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Personnalité de la reine Blanche de Castille. Thibaud comte de Champagne, et Louis IX - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Blanche de Castille (La reine) :
main de fer dans un gant de velours
(D’après « Dictionnaire contenant les anecdotes historiques
de l’amour, depuis le commencement du monde
jusqu’à ce jour » (Tome 1), édition de 1811)
Publié / Mis à jour le mardi 25 mars 2014, par LA RÉDACTION


 
 
 
Fille d’Alphonse VIII, roi de Castille, Blanche, petite-fille de la célèbre Aliénor d’Aquitaine, fut l’épouse du roi de France Louis VIII et mère de Saint-Louis. « Il n’y avait, dit un historien, aucune dame qui osât contester à Blanche l’avantage de la beauté, et toutes avouaient qu’elle les surpassait infiniment en bonne mine ; sa beauté n’était altérée, ni par les saisons, ni par les années, et les deux enfants dont elle accoucha n’en diminuèrent ni la fraîcheur, ni la délicatesse. »

L’histoire nous apprend que la beauté de Blanche de Castille (1188-1252) fit une vive impression sur le cœur de Thibaud IV, comte de Champagne (1201-1253) dit le Chansonnier. Les vers et les chansons que son amour lui inspira, dont on trouva notamment quelques vestiges empreints sur les murs de ses châteaux, et surtout à Provins, tout nous prouve que Thibaud était passionnément amoureux de la reine, et tout nous porte a croire qu’il soupira vainement.

Il est à présumer que cette passion commença avant la mort de Louis VIII (1226) ; on dit même que ce prince devenu jaloux, et ayant fait un affront à Thibaud, fut empoisonné : il venait en effet de combattre les Albigeois lorsqu’il tomba malade au château de Montpensier, en Auvergne, où il mourut le 8 novembre 1226 (ce fut pendant cette maladie que, pour sauver la vie du roi on introduisit, d’après l’avis des médecins, une jeune fille dans son lit. Louis qui dormait alors, s’étant réveillé, rejeta le remède qu’on lui présentait, en disant qu’il aimait mieux mourir que de commettre un tel péché. Il ordonna qu’on mariât honorablement cette aimable fille, qui s’était prêtée de si bonne grâce à l’ordonnance des médecins).

Blanche de Castille et Thibaud de Champagne
Blanche de Castille et Thibaud de Champagne
Ce qu’il y a de sûr, c’est que le Comte fut accusé de ce crime ; mais cette mort, soit qu’il y eut contribué ou non, ne le rendit pas plus heureux. Blanche n’écouta ses soupirs que lorsque l’intérêt du royaume le demandait, et on ne lui impute, à cet égard, aucune faiblesse. La malignité lui en reproche une qui n’a peut-être aucun fondement, mais qui augmenta le désespoir de Thibaud. La reine avait, dit-on, pour le cardinal Romain des sentiments très tendres. « C’était un homme poli, élégant et bien fait, et d’un si bon conseil, qu’elle (la reine ) avait une entière confiance en lui. » On interpréta malignement ces égards et les assiduités du prélat ; car les écoliers de l’université « publièrent des chansons et des vers licencieux, qui noircissaient la réputation de la Régente et du cardinal Romain qui la gouvernait. »

Mais, dit un historien, sa chasteté fut impénétrable, et c’était pourtant la vertu qui lui fut plus contestée durant sa vie et après sa mort. On lit encore, ajoute-t-il, les satires qui l’attaquaient par un endroit si délicat, et le pire fut qu’elle donna prétexte à la calomnie. Elle était persuadée d’un des plus dangereux principes dont les dames puissent être prévenues, à savoir qu’il y a des conjonctures, rares à la vérité, mais pourtant possibles, qui leur permettent de négliger les dehors de l’honneur, pourvu qu’elles en conservent inviolablement le solide ; c’est-à-dire que la reine Blanche posait pour fondement de sa politique qu’elle pouvait en conscience tâcher de donner de l’amour aux grands qu’elle désespérait de pouvoir gagner, par une autre voie, dans ses intérêts, lorsqu’il s’agissait d’éviter ou de terminer une guerre civile.

Thibaud, irrité de se voir méprisé, et encore plus de se croire un rival heureux, se jeta, par dépit, dans le parti des princes qui voulaient ôter la régence à Blanche. Il était très intéressant de détacher le Comte de Champagne d’une ligue qui n’était déjà que trop puissante ; un simple compliment de la part de la reine suffit pour le ramener à ses pieds, et le faire rentrer dans son devoir. Les confédérés, que Thibaud avait abandonnés, et qu’il trahissait pour plaire à Blanche, firent l’impossible pour le ramener. Le duc de Bretagne lui fit dire qu’il lui donnerait en mariage, ou à un prince de sa maison, la Princesse Isabelle, sa fille, pourvu qu’il rentrât dans les intérêts de la ligne.

L’offre était brillante, elle séduisit Thibaud : l’affaire fut conclue, et le jour pris pour la cérémonie du mariage qui devait se faire au monastère du Val secret, proche de Château-Thierry. La Régente, qui fut informée de tout, et qui sentait combien il était important d’empêcher une union capable, par ses suites, de bouleverser le royaume, oublia, pour un instant, sa dignité ; elle se rendit auprès de Thibaud : en flattant un peu sa passion, elle le fit changer de résolution ; c’était tantôt une parole obligeante, tantôt un regard favorable que cette habile princesse savait employer à propos. Le comte, que la moindre faveur enflammait de plus en plus, comptait toujours atteindre ce bonheur après lequel il aspirait.

Il se berçait de ces flatteuses espérances, lorsqu’il fut obligé d’y renoncer d’une manière bien désagréable. Le jeune comte d’Artois , fils de la reine, irrité de la faveur et de la hardiesse du comte de Champagne, ordonna un jour à un de ses officiers de lui jeter au visage un fromage mou ; Thibaud ne crut pas devoir rester à la cour, après un pareil affront.

Pour surcroît de malheur, les princes ligués, encore plus irrités contre le comte, depuis sa dernière défection, entrèrent en Champagne et y mirent tout à feu et à sang. Le prétexte de cette irruption était, disaient les confédérés, de venger la mort de Louis VIII qu’ils accusaient Thibaud d’avoir empoisonné. Ce qui prouverait que cette accusation était sans fondement aux yeux du roi Louis IX, c’est que ce prince marcha contre les rebelles, et les força de se retirer.

Cependant il fallait bien que ce soupçon fût un peu accrédité, et qu’on supposât que Blanche n’était pas mal avec Thibaud, puisque cette princesse « ayant envoyé un second ordre aux ligués de sortir de la Champagne, et que s’ils avaient quelque sujet de plainte contre Thibaud, elle était prête de leur en faire justice, tout ce qu’elle en tira, ne fut, à ce qu’on prétend, qu’une réponse insolente et même barbare : Qu’ils avaient pris les armes pour se faire justice eux-mêmes, et non pas pour l’attendre d’une femme qui se déclarait la protectrice du meurtrier de son mari. »

Le comte de Champagne étant devenu, peu de temps après (1234), roi de Navarre par la mort de son oncle Sanche VII le Fort (frère de sa mère Blanche de Navarre), il prit les armes contre le roi ; mais bientôt il fut obligé de les déposer, et d’accepter les conditions qu’on lui imposa. La reine Blanche, qu’il vit après cet accord, lui ayant représenté qu’il était redevable au roi de la conservation de ses états, lui reprocha en même temps son ingratitude en des termes si forts, que ne pouvant rien refuser à cette princesse ce « qui tenait son cœur en chaîné, il lui répondit avec un profond soupir : Madame, mon cœur, mon corps et toutes mes terres sont à votre commandement ; et il n’y a rien qui vous pût plaire, que je ne fisse volontiers ; jamais, si Dieu plaît, contre vous et les vôtres je n’irai. »

Blanche de Castille
Blanche de Castille
Cette protestation et la bonté de la Princesse le rendirent vraisemblablement trop hardi, car il reçut ordre de se retirer de la cour. Un livre fort ancien sur les amours de Thibaud nous apprend en effet que « d’illec se partit tout pensif, et lui venoit souvent en remembrance le doux regard de la royne, et sa belle contenance, lors si entroit en son ame la douceur amoureuse ; mais quand il lui souvenoit qu’elle étoit si haute dame, et de si bonne renommée, et da sa bonne vie et nette, qu’il n’en pourroit ja jouir, si tenoit sa douce pensée amoureuse en grande tristesse, et pour ce que profondes pensées engendrent mélancolie, il lui fut dit d’aucuns sages hommes, qu’il s’étudiât en beaux sons et chants d’instrumens, et si fit-il, car il fit les plus belles chançons et les plus délectables et mélodieuses qui oncques furent oyes en chançons, ni en instrumens, et les fit écrire en sa salle à Provins, et en celle de Troyes, et sont appellées les chançons au roi de Navarre. »

Ce fut à cette occasion qu’il fit les vers suivants :

Amour le veult, et madame m’en prie,
Que je m’en parte, et moult l’en remercie ;
Quand pour le gré madame m’en chastie,
Meilleure raison ne voi à ma partie.

Blanche mourut à l’abbaye de Maubuisson, qu’elle avait fondée. L’abbesse lui donna, avant sa mort, l’habit monastique. On sait qu’elle eut et qu’elle exerça l’empire le plus grand sur le roi son fils [Louis IX] jusqu’à l’empêcher de voir sa femme et de lui témoigner sa tendresse ; aussi était-elle haïe cordialement de la jeune reine : « et la cause pourquoi la reine n’aimoit pas la mère du roi l’étoit pour les grandes rudesses qu’elle lui tenoit ; car elle ne vouloit souffrir que le roi hantât, ne fut en la compagnie de la royne sa femme, ains le défendoit à son pouvoir, et quant le roi chevauchoit aucunes fois par le royaume, et qu’il avoit la royne Blanche, sa mère, et la royne Marguerite, sa femme, communément la royne Blanche les faisoit séparer l’un de l’autre, et n’étoient jamais logés ensemblement ; et advint un jour qu’eus étant à Pontoise, le roi étoit logé au-dessus du logis de sa femme, et avoit instruit ses officiers de salle, en telle façon que quant il vouloit aller coucher avec la royne, et que la royne Blanche voutoit venir en la chambre du roi ou de la royne, ils battoient les chiens afin de les faire crier, et quand le roi l’entendoit, il se mussoit de sa mère ; si trouva celui jour la royne Blanche en la chambre de la royne.

« Le roi son mari qui l’estoit venu voir, pour ce qu’elle estoit en grand péril de mort, à cause qu’elle s’estoit blessée d’un enfant qu’elle avoit eu, et le trouva caché derrière la royne, de peur qu’elle ne le vist ; mais la royne blanche, sa mère, l’apperçut bien, et le viut prendre par la main, lui disant : Venez vous-en, car vous ne faites rien ici, et le sortit de la chambre. Quant la royne vist que la royne Blanche séparoit son mari de sa compagnie, elle s’écria à haute voix : Hélas ! ne me laisserez-vous voir mon seigneur ni en la vie ni en la mort ? En ce disant, elle se pasma, et cuidoit-on qu’elle fut morte, et le roi qui aussi le croyoit, y retourna la voir subitement, et la fit revenir de pamoison. »




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