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15 janvier 1815 : mort de l'actrice de théâtre Mademoiselle Raucourt - Histoire de France et Patrimoine


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15 janvier 1815 : mort de l’actrice de théâtre
Mademoiselle Raucourt
(D’après « Biographie universelle ancienne
et moderne » (Tome 37), paru en 1824)
Publié / Mis à jour le samedi 14 janvier 2017, par LA RÉDACTION


 
 
 
D’une beauté extraordinaire, d’une taille majestueuse, d’une intelligence rare, Françoise Raucourt fut adulée dès ses 14 ans et cristallisa bientôt les jalousies, les affronts les plus humiliants succédant aux témoignages d’intérêt des plus grands seigneurs de la cour

François-Marie-Antoinette Saucerotte dite François Raucourt ou Mademoiselle Raucourt, naquit à Paris le 3 mars 1756, de François-Éloi Saucerotte, comédien de province, et d’une femme attachée au service domestique du roi de Pologne Stanislas. Son père, qui avait débuté deux fois à la Comédie-Française, sans pouvoir obtenir un ordre de réception définitive, l’emmena avec lui dans ses excursions à l’étranger ; et l’on tient d’elle qu’à peine dans sa douzième année, elle avait déjà joué en Espagne quelques rôles de tragédie.

Vers la fin de 1770, Belloy, ayant fait représenter à Rouen Gaston et Bayard, qui n’avait point encore été donné à Paris, eut à s’applaudir du choix qu’on avait fait de la jeune Raucourt pour le rôle d’Euphémie. On trouve, dans le Mercure de janvier 1771, des vers d’après lesquels il est permis de croire que le succès de la pièce fut dû, en grande partie, au talent de l’actrice , âgée de quatorze ans et demi.

Françoise Raucourt
Françoise Raucourt

Le bruit de cette brillante représentation, s’étant répandu dans la capitale, éveilla la curiosité des premiers gentilshommes de la chambre qui Ils mandèrent la jeune Raucourt, lui firent donner des leçons par Brizard ; et ce fut comme élève de cet acteur qu’elle fit son début à Paris, le 23 septembre 1772. Elle joua le rôle de Didon. Le public l’accueillit avec un enthousiasme dont il y avait eu peu d’exemples. Jamais on n’avait vu une plus belle femme ; et jamais actrice, à son âge, n’avait fait briller de plus heureuses dispositions. Elle joua ensuite les rôles d’Émilie, d’Idamé, de Monime ; et, pendant plus d’un an, ses débuts attirèrent au théâtre une foule extraordinaire.

Il est facile de deviner qu’une vogue si prodigieuse lui suscita plus d’une ennemie parmi les autres reines de théâtre. Mme Vestris, surtout, semblait devoir en être jalouse. Un jour que la belle débutante débitait avec feu le monologue d’Émilie (de Cinna), un chat se mit à miauler d’une façon si singulière qu’on ne put s’empêcher d’en rire : « Je parie, cria un plaisant, que c’est le chat de Madame Vestris ». Tous les auteurs dramatiques, suivant l’usage, s’empressèrent auprès de la nouvelle Melpomène ; de graves académiciens lui adressèrent de petits vers : Voltaire même lui écrivit un billet flatteur. Le roi, la dauphine, les plus grands seigneurs de la cour lui donnèrent, à l’envi, des témoignages d’intérêt ; et l’on ne manqua pas de remarquer, avec quelque malice, que Mme du Barry lui fit un jour de riches présents, en lui recommandant d’être sage.

Mais, parvenue si rapidement à ce haut degré de prospérité, Mlle Raucourt ne pouvait tarder à éprouver l’inconstance de la fortune. On s’attacha d’abord à lui faire perdre la réputation de vertu qui semblait ajouter à l’éclat de son talent, et à laquelle, il faut l’avouer, elle mettait elle-même trop peu de prix ; puis on alla jusqu’à lui supposer des travers qui la brouillèrent avec ses adorateurs les plus disposés à lui pardonner des faiblesses naturelles. Enfin, soit que la calomnie lui eût aliéné l’esprit public, soit qu’elle eût réellement perdu, dans la dissipation, le fruit de ses premières études, elle eut bientôt le chagrin d’entendre le bruit du sifflet succéder aux acclamations de l’enthousiasme ; et, après avoir souffert pendant deux ans et demi les affronts les plus humiliants, elle prit le parti de quitter brusquement la scène.

Un peu avant son départ, cependant, elle avait eu un retour de fortune : on l’avait trouvée si belle dans le rôle de Galatée (de Pygmalion) que la foule s’était portée au théâtre pour l’y voir. « Il est impossible, écrivait à ce sujet La Harpe, d’imaginer une perspective plus séduisante que cette actrice, en attitude sur son piédestal, au moment où l’on a tiré le voile qui la couvrait. Sa tête était celle de Vénus, et sa jambe, à moitié découverte, celle de Diane. »

Mais ceux-mêmes qui affectèrent le plus de louer sa « beauté divine », furent, en même temps, ceux qui décrièrent avec le plus d’acharnement ses mœurs et son talent. Ce fut en juin 1776, que Mlle Raucourt disparut subitement, laissant ses camarades dans l’embarras pour la représentation d’une tragédie nouvelle, et donnant à ses nombreux créanciers un juste sujet d’alarmes. Après avait fait une courte station dans l’enclos du Temple, refuge des débiteurs insolvables, la belle fugitive voyagea dans les cours du Nord, d’où elle revint bientôt en France pour s’attacher à une troupe de comédiens qui jouait devant la cour à Fontainebleau. Elle eut le bonheur d’y recouvrer les bontés de la reine ; et, grâce à la protection de cette auguste princesse, elle rentra au Théâtre-Français, le 28 août 1779, par le rôle de Didon, où elle eut de nouveau un brillant succès.

Cette rentrée, néanmoins, ne fut pas complètement heureuse : la comédie était alors livrée aux plus furieuses cabales. Mlle Raucourt fut sifflée outrageusement dans le rôle de Phèdre, non pour y avoir mal joué son personnage, quoiqu’à la vérité elle n’eût jamais su rendre avec un vrai pathétique les sentiments tendres et passionnés, mais parce qu’on lui supposait des projets hostiles contre deux actrices justement aimées du public. Elle eut, à ce sujet, le bon esprit de détruire, par une lettre modeste, insérée au Journal de Paris, la fausse idée qu’on avait de ses prétentions ; et, à dater de cette époque de sa vie, Mlle Raucourt n’eut plus à se plaindre du parterre.

Elle ne tarda même pas à réparer, par des études sérieuses, le temps qu’elle avait perdu jusque-là dans les plaisirs ; et ses progrès rapides furent généralement remarqués. Ce fut dans ce temps que Dorat lui adressa, sous le voile de l’anonyme, l’Épître qui commence ainsi : « Toi, la plus belle des Didons », petite pièce qui dut un moment de vogue à quelques idées licencieuses revêtues d’une gaze légère.

Dans les premiers temps de la Révolution, cette actrice, dont le cœur était bon, et qui n’avait point oublié les bienfaits de la cour, eut le courage de s’en montrer reconnaissante : aussi les Jacobins de l’époque ne manquèrent-ils pas de la comprendre dans l’acte d’accusation dressé, en septembre 1793, contre la Comédie-Française. Elle passa six mois en prison ; et, comme plusieurs de ses camarades, elle ne dut la vie qu’au zèle désintéressé d’un employé du comité de Salut public, Charles-Hippolyte Labussière, qui avait eu soin d’anéantir plusieurs des pièces à la charge des détenus. On sait quel fut ensuite le sort des comédiens français : après s’être réunis à l’Odéon, ils passèrent au théâtre de la rue Feydeau ; et Mlle Raucourt, suivie de quelques dissidents, fonda, rue de Louvois, un second Théâtre-Français, dont elle eut l’administration.

Puissamment secondée par Larive, Saint-Fal et Saint-Prix, et plus encore, peut être, par l’opinion publique, qui n’avait jamais été aussi fortement prononcée contre les révolutionnaires, elle semblait devoir faire, en peu de temps, une fortune brillante, lorsque les événements du 18 fructidor (4 septembre 1797), renversèrent toutes ses espérances. En haine des sentiments qu’elle professait, le Directoire exécutif se fit un devoir de l’exproprier ; et ce fut seulement à la réunion générale des comédiens français, en 1799, que le sort de cette actrice se trouva définitivement fixé.

Costume de Mademoiselle Raucourt dans le rôle de Cléopâtre de Rodogune, pièce de Pierre Corneille
Costume de Mademoiselle Raucourt dans le rôle de
Cléopâtre de Rodogune, pièce de Pierre Corneille

Bonaparte, qui aimait le talent profond et énergique de Mlle Raucourt, lui accorda une protection toute particulière. Non content de lui donner, sur sa cassette, une pension considérable, il la chargea de l’organisation des troupes de comédiens français qui devaient parcourir l’Italie. Le 12 octobre 1806, elle fit l’ouverture du théâtre de Milan, par une représentation d’Iphigénie en Aulide, où elle joua le rôle de Clytemnestre. Quelque gratitude qu’elle témoignât pour un protecteur si généreux, elle n’oubliait pas que les princes de la famille royale l’avaient, avant lui, comblée de bienfaits ; aussi fut-ce avec une grande joie qu’elle vit arriver le jour de la Restauration. Présentée, en audience particulière, à Monsieur, frère du roi, alors lieutenant général du royaume, elle en reçut des marques de bonté qui la pénétrèrent de reconnaissance.

Mais elle ne put jouir longtemps de son bonheur : attaquée presque subitement d’une maladie inflammatoire, elle y succomba le 15 janvier 1815, âgée de cinquante-neuf ans. On prétend que se voyant mourir, elle conserva assez de sang-froid pour dire en souriant : « Voilà la dernière scène que je jouerai ; il faut la jouer d’une manière convenable. » L’infortunée était loin de prévoir, sans doute, qu’un autre rôle lui était encore réservé. Un événement, dont la malveillance ne manqua pas de se réjouir, donna aux obsèques de cette actrice un éclat qui affligea profondément les hommes sensés. Le clergé de Saint-Roch, ayant refusé l’entrée de cette église au corps de la défunte, eut la douleur de voir une multitude égarée enfoncer les portes du sanctuaire, et se livrer aux désordres les plus scandaleux. La foule accompagna ensuite le convoi au cimetière du Père Lachaise, où la sépulture de Mlle Raucourt est maintenant indiquée par un beau buste en marbre, qui reproduit fidèlement les traits de cette tragédienne.




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