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15 avril 1764 : mort de madame de Pompadour - Histoire de France et Patrimoine


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15 avril 1764 : mort de
madame de Pompadour
Publié / Mis à jour le dimanche 14 avril 2013, par LA RÉDACTION



 

Madame de Châteauroux mourut à la fin de l’année 1744. « Il fallait une maîtresse, dit Voltaire ; le choix tomba sur la demoiselle Poisson, fille d’une femme entretenue et d’un paysan de la Ferté-sous-Jouarre, qui avait amassé quelque chose à vendre du blé aux entrepreneurs des vivres. Ce pauvre homme était alors en fuite, condamné pour quelques malversations.

« Il avait marié sa fille au sous-fermier Lenormand, seigneur d’Etiole, neveu du fermier-général Lenormand de Tournehem, qui entretenait la mère. La fille était bien élevée, sage, aimable, remplie de grâces et de talents, née avec du bon sens et un bon cœur. Je la connaissais assez ; je fus même le confident de son amour. Elle m’avouait qu’elle avait toujours eu un secret pressentiment qu’elle serait aimée du roi, et qu’elle s’était senti une violente inclination pour lui, sans trop la démêler.

« Cette idée, qui aurait pu paraître chimérique dans sa situation, était fondée sur ce qu’on l’avait souvent menée aux chasses que faisait le roi dans la forêt de Senart. Tournehem, l’amant de sa mère, avait une maison de campagne dans le voisinage. On promenait madame d’Etiole dans une jolie calèche. Le roi la remarquait, et lui envoyait souvent des chevreuils. Sa mère ne cessait de lui dire qu’elle était plus jolie que madame de Châteauroux ; et le bonhomme Tournehem s’écriait souvent : Il faut avouer que la fille de madame Poisson est un morceau de roi. »

La marquise de Pompadour, par Maurice Quentin de La Tour (vers 1755)
La marquise de Pompadour, par Maurice Quentin de La Tour (vers 1755)

Et en effet, la fille de madame Poisson succéda bientôt à la faveur de la duchesse de Châteauroux. Dès 1745, elle fut créée marquise de Pompadour : c’était le nom d’une très ancienne maison qui venait de s’éteindre. M. d’Etiole, qui aimait passionnément son épouse, employa inutilement auprès d’elle les larmes et les reproches. Sa douleur ayant éclaté avec trop de violence, il fut exilé, comme le marquis de Montespan, et à la fin se consola comme lui.

La favorite établit sa résidence dans le château de Choisy, qu’avait occupé madame de Châteauroux. C’est dans ce palais enchanté que la nouvelle Armide endormit son esclave dans les bras de la volupté. Elle avait dans son esprit et ses talents des ressources pour suppléer au vide d’une passion trop tôt satisfaite. Sitôt qu’elle eut connu le caractère du roi, et son extrême aversion pour les affaires, son grand art fut de former autour de lui un enchaînement de plaisirs qui l’empêchassent de sentir le poids du gouvernement.

Elle aimait les arts qu’elle avait cultivés dès son enfance : elle les appela à son secours. Etant simple dame d’Etiole, elle avait à sa suite des beaux-esprits et des auteurs, parmi lesquels on distinguait Voltaire, dont l’ambition égalait les talents ; elle l’employa d’abord pour ses fêtes, et il composa lors du mariage du dauphin, la Princesse de Navarre. Rameau avait fait la musique, et le tout n’en est pas meilleur. Le poète fut cependant récompensé par une charge de gentilhomme ordinaire de la chambre.

Ce présent était de la valeur d’environ 60 000 livres, et devint d’autant plus agréable à un poète également avide de gloire et de fortune, qu’il obtint peu de temps après la grâce singulière de vendre la place, et d’en conserver le titre et les privilèges. Aussi le poète ne put-il s’empêcher de plaisanter lui-même sur la très grande récompense de son très médiocre opéra :

Mon Henri IV et ma Zaïre,
Et mon américaine Alzire,
Ne m’ont valu jamais un seul regard du roi :
J’avais mille ennemis, avec très peu de gloire :
Les honneurs et les biens pleuvent enfin sur moi
Pour une farce de la Foire.

« Je conclus, dit-il encore dans ses Mémoires, que pour faire la plus petite fortune, il valait mieux dire quatre mots à la maîtresse d’un roi, que d’écrire cent volumes. »

Lorsque Louis XV revint de la campagne de 1745, après la victoire mémorable de Fontenoy, Voltaire fut encore mis en œuvre par la favorite, pour célébrer la gloire du monarque. C’est alors qu’il composa le Temple de la Gloire. Dans ce ballet héroïque, Louis XV était désigné sous le nom de Trajan ; la Gloire venait au devant de lui, l’introduisait dans son temple, qui se convertissait dans le temple de la Félicité publique. Le spectacle, d’abord exécuté dans l’intérieur des petits appartements, fut ensuite représenté par des seigneurs et dames de cour, et madame de Pompadour remplissait le principal rôle, celui de La Gloire ; on doit juger combien le monarque dut être flatté de se voir couronner à la fois par la Gloire et par l’Amour.

Pour satisfaire aux dépenses extraordinaires qu’entraînaient ces divertissements, où la favorite n’épargnait rien, parce qu’ils étaient les meilleurs et les seuls moyens de perpétuer l’enchantement de son amant, il fallait à la tête des finances un homme absolument à ses ordres. Orry, qui était dans les principes économiques du vieux cardinal de Fleury, fut remplacé par de Machault d’Arnouville, intendant du Hainaut, et fils d’un Machault, surnommé Coupe-tête, à cause de la sévérité qu’il avait exercée dans ses commissions de magistrature.

Le sieur le Normand de Tournehem obtint la charge de directeur-général des bâtiments : c‘était en attendant que cette place pût être remplie par le sieur Poisson, frère de la marquise, qui avait d’abord paru à la cour sous le nom de Vandière. Mais comme les courtisans s’amusaient à l’appeler le marquis d’Avant-hier, il changea de nom, et prit celui de Marigny, sous lequel il devint célèbre dans la suite, lorsqu’il fut parvenu à la place de directeur-général des bâtiments. Tout le crédit de sa sœur ne put cependant lui faire obtenir le cordon bleu, que Louis XV n’osa lui accorder par considération pour les chevaliers de l’ordre, dont quelques-uns se permettaient d’observer plaisamment que le poisson n’était pas assez gros pour être mis au bleu.

Le Normand de Tournehem seconda parfaitement toutes les vues de la favorite, qui avait inspiré au roi la manie des bâtiments. Bientôt s’élevèrent de toutes parts des colifichets somptueux, moins propres à manifester la grandeur que la faiblesse du prince, pour lequel il faisait construire tant d’asiles dispendieux et inutiles contre l’ennui.

On avait fait plusieurs tentatives en France pour imiter les porcelaines de Saxe : Charles Adam présenta au roi quelques morceaux de porcelaine de sa façon, qui attirèrent l’attention de madame de Pompadour : ce fut l’origine de la manufacture de Sèvres. On vit alors paraître des chefs-d’œuvre d’une pâte non seulement beaucoup plus vitrifiable que celle de la Chine, mais supérieure par l’élégance des formes, la régularité du dessin, et la vivacité des coloris, à tout ce que la Chine, le Japon et la Saxe avaient produit de plus magnifique en ce genre.

La marquise de Pompadour, portrait dit en Belle jardinière. Peinture de Carle Van Loo
La marquise de Pompadour, portrait dit en Belle jardinière. Peinture de Carle Van Loo

Non contente du petit théâtre de Choisy, la favorite en fit construire de semblables dans toutes les maisons royales. Les personnages les plus illustres et les plus grands de la cour, se livraient à ces amusements, pour divertir le roi. On peut dater de cette époque ce goût scénique qui s’est emparé de toute la France, et beaucoup augmenté la corruption des mœurs, tant par le mélange des comédiens avec les jeunes personnes qui se formaient à la déclamation, que par le grand nombre d’élèves qui sont nécessaires au recrutement de tant de spectacles.

Elle chargea le prévôt des marchands et les échevins de diriger l’Opéra, pour s’en ménager elle-même la surintendance, qui pouvait lui fournir de grandes et faciles ressources pour l’exécution de son plan de conduite avec le roi. C’est dans la même vue qu’elle se faisait apporter chaque jour, par le lieutenant de police Nicolas-René Berryer et par ses successeurs, la Chronique scandaleuse de Paris, de cette immense et licencieuse capitale ; enfin, tout était mis en usage pour écarter du roi les soins, les soucis, les inquiétudes du gouvernement, et lui faire goûter sur le trône toutes les douceurs d’une vie privée.

C’est ainsi qu’elle parvint à subjuguer entièrement le monarque, et qu’après le déclin de ses charmes, elle le retint toujours enchaîné par les liens de l’habitude, plus forts chez les hommes que ceux des passions. Elle nommait les ministres et les généraux, recevait les ambassadeurs, entretenait des correspondances avec les cours étrangères. Le fameux traité de 1756 fut son ouvrage. Ce traité, qui unissait la France et l’Allemagne, après deux cents ans de guerres et de rivalités, a néanmoins été regardé, par des publicistes éclairés, comme si préjudiciable aux intérêts de la nation, qu’ils y ont trouvé une des causes déterminantes des malheurs de la France et de la chute de la maison de Bourbon. Quoi qu’il en soit de cette opinion, qui a ses partisans et ses adversaires, il est certain que la maison d’Autriche mit le plus grand intérêt à la conclusion de ce traité, et que l’impératrice-reine, Marie-Thérèse, ne dédaigne pas d’écrire elle-même à la favorite, et de la traiter de chère cousine.

Les princes du sang se tenaient debout devant elle. Le prince de Conti fut le seul qui refusait d’oublier son rang devant la favorite. Un jour qu’elle le laissait debout, il s’assit sur le lit. « Madame, dit-il, voilà un excellent coucher. » Elle fut humilié du propos et de l’action,et, depuis, le prince ne parut à la cour que dans les cérémonies d’éclat et de bienséance.

Elle s’éloigna de la cour en 1757, lors de la tentative d’assassinat du roi. On se flattait que ce terrible événement jetterait une terreur salutaire dans l’âme de Louis XV, et le ramènerait à ses devoirs. L’éloignement de la marquise, et l’entrée du dauphin au conseil, paraissaient les préludes d’un changement heureux. Mais ces espérances s’évanouirent avec les symptômes de la blessure du roi ; la favorite reparut à la cour, plus Puissante que jamais, et signala son retour par la disgrâce éclatante de deux ministres, dont l’un avait conseillé, et l’autre pressé son départ : Machault et d’Argenson furent exilés, le même jour, dans leurs terres, et personne n’osa plus résister à une maîtresse dont la faveur paraissait cimentée par l’assassinat même du roi.

Elle expira les rênes de l’État dans les mains. Transportée de Choisy à Versailles, elle eut le privilège, réservé aux seuls membres de la famille royale, de mourir dans ce palais, d’où l’on écartait avec tant de soin tout ce qui pouvait y rappeler les misères et la fin de la vie humaine. Elle vit approcher la mort avec beaucoup plus de résignation qu’on ne devait en attendre d’une femme qui avait joui en apparence de tant de bonheur. Le jour même qu’elle attendait sa dernière heure, le curé de la Madeleine, paroisse de son hôtel à Paris, vint la voir. Comme il prenait congé d’elle : « Un moment, monsieur le curé, lui dit-elle, nous nous en irons ensemble. »

Après sa mort, elle fut portée, sans bruit, à son hôtel particulier de Paris. Louis XV la vit froidement passer. Le marquis de Marigny recueillit cette grande et riche succession, dont faisait partie un des plus beaux cabinets de Paris, en livres, en tableaux, en raretés précieuses : la vente du mobilier dura un an. C’était un spectacle où la curiosité attirait tous les jours une foule nombreuse.




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