi s’en tenir : c’était à un chasseur qu’ils avaient à faire, non à un assassin. A un chasseur, oui, un chasseur de lapins !... Le père Bouland était un bonhomme à figure jaune et ratatinée, plissée de mille rides, sec comme un clou et dont les yeux ronds très brillants, sans cesse en mouvement, avaient un éclat fiévreux presque insoutenable. Qu’était-ce ? Un brocanteur de Ménilmontant qui à force d’économies pénibles, avait acheté un morceau de terrain près du Père-Lachaise. Il y avait fait bâtir et vivait là, seul avec sa femme, continuant son métier, arrondissant de jour en jour sa petite fortune.

Ce bonhomme, dont l’unique préoccupation semblait être de thésauriser, qui de sa vie n’avait regardé une autre femme que la sienne, et de sa vie non plus ne s’était trouvé devant le comptoir d’un marchand de vin, avait, depuis sa jeunesse, une passion, bizarre chez un être pareil, d’autant plus violente qu’elle s’était alimentée par l’imagination et qu’il n’avait jamais osé la satisfaire : il adorait la chasse. Mais il l’adorait à en parler tous les jours, à en rêver toutes les nuits, à ne plus dormir les veilles d’ouverture, à dévorer fiévreusement les traités cynégétiques qui lui tombaient sous la main, dans les hasards de son commerce...

Une seule chose combattait son penchant : l’avarice. Cela eût coûté cher de chasser ! Une action de chasse était nécessaire d’abord. Et puis, c’était des déplacements ; le temps perdu ; un fusil qu’il fallait acheter, un chien qu’il fallait nourrir, des munitions, enfin des frais innombrables sans compter le port d’arme et le reste !... Or, un jour qu’il se promenait le long du cimetière, sa marotte en tête, il s’arrêta brusquement, si ému, qu’une grosse sueur lui mouilla le front.

Allée principale du cimetière du Père-Lachaise
Allée principale du cimetière du Père-Lachaise

Une idée — mais une idée qui allait réaliser son rêve, le rêve de trente ans ! — lui traversait la cervelle... Le cimetière, à deux pas de chez lui, est-ce que ce ne pouvait pas être une chasse toute prête ? Une chasse bon marché, et commode avec cela !... Certes, il ne comptait y tuer ni sangliers, ni chevreuils, pas même de lièvres, pas même de perdreaux !... Mais en jetant là, en avril, cinq ou six couples de lapins, il était sûr d’en retrouver une centaine en hiver ! Rien à craindre, si ce n’est de la part des gardes !

En une seconde, son plan fut fait. II élèverait un chien — Baptiste — ramassé dans la rue, lui apprendrait à rapporter. Il avait justement trouvé, ces temps derniers, dans un lot de ferraille, un vieux fusil à pierre ! Ne serait-ce pas suffisant ?... Faut-il une si belle arme pour bouler un lapin ?... La nuit, il se rendrait à l’affût ! Dans le cimetière, les rongeurs auraient de quoi se nourrir. Et le Père-Lachaise était clos ; point de braconniers à redouter ! Cinq ou six mois après, sa chasse était prête. Dans les caveaux funèbres il avait vu des terriers et, de ci, de là les arbustes, dont l’écorce était rongée, indiquaient que les bêtes avaient pullulé. Bouland se frotta les mains et prépara ses munitions.

Il aurait pu se passer de la permission de la loi et partir, quand bon lui semblerait, le fusil sur l’épaule. Mais, chasseur avant tout, il attendit l’ouverture. Avec quelle impatience, on le comprend. La première fois il en tua deux. Econome, il ménageait son gibier. La seconde, deux aussi. Mais le bruit formidable des détonations du vieux fusil, éclatant du haut du mur, dans la nuit silencieuse, l’effraya. Il eut peur d’être pris par les gardes et se tint coi pendant quinze jours. Puis, de loin on loin, il poursuivit ses exploits. Il se contentait d’un lapin et tout de suite s’enfuyait. Il avait dressé Baptiste à descendre l’échelle et à lui rapporter la pièce tuée de telle sorte qu’il ne bougeait pas du mur, prêt à disparaître à la moindre alerte.

La nuit où les gardiens faillirent le surprendre, il eut si peur qu’il accrocha son fusil à sa devanture, décidé à le vendre. Mais quoi ? Pour un peu de risque, abandonner une chasse pareille ? Sa résolution n’y tint pas. Seulement, il redoubla de prudence et de ruse. Certaines nuits, il courait lâcher un ou deux coups de fusil à quelques cents mètres, pour attirer là les gardiens, puis, revenant précipitamment, il grimpait à l’échelle, faisait sa chasse et s’en allait.

Sa vue acquérait, à ces expéditions, une prodigieuse, acuité, en même temps que son adresse se développait. D’autres fois, laissant reposer le fusil, il furetait en étalant des bourses aux gueules. Mais il n’aimait pas ce genre de chasse, qui ressemblait trop au braconnage. Il reprenait vite son flingot, méprisant le danger, à la fin pris d’une rage de s’amuser, restant toutes les nuits dehors, par d’abominables temps, déjouant les pièges qu’on lui tendait, et repeuplant le cimetière quand il s’apercevait que les gardiens avaient vidé les terriers !...

Cela dura neuf ou dix ans — de 1871 à 1880 — car ce n’est pas une légende que cette histoire. Pendant ces dix ans, le brocanteur, arrêté deux fois, passa deux fois en police correctionnelle et subit de fortes condamnations. Il était trop malade pour guérir. L’amende payée, la prison faite, il décrochait son fusil et retournait à son mur, suivi de Baptiste...

On défonça les terriers, on boucha les gueules, on fit une chasse incessante aux rongeurs. Le bonhomme ne s’en émouvait pas. Les lapins pullulent comme de la vermine. Quand le dernier est tué, il en naît d’autres. Des terriers se reformaient, à travers les tombes, et qui dira quelles rencontres funèbres faisait le gibier de Bouland en ses galeries souterraines, où il se heurtait aux bois des cercueils, côtoyait les assises des caveaux, obligé à mille sinueux détours, tantôt perçant droit devant lui. tantôt revenant en arrière, obliquant, creusant toujours ?

Mais les fossoyeurs envahirent un terrain jusque-là réservé, les bêches fouillèrent le sol profondément, et les tombes se rapprochèrent peu à peu de la clôture. A chaque concession nouvelle, les larges pierres tumulaires écrasaient les hautes herbes où jadis avaient bondi les fuyards sous le coup de fusil de l’étrange braconnier. Les grilles enserrèrent étroitement les arbustes. Les derniers lapins tués étaient maigres et mal portants. Enfin, pendant un mois, Bouland, à l’affût toutes les nuits, revint bredouille.

Dès lors, il fut triste. Quand on parlait chasse devant lui, il souriait amèrement, sans répondre. Il vendit son fusil, mais garda Baptiste, le vieux compagnon de ses nocturnes campagnes. Il mourut quatre ou cinq mois après sans s’être consolé. Il a voulu être enterré près de ses terriers, et c’est là qu’il repose, au milieu de sa chasse funèbre, en ce cimetière dont ses coups de feu retentissants ont tant de fois troublé le religieux sommeil.

Longez le Père-Lachaise, dans le vingtième arrondissement, et quand vous rencontrerez l’impasse où se trouve une maison d’école, et à laquelle Bouland a donné son nom, faites-vous raconter l’histoire de Baptiste et de son maître.




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