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Nicolas-Louis Vauquelin. Portrait, biographie, vie et oeuvre du savant - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Vauquelin (Nicolas-Louis)
(1763-1829) :
un des pères de la chimie moderne
(D’après « Le Magasin pittoresque » paru en 1866)
Publié / Mis à jour le jeudi 23 juillet 2015, par LA RÉDACTION


 
 
 
Figure illustre de la chimie moderne, Vauquelin, né dans un village du Calvados le 16 mai 1763 de parents pauvres, découvrit le chrome et le béryllium, avant d’isoler le principe actif du tabac que constitue la nicotine, tenant également et notamment les postes de professeur à l’École des mines et à Polytechnique, ses cours étant suivis par de nombreux chimistes. Au nombre des fondateurs de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale en 1801, il fut l’un des premiers à recevoir la Légion d’honneur lorsqu’elle fut créée.

De la chaumière dont nous donnons ci-dessous une représentation, l’une des plus humbles de Saint-André-d’Hébertot, village peu connu du Calvados, partit, en 1777, avec la bénédiction de sa mère et un écu de six livres dans sa poche, un pauvre enfant d’un peu plus de dix ans, le petit Colin, depuis Nicolas-Louis Vauquelin, un des pères de la chimie moderne. Le jeune voyageur s’arrêta dans la ville de Rouen, et, muni d’une lettre sans doute, alla offrir ses services à un pharmacien nommé Mézaize, qui faisait chez lui des cours de physique et de chimie.

Maison où est né Vauquelin, en 1763, à Saint-André-d'Hébertot (Calvados). Dessin de Paul Huet.
Maison où est né Vauquelin, en 1763, à Saint-André-d’Hébertot (Calvados). Dessin de Paul Huet

Le petit Colin, assez bien accueilli, témoigna sa reconnaissance en travaillant de son mieux à entretenir le feu des fourneaux de l’officine. Tout en soufflant, il saisissait à la volée les paroles du pharmacien professeur. Après son travail du jour, et à l’aide de quelques livres que lui prêtaient les élèves, il rédigeait la nuit ce que sa mémoire avait retenu. Par malheur, son maître, on ne sait pourquoi, blâma cet emploi que l’apprenti faisait de ses heures de loisir, et détruisit même le manuscrit qui lui avait coûté tant de peine.

Vauquelin se sentait appelé à quelque chose de plus qu’à une condition de simple domesticité. Il résolut de se rendre à Paris. Il y débuta tristement. Épuisé de fatigue, mal nourri, il tomba malade, et fut forcé d’entrer à l’hôpital : ce fut, du moins, la dernière tribulation de sa jeunesse. De retour à la santé, il rencontra un pharmacien bienveillant, M. Chéradame. Cet homme instruit et généreux recevait souvent les visites du jeune Fourcroy, dont Vauquelin devint l’ami. « On touchait à l’époque où le chaos qu’on appelait chimie allait s’éclaircir. De l’ensemble des phénomènes mieux vus, des liens d’affinité trouvés et coordonnés en dernier lieu par Lavoisier, se forma la nouvelle chimie. »

Encouragé par Fourcroy, Vauquelin étudia la physique, l’anatomie, la physiologie, l’histoire naturelle, s’initia par degrés à l’art profond et délicat des analyses où il a excellé, et de garçon de laboratoire s’éleva peu à peu au rang des chimistes les plus distingués.

Le 30 juillet 1793, Vauquelin fut nommé professeur de chimie à l’Ecole de pharmacie, dont il devint plus tard le directeur. On peut suivre dès lors les différentes étapes de sa marche laborieuse et glorieuse. Le comité de salut public avait nommé Vauquelin professeur à l’École des mines. Vauquelin ne s’occupait guère de ce que faisait le tribunal révolutionnaire. Il travaillait. Un jour, un individu poursuivi se précipita dans son atelier : le chimiste s’empressa de l’affubler d’un tablier et de lui noircir le visage et les mains. « Que voulez-vous ? dit-il à ceux qui poursuivaient cet homme. Il n’y a personne ici que mon aide et moi. Cherchez. » Et l’homme fut sauvé.

Quelque temps après, la France avait à lutter contre l’Europe entière, et on manquait de poudre. Vauquelin partit pour les départements, en fit sortir des milliers de tonneaux de salpêtre, et ainsi le savant, non moins que le soldat ou le marin, contribua à la délivrance et à la gloire de la patrie.

Six ans plus tard, en 1801, le préfet de la Seine, Fouché, adressait cette lettre à Vauquelin : « Citoyen, recevez mes remerciements pour les soins que vous avez bien voulu donner au concours général des écoles centrales et le zèle que vous avez mis à le diriger. Fiers d’être jugés par de tels maîtres, nos jeunes élèves ont redoublé d’ardeur pour que leur travail fût digne de vous être soumis ; et j’aime à penser aussi que leurs parents, qui ont su apprécier votre complaisance à descendre avec leurs fils aux détails élémentaires de l’enseignement, vous ont voué une reconnaissance dont je me plais à être l’organe. »

Nicolas-Louis Vauquelin
Nicolas-Louis Vauquelin

En décembre 1797, l’administration centrale du département de la Seine avait nommé Vauquelin essayeur du bureau des garanties des matières d’or et d’argent à la Monnaie, à la suite d’un rapport signé Leblanc, sur les candidats à cette place. « Vauquelin, dit le consciencieux rapporteur, occupé de recherches utiles aux arts et au commerce, ne cesse de faire des découvertes depuis dix ans : on lui doit d’excellentes observations sur la préparation de l’alun, l’épreuve des salpêtres, l’analyse des eaux, celle des pierres, des minéraux de toutes espèces. Il a trouvé un nouveau métal dans le plomb rouge de Sibérie et dans l’émeraude ; il a découvert l’analyse des os, connue aujourd’hui sous la dénomination de phosphate de chaux cristallisée dans la crisolite ; l’acélitte de potasse ou terre follicée, dans les sucs et les extraits des plantes, etc.

« Mais je vous entretiendrais longtemps si je faisais ici l’énumération de tous les travaux de ce chimiste, qui à un grand talent réunit la modestie et les moeurs d’un homme toujours recommandable à ses concitoyens. L’immense quantité d’expériences de chimie qu’il a faites pour les cours du citoyen Fourcroy, pour les siens et pour l’Ecole des mines, ont souvent compris des essais d’or et d’argent ; et je puis assurer, sans crainte d’être jamais contredit, que si Vauquelin n’a pas surpassé tous les chimistes, il a au moins égalé les plus grands maîtres, et il est encore certain qu’aucun d’eux ne dédaignerait les leçons que chacune des expériences qu’il dirige ne manque jamais d’offrir à tous ceux qui en sont les témoins ou qui les méditent. Vauquelin, enfin, est reconnu par tous les savants comme l’un des premiers chimistes de l’Europe. »

Vauquelin avait alors trente-cinq ans. En l’an 1801, il quittait l’École des mines pour entrer au Collège de France. A cette occasion, le conseil des mines lui écrivit : « Citoyen, vous allez recevoir une lettre du ministre de l’Intérieur, qui, ainsi que nous, vous regarde comme faisant toujours partie du corps des officiers des mines, dont vos savantes recherches docimasiques ont servi à perfectionner l’art. Mais nous comptons encore beaucoup sur votre zèle pour faciliter les progrès de la science que vous avez créée en France, et votre attachement pour nous nous fait espérer que vous continuerez le traité de docimasie dont vous avez commencé à vous occuper et qui sera d’une si grande utilité pour nos travaux. Nous n’avons pu insister sur nos réclamations relativement à la marque de confiance que le ministre vous a donnée en vous appelant à une autre place, comme juste récompense de vos utiles travaux ; mais nous vous demandons de vous réunir à nous le plus fréquemment qu’il vous sera possible, de continuer à soutenir nos efforts : les moments que vous nous donnerez seront également précieux pour la science et pour l’amitié ; ils adouciront la peine que nous éprouvons à nous séparer de vous. »

Timbre émis pour le bicentenaire de la naissance de Vauquelin
Timbre émis pour le bicentenaire de la naissance de Vauquelin

En 1804, Vauquelin succédait à Brongniart comme professeur administrateur du Muséum d’histoire naturelle, dont Fourcroy était directeur. Deux ans plus tard, il était nommé examinateur à l’École polytechnique, dont il était l’un des professeurs depuis 1795. « La présence de cet illustre savant fera d’un examen un véritable encouragement pour les élèves », écrivait le ministre de l’Intérieur Champigny au gouverneur de l’École, qui répondait à Vauquelin : « Quel honneur pour nos élèves d’être interrogés par un savant qui aura pour eux la plus grande indulgence et une bonté paternelle ! » Installé au jardin du Roi, au milieu de l’illustre colonie du jardin des Plantes, Vauquelin y jouit pleinement du fruit de ses travaux et de sa gloire. Toutes les sociétés scientifiques de France et d’Europe veulent le compter au nombre de leurs membres correspondants, et payent ainsi à ses talents et à son caractère le tribut de la plus complète considération.

Lors de la constitution des lycées, des académies, des corps savants, Vauquelin eut sa place partout. Quand on créa la Légion d’honneur, il en fut l’un des premiers légionnaires. On le fit chevalier de l’empire, et il eut un blason tout chimique : « la croix d’honneur entre trois creusets. » Plus tard, il fut fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel, et, en 1827, élu député de son département.

Vauquelin était d’une taille élevée, d’une physionomie ouverte et calme, qui réfléchissait la sérénité de son esprit et qu’animaient deux grands yeux noirs où se peignaient à la fois l’intelligence et la bonté. Il était d’un dévouement, d’une modestie, d’une simplicité de manières admirables. Dans les épanchements de son coeur, il aimait à parler du lieu de sa naissance, de l’humilité de sa condition première et des rudes épreuves de ses commencements.

Chaque année il faisait le voyage d’Hébertot, non pour y promener l’orgueil de sa célébrité, mais pour honorer sa mère, assurer son bien-être et celui de ses frères. C’est là que la mort le surprit à la suite d’une maladie assez prolongée, conséquence peut-être de la nature de ses travaux, à l’âge de soixante-six ans, le 14 novembre 1829.




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