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Yvette Guilbert, chanteuse de café-concert et actrice. Portrait, biographie, vie et oeuvre - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Yvette Guilbert, chanteuse
de café-concert et actrice
(1865-1944)
(D’après « L’Écho de Rouen », paru en 1902)
Publié / Mis à jour le lundi 4 mai 2015, par LA RÉDACTION


 
 
 
Voici une artiste qui nous offre l’exemple d’une de ces fortunes prodigieuses et rapides comme seul Paris savait jadis en faire. En moins d’une année, elle était arrivée au faîte de la renommée, au summum de la gloire. Son nom vola de bouche en bouche, tous les journaux s’occupèrent d’elle ; le public se pressait en foule à la porte des établissements où elle chantait, et enfin un grand duc de passage à Paris se dérangea, pour aller l’entendre. En 1902, après dix ans de carrière, elle retrace elle-même son émouvant parcours.

D’où vient cet engouement de la population parisienne qui, pendant da longues années, fit fête à son idole ? C’est qu’Yvette Guilbert apporta une note tout à fait nouvelle, très personnelle et très originale, dans l’interprétation des oeuvres de Xanroff, Mac-Nab, Bruant, les chansonniers de la fin du XIXe siècle, dont l’observation cruelle, réaliste, hardie et quelque peu attristante, laisse bien loin derrière elle les joyeusetés exubérantes et la bonne humeur des anciens. Produit très curieux de cette période, si fertile en manifestations étranges, Yvette Guilbert brilla dans cette fin de siècle d’un éclat éphémère ou durable, mais très vif.

Chanteuse fin-de-siècle, c’est ainsi que la baptisa un journaliste du temps se donnant la tâche de révéler aux populations ce talent nouveau et digne d’étude, qu’il avait découvert dans un concert d’ordre inférieur. Car Yvette Guilbert n’eut pas, dès l’abord, les succès faciles et les bravos enthousiastes d’une foule en délire. Ses débuts furent pénibles.

Yvette Guilbert vers 1890
Yvette Guilbert vers 1890

Elle connut les écœurements, les déboires, les combats de la lutte pour la vie. Née à Paris en 1865, d’une mère flamande et d’un père normand, après avoir fait partie du personnel des « Magasins du Printemps », elle se laissa emporter par sa passion irrésistible pour la scène. Elle débuta au Divan japonais, cherchant sa voie, puis passa par le Moulin-Rouge, et finit par triompher à la Cigale. Hugues le Roux, qui avait deviné l’originalité qu’il y avait en elle et pressenti son avenir, se chargea de la faire connaître au public. Il organisa des conférences au cours desquelles Yvette Guilbert se faisait entendre. Ce fut le point de départ de sa fortune.

Après avoir passé successivement par Cluny, les Nouveautés et les Variétés, elle entra à l’Eden-Concert et chanta ensuite à la Scala et aux Ambassadeurs. Voici en quels termes Yvette Guilbert retraça elle-même sont existence et la période de ses débuts :

« J’ai été élevée en Normandie, à Saint-Lô, puis mise au couvent du Bon-Sauveur, pendant deux ans. Ma jeunesse a été maladive. Jusqu’à quinze ans, tant l’anémie me rendait souffrante, j’ai dû être éduquée chez moi. Je chantais du matin au soir, tellement que mère mettait dix sous dans ma tirelire quand je restais une demi-journée sans chanter ! J’avais, étant fillette, une voix très grave qui s’est dérangée vers quatorze ans et est devenue ce qu’elle est.

« J’avais quatorze ans lorsque mon père est mort. Il était commissionnaire en marchandises, rue Richer, et n’avait laissé que des dettes. Ma mère et moi avons été obligées de travailler pour vivre. Ma mère s’occupa alors dé broderies, et moi, j’entrai chez Hentenaar, rue du Quatre-Septembre, comme mannequin. J’étais très grande, très mince. J’avais alors dix-huit ans, et l’on m’accepta, à raison de 150 francs par mois, pour essayer des robes et des manteaux de cour ! Et parler anglais !

« Tout cela ne satisfaisait ni mes besoins d’existence, ni mes ambitions. J’avais l’idée fixe et très arrêtée de devenir quelqu’un, j’entrai au théâtre. J’étais trop désorientée, trop jeunette pour comprendre et admettre qu’il fallait être une flirteuse de premier ordre pour attraper un rôle. Je fus dégoûtée et je partis. J’étais persuadée, même absolument certaine de me faire un nom au Café-Concert. Naturellement je ne croyais pas être si tôt l’Étoile que la bonne volonté du public a bien voulu faire de moi ! Oh ! non ! mes rêves n’allaient pas si loin.

« Et, après avoir trimballé ma longue taille et mes grands bras à Cluny, aux Nouveautés, aux Variétés, j’entrai au Concert. En un an, j’étais célèbre. De seize francs que je gagnais par jour, je sautai à cinq cents francs ! Mais tous mes efforts faits au théâtre, pendant quatre ans, m’avaient servi ; je connaissais les planches, je savais dire, j’étais probablement moins bête que d’autres, car les qualités des artistes de premier ordre qui m’entouraient aux Variétés me servaient d’exemple, et j’apprenais, près d’eux, les mille petits trucs du métier.

« J’eus alors l’idée de me faire un répertoire à moi, une silhouette à moi. Je me mis à lire tous Ies romans des jeunes modernes, pour connaître l’état cérébral des gens, et je fus convaincue que des chansons devaient apporter une note nouvelle qui fût de la même famille que celle des auteurs des livres qui sont des réponses, somme toute, aux demandes des lecteurs, du public. J’essayai de peindre mon époque d’une façon compréhensible pour tous ; des chansonniers m’y aidèrent, et si l’ai le succès que vous savez, je le dois beaucoup à l’affabilité de la foule, et un peu beaucoup aussi à une persévérance énorme, à une volonté qui jamais ne s’est fatiguée de lutter.

Yvette Guilbert au Concert-Parisien. Affiche de 1900
Yvette Guilbert au Concert-Parisien. Affiche de 1900

« J’ai travaillé, et toujours je travaille, et, chaque fois que je chante une chanson j’y ai le même cœur et le même plaisir. J’ai débuté en 1890, à l’Eden-Concert, et la même année, au mois d’octobre, au Concert-Parisien, depuis j’ai été à la Scala et aux Ambassadeurs. Je suis allée en Belgique, Autriche, Roumanie, Hongrie, Angleterre, Amérique, partout, la chance m’a suivie, une curiosité extraordinaire, un déplacement du public inouï... Et quand je pense que c’est moi, la petite Guilberte, comme on m’appelait au Printemps où je suis restée deux ans, qui dérange tous ces gens-là... Je remercie le ciel du fond de mon cœur, de m’avoir donné l’importance d’un homme intelligent, puisque mon indépendance ne vient que de moi... »

Les principales œuvres du répertoire d’Yvette Guilbert sont : l’Abonnement (Byrce) ; les Cabotines (Wanroff-Guilbert) ; Demandez plutôt à maman (Spencer) ; les Demi-Vierges (Yvette Guilbert) ; les Demoiselles à marier (Fragson) ; J’vas prendre Alphonse (Xanroff) ; le Lion de la ménagerie (Mac-Nab) ; l’Orange (Baliveau) ; les Pensionnaires (Chaudoir) ; le Petit modèle (Yvette Guilbert) ; la Première fois (Stretti) ; le Petit cochon (Fragson) ; les P’tits vernis (Yvette Guilbert) ; Quand il est tard (Xanroff) ; le Rapin (Spencer), etc.

Au milieu de ses plus grands triomphes et malgré sa fortune rapide, Yvette Guilbert conserva ses habitudes modestes et ses goûts simples. Une autre se serait laissé tourner la tête par ces succès foudroyants. Elle, lorsque la scène ne la retenait pas, vivait retirée comme une petite bourgeoise, dans une maison qu’elle possédait aux environs de Paris, cultivant elle-même son jardin.

On dit qu’elle ne se laissa jamais griser par son triomphe, preuve de bon sens et d’intelligence, et elle songeait surtout à son avenir, au cas où le public, si variable, si changeant, si fantasque, cesserait de brûler l’encens à ses pieds. Proie d’une grave maladie en 1900, elle se retira des affaires et ne chanta plus qu’en tournée ou dans des représentations de gala, passant son existence dans sa propriété des environs de Paris, ayant abdiqué tout luxe et tout apparat, et se plaisant au milieu des paysans et paysannes du pays avec lesquels elle aimait à converser.

Note : Yvette Guilbert remontera ponctuellement sur scène par la suite, avec un répertoire différent : reprises de poésies de toutes époques, et de chansons du Moyen Age. Dans le même temps, elle tournera dans quelques films, s’essaiera à la mise en scène et animera des émissions de radio. Elle s’éteignit en 1944, à l’âge de 79 ans.

Ci-dessous, Yvette Guilbert interprétant J’suis dans l’bottin


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