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23 août 1720 : le fabuliste Vergier meurt assassiné dans la rue du Bout du Monde - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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23 août 1720 : le fabuliste Vergier
meurt assassiné dans la
rue du Bout du Monde (Paris)
(D’après « Biographie universelle, ancienne
et moderne » (Tome 48) paru en 1827
et « Dictionnaire critique de biographie et d’histoire. Errata et supplément
pour tous les dictionnaires historiques » paru en 1867)
Publié / Mis à jour le samedi 20 août 2016, par LA RÉDACTION



 

Né à Lyon le 3 janvier 1655, il fut envoyé à Paris pour y achever ses études, et fit son cours de théologie à la Sorbonne, où il prit le grade de bachelier. Ses parents le destinaient à l’état ecclésiastique, et Vergier en porta quelque temps l’habit ; on l’appelait l’abbé Vergier ; mais cet état n’étant pas de son goût, il se lança dans le monde, où il eut bientôt des amis et des protecteurs.

Employé dans l’administration de la marine, il fut nommé, le 2 octobre 1688, écrivain principal au Havre et reçut le 1er février 1690 le titre de commissaire de la marine. Cette même année, cependant qu’il était à Brest, il adressa à Madame d’Hervart, l’autre La Sablière de La Fontaine, deux lettres, la première en prose spirituelle, la seconde en couplets faciles et galamment tournés. Le 29 janvier 1693, il fut envoyé à Rochefort, d’où il passa à Dunkerque le 11 avril 1693. C’est de ce port, où il avait la fonction d’Ordonnateur, qu’il adressa six épîtres, fort jolies, bien qu’un peu longues, à Jérôme de Pontchartrain (1674-1747), secrétaire d’État de la Marine qui lui avait écrit une lettre fort obligeante, le 19 septembre 1694. Le jeune ministre et le poète étaient alors sur le pied de l’amitié.

En 1695, au moment où les Anglais bombardaient Calais, Vergier passa de Dunkerque dans ce port, avec le commissaire Lempereur, et, au sujet de ce voyage, il composa sur lui-même et sur son camarade une chanson épigrammatique. En 1696, il fit sur le Maure, vaisseau commandé par Jean Bart, une campagne dans le Nord. A son retour, il peignit, en vers naturels et plaisants, l’état de son esprit ennuyé pendant cette navigation, où il trouva dans le marin dunkerquois un homme assez indifférent aux choses de la poésie et du beau langage.

De 1697 à 1712, il resta attaché au port de Dunkerque, estimé des marchands et du peuple. Le ministre lui avait donné, en 1707, le contrôle de la marine et des galères, et il exerçait paisiblement sa charge à Dunkerque, rimant, pour se désennuyer de la prose administrative qu’il recevait de la cour, des contes galants et un peu libres, des couplets qui faisaient fortune à Paris, où ils se répandaient bien vite, avec les contes, et attendant que Monseigneur voulût bien lui permettre de quitter le service.

En mars 1712, il se rendit à Abbeville pour hâter la levée de quarante canonniers qu’on devait diriger sur Maubeuge ; sa mission remplie, il écrivit à Jérôme de Pontchartrain : « Comme je n’ai plus rien à faire ici et que je m’y trouve à moitié chemin de Paris, je vous supplie très humblement, Monseigneur, de trouver bon que je m’y rende pour quelques affaires que j’y ai, et pour y prendre conseil des médecins, sur ma santé qui est en très mauvais état. » Le ministre écrivit au crayon sur la lettre de Vergier : « A la bonne hure (sic) ; peu de temps ; qu’il prenne des mesures pour retourner promptement à son poste. »

Mais à Paris, après vingt-six ans d’exercice, Vergier se démit de sa charge en 1714. Il fut assassiné dans cette ville, au coin de la rue du Bout-du-Monde (ancien nom de la rue Saint-Sauveur), aboutissant dans la rue Montmartre, dans la nuit du 22 au 23 août 1720. Son ami Claude Brossette (1671-1743), avocat au parlement de Paris puis avocat général aux cours de Lyon, l’un des fondateurs de l’Académie des sciences, belles-lettres et art de Lyon en 1700, fut l’un des premiers qui ait parlé de Vergier, et cela à propos de sa mort tragique.

L’acte d’inhumation de Vergier est ainsi libellé : « Le samedi 24 aoust (1720), sieur Jacques Vergier, âgé de 65 ans et plus, ci-devant commissaire de marine, et président de la chambre de commerce de la ville de Dunkerque, originaire de Lyon, décédé le vingt-trois, de cette paroisse, rue des Deux-Portes, a été inhumé dans la cave de la vierge, présents les sieurs Jean-Baptiste Lempereur, ci-devant commissaire ordinaire de la marine, et Charles Véron Delisle, bourgmestre de Paris, ses amis. »

Brossette expliquait que Vergier, après avoir soupé chez Madame FOntaines et se retirant « entre minuit et une heure, sans laquais et sans lumière, fut assassiné, au coin de la rue du Bout-du-Monde (qui devint rue du Croissant, et se nomme aujourd’hui rue Saint-Sauveur), aboutissant dans la rue Montmartre, par trois personnes masquées, qui lui donnèrent un coup de pistolet à la gorge et trois coups de poignard dans le coeur. On ignore, ajoute Brossette, la cause de cet assassinat, car M. Vergier ne fut point volé, et l’on ne sait pas qu’il eût des ennemis, étant d’un caractère très doux et d’un commerce très agréable ; ainsi, il y a lieu de croire que ce malheureux assassinat a été fait par méprise. »

On attribua sur le moment plusieurs causes à ce crime : les uns prétendirent qu’il avait été commis par ordre de Philippe, duc d’Orléans et régent, blessé d’une parodie de la dernière scène de Mithridate, attribuée faussement à Vergier. On nomma même l’exécuteur de la vengeance du régent, et on osait dire qu’il avait eu la croix de Saint-Louis pour prix de cette violence. D’autres crurent que c’était une affaire de jalousie, ou même une méprise. En fait, l’un de ses assassins, le chevalier le Craqueur — camarade du célèbre Cartouche —, qui fut rompu le 10 juin 1722, avoua que l’intention de ses complices était de voler Vergier, mais qu’ils en furent empêchés par un carrosse qui passa dans le moment. L’un de ses deux complices se nommait Du Châtelet.

La réputation que Vergier s’était acquise par son talent poétique décida à recueillir ses productions, et une édition de ses Œuvres diverses parut à Amsterdam en 1726, suivie de plusieurs autres. Vergier avait fait ou fait faire de nombreuses copies de ses poésies, et en les envoyant à chaque personne, il y ajoutait une épître. Brossette espérait recevoir de la famille tous les ouvrages de Vergier, « écrits de sa main et trouvés chez lui après sa mort. » On ne sait ce qu’est devenu ce manuscrit. Vergier n’a fait qu’un très petit nombre de contes ; mais ce sont ses principaux titres au souvenir de la postérité. La Harpe, qui en trouve plusieurs plaisamment imaginés et narrés avec agrément et facilité, reproche cependant à l’auteur la longueur, la monotonie, le prosaïsme. Cependant Vergier a, dans son genre, la première place après La Fontaine. Il excellait à faire des parodies et des chansons de table.

Jean-Baptiste Rousseau, dans sa lettre à Brossette du 28 octobre 1720, écrit : « Nous n’avons peut-être rien dans notre langue où il y ait plus de naïveté, de noblesse et d’élégance que ses chansons de table, qui sont aussi ce qu’il a fait de meilleur et qui pourraient le faire passer à bon droit pour l’Anacréon français ; nous les chantons tous les jours ici avec milord Cadogan, etc. »




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