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31 octobre 1925 : mort de l'acteur, cinéaste et maître du burlesque Max Linder - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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31 octobre 1925 : mort de l’acteur,
cinéaste et maître du burlesque
Max Linder
(Extraits de « Comoedia » du 1er novembre 1925
et « Ciné France » du 19 octobre 1938)
Publié / Mis à jour le samedi 29 octobre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Véritable créateur du comique d’écran, inspirateur du célèbre Charlie Chaplin, Max Linder crée le personnage de « Max », jeune dandy élégant, beau parleur, séducteur, sportif, cascadeur, aux mimiques et aux contorsions jouant avec les limites de la bienséance, toujours mêlé à des aventures loufoques dont il se tire avec brio. Portant, dans ses films muets, costumes élégants, chapeau haut-de-forme et petite moustache, il devient l’une des premières vedettes du cinéma mondial.

Au lendemain du décès par suicide de Max Linder, de son vrai nom Gabriel Maximilien Leuvielle, né le 16 décembre 1883 à Saint-Loubès, en Gironde, le réalisateur Henry Lepage brosse au sein de la revue Comoedia un portrait de sa carrière en ces termes :

On excusera, écrit Henry Lepage, la sécheresse des quelques lignes qui vont suivre, écrites dans la hâte, quelques instants avant la mise en page de ce journal, et écrites surtout sous le coup de l’émotion qui m’étreint, devant la triste nouvelle de la mort de Max Linder — de notre ami Max Linder — car il était notre ami, à tous, et tous ne sauront que rendre hommage à l’esprit de camaraderie qui était un des charmes du caractère de Max Linder. Il devait cet esprit à ses débuts modestes, car, au contraire de la plupart des « parvenus », il n’avait « pas oublié », lui. Nous ne l’oublierons pas, nous.

Max Linder en 1914
Max Linder en 1914

Très jeune, Max Linder s’était senti attiré vers le théâtre et, à 17 ans, nous le trouvons à Bordeaux, sa ville natale, suivant des cours de diction — que donnait M. Caillard, qui devait devenir, par la suite, un estimable metteur en scène de cinéma, le collaborateur et l’ami de son ancien élève. Max Linder débuta, sur la scène, en jouant Les Fourberies de Nérine, Les Romanesques et Le Baiser, et, entre temps, il travaillait les classiques, désireux qu’il était d’être admis aux concours du Conservatoire de Paris. Il ne le fut pas, mais, point découragé, réussit à se faire engager au Théâtre de l’Ambigu, où il parut dans Le Tour du Monde d’un Gamin de Paris, Le Crime d’Aix.

C’est de là qu’il passa au Théâtre des Variétés, où il jouait des utilités, et c’est alors qu’il débuta en 1905, par l’entremise d’un ami, chez Pathé, où on lui fit tourner un petit film, intitulé La première sortie d’un collégien. Il affirma, tout de suite de réelles qualités comiques, un tempérament bien personnel, et tourna, par la suite, toute une série de films très courts : Le premier cigare d’un collégien, Les débuts d’un patineur, etc.

Engagé un jour par un imprésario espagnol, de passage à Paris, pour aller jouer un sketch à Barcelone, en compagnie de Napierkowska, Max Linder eut, hors frontière et pour la première fois, la révélation de sa popularité mondiale. Cela lui fut confirmé encore, peu après, quand il alla jouer un autre sketch au Wintergarten de Berlin et, plus conscient de sa valeur, Max Linder obtint de Charles Pathé, à part de plus importants appointements, une plus grande indépendance, dont il profita pour augmenter considérablement la série de ses films. Les titres de ceux-ci rempliraient au moins une colonne de ce journal. Leur qualité ? On en peut juger en apprenant qu’ils sont encore projetés à l’étranger et que leur succès est toujours aussi vif, après plus de dix ans !

Mobilisé en 1914, Max Linder fit la guerre et, plusieurs fois blessé, fut réformé en 1916. Dès sa démobilisation, il reçut d’intéressantes propositions d’Amérique. Très patriote, il hésita longtemps à les accepter, puis signa tout de même avec l’Essanay Co, un royal contrat pour tourner douze films. Il n’en tourna que trois — Max part en Amérique, Max veut divorcer et Max et son taxi — et, malade, revint en France. Rétabli seulement après de longs mois, il fit sa rentrée à l’écran dans le rôle principal du Petit Café, adaptation cinégraphique de la fameuse pièce de Tristan Bernard. Il partit de nouveau en Amérique, où il tourna Sept ans de malheur, Soyez ma femme et L’Étroit Mousquetaire, tout en faisant pour le film français aux Etats-Unis la plus active, la plus intelligente et la plus désintéressée propagande.

Affiche du film Max jaloux ou Jalousie, de Max Linder et René Leprince avec Jane Renouard (1913)
Affiche du film Max jaloux ou Jalousie, de Max Linder et René Leprince avec Jane Renouard (1913)

Revenu en France, toujours souffrant, il resta de longs mois sans rien produire : puis, en collaboration avec une firme de Vienne, réalisa Le Roi du Cirque qui triomphait tout dernièrement sur les Boulevards et fait encore actuellement son tour de France. Il y a quelques mois, il avait commencé de tourner un nouveau film : Barkas le Fol, qu’il poursuivait malgré d’incessantes difficultés et une santé précaire.

Tels sont les grands points de la magnifique carrière de Max Linder, l’un des rois du cinéma international ; de Max Linder, qui, s’il a connu la chance à ses débuts et le succès persistant, le doit surtout à un grand et courageux travail et à la foi profonde qu’il avait dans cet art muet, servi fidèlement jusqu’à la fin.

* * * * * * * *

En 1938, treize ans après la disparition de Max Linder, le compositeur de musiques de films Raymond Berner, qui avait côtoyé l’acteur les derniers mois de sa vie, revient dans la revue Ciné France sur cette période et les jours qui ont précédé le drame :

Certaines de nos lectrices, certains de nos lecteurs, écrit Raymond Berner, se souviennent sans doute encore de l’émotion et de l’étonnement qu’ils ont ressentis, un matin de novembre 1925, en ouvrant leur journal : Max Linder, le grand, l’inimitable Max Linder venait de se donner la mort dans les circonstances les plus affreuses, entraînant avec lui sa jeune femme, et laissant orpheline une adorable petite fille...

Si la nouvelle surprit ceux qui ne connaissaient de Max que son reflet sur l’écran, par contre elle était attendue par tous ceux qui avaient eu l’occasion de l’approcher dans sa vie réelle et quotidienne, qui savaient quel abîme de mélancolie et de désespoir s’ouvrait à deux pas de la fantaisie, de l’humour, de la gaieté factice et professionnelle de ce grand amuseur des foules — un des plus grands que le cinéma ait comptés...

Je l’avais beaucoup connu durant les derniers mois de sa vie. Il habitait près du Champ-de-Mars, et c’est là que je le vis pour la première fois. Il était de petite taille, l’œil vif, la main durcie par la pratique de l’escrime. Mais le visage était ravagé, presque effondré, avec une grande ride verticale sur la joue.

Dans son bureau, une photo de Charlie Chaplin trônait. On y lisait cette dédicace, dont il n’était pas peu fier : « A Max Linder, son élève et son disciple Charles S. Chaplin ». Et c’était vrai. Max Linder avait été réellement le grand initiateur de Charlot, et les meilleurs films en deux bobines : Max pédicure ou Max fait la bombe, valent les premiers Charlot. Après avoir fait une carrière étonnante en France, Max était parti pour l’Amérique où il avait tourné plusieurs productions, notamment une parodie des Trois Mousquetaires. De retour en France, il s’était marié avec une très jeune femme — vingt ans de moins que lui ! — qu’il avait rencontrée aux sports d’hiver.

Un an plus tard, une fillette naissait de cette union, mais le bonheur ne devait pas demeurer longtemps dans ce ménage qui, pourtant, en possédait tous les éléments. Max était riche, sa femme était jolie et leur fillette ravissante. Mais l’artiste, en dépit de son affectation d’énergie, était un faible, un capricieux, un lunatique. La jalousie le tourmentait, la neurasthénie l’assombrissait. En fait, sa santé était très mauvaise, et il est probable qu’il se droguait. Dès qu’on pénétrait un peu dans son intimité, il se plaignait amèrement de la mésentente qui régnait dans son ménage, et il était bien difficile de discerner lequel des deux conjoints était le principal responsable. Il accusait sa femme de froideur, d’ingratitude, tout en donnant l’impression d’un homme en proie à la manie de la persécution.

1925. Il a fait construire un magnifique hôtel particulier à Neuilly, mais il part pour la Suisse, essayer de se refaire une santé. Il doit tourner un grand film : Le Chevalier Barkas, où ses qualités d’acrobate pourront se donner libre cours. Il passe par des alternatives d’enthousiasme juvénile et de dépression profonde. Puis il abandonne l’idée de tourner Barkas et caresse un moment le projet d’un film sur la Légion d’honneur. En septembre, il est de retour à Paris avec une nouvelle idée : il veut mettre à l’écran Le Chasseur de chez Maxim’s.

Charlie Chaplin et Max Linder
Charlie Chaplin et Max Linder

Je rencontrai Max Linder un matin, dans un palace de la rive gauche. Il était terriblement agité. La veille, il avait eu une longue syncope, et on l’avait ramassé par terre, dans sa chambre. Depuis quelques mois, il ne faisait que décliner, et j’avoue que ce jour-là il me fit la plus pénible impression, étalant sa déchéance et ses misères avec une impudeur gênante.

Quelques mois plus tôt, en tournant à Vienne Le Roi du cirque, il avait tenté de s’empoisonner en absorbant une quinzaine de cachets de véronal. Pour moi, en quittant Max ce matin-là, j’eus nettement le pressentiment qu’un événement tragique ne tarderait pas à se produire... C’est par les journaux que j’appris six semaines plus tard l’affreuse fin : Max et sa femme, découverts baignant dans leur sang... Ils avaient absorbé un somnifère et s’étaient ouvert les poignets. On les transporta dans une clinique où ils moururent l’un et l’autre sans avoir repris connaissance.

On n’a jamais su exactement ce qui s’était passé. La jeune femme a-t-elle consenti à suivre son mari dans la mort, ou bien celui-ci l’a-t-il « suicidée par persuasion », lui sectionnant les artères avant de-se taillader lui-même les poignets ? Scène de cauchemar devant laquelle l’imagination recule épouvantée...

Un douloureux procès fut plaidé, à la suite duquel la pauvre petite orpheline fut confiée aux soins de la famille de Max selon la volonté qu’il avait formellement exprimée dans son testament.

Quoi qu’il en soit, cet être qui avait fait rire des millions de spectateurs, celui qui avait été le véritable créateur du comique d’écran, celui qui avait su rester si français dans ses inventions et avait conquis une gloire universelle, connut la plus atroce déchéance, la neurasthénie la plus noire, la dépression nerveuse la plus profonde. Et aujourd’hui encore, je ne puis évoquer sans frémir l’image de ce petit homme si sémillant, au sourire resté si jeune malgré tout, gisant, exsangue et râlant, auprès de sa femme mourante.

La mort de Max Linder ? Quelque chose comme un Mayerling du cinéma...

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