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Golfier de Lastours : le Chevalier du Lion (Limousin) - Histoire de France et Patrimoine


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Légendes, Superstitions

Légendes, superstitions, croyances populaires, rites singuliers, faits insolites et mystérieux, récits légendaires émaillant l’Histoire de France


Seigneur limousin (Un) s’attache l’amitié
d’un lion lors de la première croisade
(D’après « L’Écho de la Corrèze », paru en 1892)
Publié / Mis à jour le mardi 23 juin 2015, par LA RÉDACTION


 
 
 
Parmi les seigneurs limousins qui prirent part à la première croisade, les vieilles chroniques citent le nom de Golfier de Lastours. Il était fils de Guy le Noir (ou Tête-Noire) qui construisit Pompadour et fut seigneur de ce dernier fief, de Nexon et d’Hautefort. La légende affirme qu’il s’attacha à l’occasion de son séjour en Terre-Sainte l’amitié d’un lion en le délivrant des assauts d’un serpent...

Les récits des annalistes le représentent comme un des ces hommes extraordinairement forts et courageux, ayant toutes les apparences de ces héros, sorte de demi-dieux, dont parlent Homère, l’Arioste et les auteurs des chansons de geste, en leurs épopées grandioses. En Palestine, il se fit remarquer, par sa bravoure, dans la fameuse défense du pont d’Antioche, où soixante chevaliers tinrent tête à une nombreuse armée musulmane ; au siège de Marrah où, dans l’assaut, il s’avança hardiment le premier.

Siège de Jérusalem en 1099
Siège de Jérusalem en 1099

La chronique de Vigeois, qui appelle Golfier, Gouffier le Grand, rapporte qu’un jour, en Terre-Sainte, les rugissements d’un lion épouvantaient les Croisés ; Golfier s’avança résolument vers la forêt, et trouva, là, un lion aux prises avec un énorme serpent qui était sur le point de l’étouffer, en l’enserrant dans ses anneaux. Le noble chevalier, une dague à la main — présent d’Eustorge le Prêtre —, s’élance sur l’affreux reptile aux cris de : « Hautefort ! Pompadour ! » et l’abat, puis le coupe en morceau.

Le lion râlait, saignait de toutes parts. Golfier s’approchant de l’animal, le caressa et le conduisit ensuite à une source où il lui prodigua ses soins. La bête domptée, reconnaissante, s’attacha à ses pas, le suivit comme un chien, et, dans les mêlées ardentes où son maître combattait, on vit le lion mordre à belles dents les Sarrasins.

Lorsque Golfier revint en France, après la prise de Jérusalem, où il s’était distingué, ainsi que son compagnon, il fut s’embarquer, suivi du lion, dans le port de Jaffa, sur une galère génoise. Le maître du navire, effrayé de la présence de l’animal, refusa de le laisser monter à bord et force fut à Golfier de Lastours de le laisser sur le rivage, malgré ses regrets.

Mais lorsque le navire leva l’ancre et qu’il eut pris la haute mer, on vit le lion se jeter à l’eau, nager vers la galère qui amenait son maître, et pousser de longs rugissements de douleur. Toutefois, secoué, entraîné par les flots, il s’enfonça, disparut, puis remonta sur la mer, mort !...

Golfier de Lastours mourut en Limousin, dans ses terres, et fut enterré au Châlard, où on voit encore son tombeau, dans l’église. Sur le monument funéraire, un lion, tracé en relief, repose aux pieds du chevalier, un serpent de même gît aux pieds de sa femme, Agnès d’Aubusson, enterrée aux côtés de son noble époux.

L’épisode du lion de Golfier de Lastours a donné lieu à un très grand nombre de récits et de poèmes. Le troubadour Grégoire Béchade, qui était le parent du seigneur d’Hautefort, chanta ce glorieux exploit. Le poète allemand Friedrich Kind en fit le héros de sa ballade Le Lion, sous le nom altéré de Godefroy de la Tour. A la fin du XIXe siècle, le grand poète limousin Joseph Roux, dans son Epopée limousine, a consacré une de ses plus belles cansous à Golfier, cansou qui valut à son auteur un prix aux fêtes latines de Montpellier, en 1878. En 1885, un autre poète allemand, J. Schœfer, fit sur le Chevalier du Lion un poème, que le Dr Meilhac traduisit, en 1890, dans le Conciliateur de Brive. Nous reproduisons ci-dessous cette traduction :

I.
C’est bien le grondement du lion. Le cheval tremble. L’homme saisit son épée. Le hallier remue, c’est le débouché du lion — pêle-mêle, dans l’étreinte, tordus, massés, roulés, un lion qu’enlace un monstrueux serpent — le lion se raidit, rugit —, plus fort le serpent câble — étreinte à mort ! le lion râle.

Saint Michel, voudrais-tu la victoire du serpent !... Au clair l’épée... et la tête du serpent bondit et roule. — La forte lame est encore brandie. Faut-il tuer aussi le lion, — le sang de l’homme va-t-il rougir les crocs de l’animal ?

L’épée décline. Le lion n’a aucune envie de meurtre. Doux comme un agneau, il s’attache au chevalier et le flatte de caresses comme un jeune lévrier. Il le suit dans les bois, dans les plaines, toujours sur ses talons, jusqu’au camp des Chrétiens.

II.
Là-bas au milieu des croissants dorés on entend le cri — par Mahomet — et d’autre part retentit : Christ est notre sauvegarde ! — Comme présage de victoire aux drapeaux de la croix. Et la lutte s’engage — Et dans les nuées de sable a disparu la cavalerie croisée insouciante de l’ardeur funeste du soleil.

La victoire oscille — plus lourd est le nombre des sabres recourbés — d’une main plus vaillante, les chrétiens serrent les lames droites. Attention au chevalier ! — Quelle prouesse lui fait oser cette charge ?

Juste au milieu de l’ennemi, l’étendard vert est son but. — Comme jadis le lion dans l’embûche du serpent, le voilà cerné par l’ennemi joyeux de la prise. Prisonnier !... non par le Saint-Gréal !... ou la mort ou la victoire ! Les amis ne sont pas loin. Et le glaive tournoie enfonçant ses mortelles estafilades.

Mais quel tapage ? le Lion ! le Lion ! — Il fonce comme une flèche. et comme la paille devant la rafale, ainsi la fuite des Turcs. Si le roi du Désert vient frayer la route aux Chrétiens, vaine serait la résistance contre un pareil sortilège. Le chevalier salue la bête reconnaissante : « Voyez, elle a rompu la chaîne et la geôle, parce qu’il fallait sauver la vie de son libérateur. Jésus, tu as omis le lion comme ton champion... toi, le lion de la Lignée de Judas. »

III.
Voilà le vaisseau qui ramène l’ancre. Le vent du sud emplit la voile et dans les chaloupes vont les passagers las de l’exil. « Encore un chevalier et aussi, par Jésus, un lion avec lui, s’approche. » — D’une poussée craintive, la rame écarte la barque de la plage.

« Laissez-moi entrer vers ma femme et mes enfants. Je suis malade à mourir ! Ce lion laissera chacun de vous lui prendre la crinière. Vous refusez ? Adieu, ma fidèle bête — Puisque les hommes ont peur, nous nous quittons et le désert reprendra en toi sa parure. D’un saut il s’embarque... sur la rive le lion est demeuré, pendant que le navire cinglait. D’un bond voilà le lion à la nage dans la baie. — Atteindra-t-il le vaisseau ? Il faudrait nager comme un squale... et la force va lui manquer.

Oh ! Laissez-le aborder ; à la proue de votre nef l’image de saint Marc brille et vous guide parmi la mer farouche. Cette étoile de la patrie lointaine, saint Marc a le lion pour emblème favori. Laissez-le entrer... Arrêtez, déjà la force lui manque.

Comme étouffé, il rugit. Ayez pitié... Dieu ! il a disparu... disparu... mais non son image. Elle s’attache désormais à mon cimier, à mon pavois.

Dans sa Littérature du Moyen Age, Gaston Pâris signale un roman de chevalerie : Le Chevalier du Lion, appartenant au cycle des chevaliers de la Table-Ronde, du roi Arthur, dont Chrétien de Troyes serait l’auteur ; son travail aurait été traduit en allemand par Hartmann d’Hue, en gallois, en anglais et même en norvégien.

D’après le roman de Chrétien de Troyes, qui, à n’en pas douter, a été emprunté aux exploits de Golfier de Lastours, il s’agirait d’un chevalier nommé Yvains qui va prêter l’appui de son bras à une noble dame dont le comte Aillier s’est fait l’ennemi. Yvains bat le comte Aillier qui lui remet son épée. La dame reconnaissante offre sa main à son sauveur.

Mais celui-ci refuse et repart après quelques jours de repos. Il avait longuement marché sans avoir rencontré d’aventures, lorsqu’il entendit, dans une forêt, des cris qu’il attribua à ceux d’un animal blessé. Il y court et voit un lion superbe aux prises avec un énorme serpent dont la gueule vomit des flammes. Yvains s’approche en se couvrant de son bouclier ; d’un coup de sa bonne épée il tue le serpent,

Et en deux moitiés le tronçonne.

Le lion délivré et reconnaissant, plein de tendresses pour son libérateur, s’attacha à lui et ne le quitta plus. Dans un grand nombre de combats singuliers qu’Yvains eut à soutenir, le lion lui prêta son appui et son intervention ne fut pas sans faire pencher toujours la balance du côté de son maître. Le trouvère ne dit pas ce que devint le lion quand Yvains eut retrouvé sa femme, dont la recherche fait le fond du poème du Chevalier du Lion.




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