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Coutumes et traditions. Cadeaux aux amoureux évincés en Bretagne. Mariages manqués - Histoire de France et Patrimoine


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Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Singuliers présents distribués aux
amoureux évincés en Bretagne
(D’après « Mélusine : Revue de mythologie,
littérature populaire, traditions et usages », paru en 1901)
Publié / Mis à jour le mercredi 26 octobre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Les amoureux évincés étaient jadis l’objet, en Bretagne notamment, d’un cérémonial singulier, se voyant par exemple remettre un bouquet de saule la veille au soir du mariage avec le ou la nouvel(le) élu(e), ou bien recevant un couple de poupées symbolisant les époux manqués, accroché secrètement et la nuit sur sa maison...

A Kerfot, près de Paimpol, lorsqu’un projet connu de mariage se trouve définitivement rompu, par suite d’une autre union que contracte l’une des parties intéressées, on a l’habitude de railler la déconvenue de celle qui reste en lui faisant eur c’halantezen.

On appelle ainsi un couple de poupées, sommairement façonnées avec des morceaux de linge et de drap bourrés de paille ; elles sont en costumes de mariés et figurent les époux manqués ; un mouchoir est mis dans la main de l’une d’elles, pour indiquer si c’est le prétendant ou la prétendue à qui il ne reste plus que les yeux pour pleurer.

L’armature de bois qui les réunit par en bas est dissimulée avec de la verdure, du lierre, etc. Le tout est fixé secrètement, pendant la nuit, sur la maison habitée par la personne visée, où, à défaut, sur un arbre du voisinage ; dans ce dernier cas, pour qu’elle n’en ignore rien, on a l’attention délicate de répandre une traînée de balle allant de son domicile à la galantezen.

La galantezen
La galantezen

Les croquis ci-dessus donneront une idée de la chose. Ils reproduisent une galantezen qui a servi en septembre 1901, et qui a été heureusement soustraite à la destruction immédiate dont ces objets sont le plus souvent menacés. Le mot galantezen rappelle tout d’abord galantez, galante ; mais on ne s’explique bien ainsi ni l’emploi exclusif du féminin, ni la terminaison en.

De plus, il y a à Trévérec une variante importante du mot et de la chose. Là on dit garlantezen, qui signifie proprement « guirlande » ; c’est, en effet, un simple mélange de verdure et de fleurs, où peuvent se trouver d’autres objets allégoriques, comme des amandes et ces petits bonbons dits pasiantet, « patience ».

Les figurines de Kerfot doivent être un développement de cet accessoire ; et le nom que porte l’ensemble, dans cette localité, est sans doute altéré de garlantezen, sous l’influence du mot galant. Les deux idées sont assez voisines. L’Alcippe à qui Boileau dit : « bornant le cours de tes galanteries... bientôt tu te maries », aurait reçu, à Kerfot, le cadeau d’une galantezen, au mariage de chaque jeune fille courtisée ostensiblement par lui ; et son propre hymen eût attiré à celles qui restaient le même hommage railleur.

Ne serait-ce pas comme une contrepartie de l’usage de garnir de fleurs, au 1er mai, la fenêtre d’une jeune fille dont on recherche la main ? Cette galanterie s’appelle fleuren mé, « fleur de mai », à Trévérec, boket mé à Kerfot, etc. Un article paru dans l’Ouest-Eclair du 27 août 1901 confirme ces suppositions :

« Le petit bourg de Baré, situé près de Châteaubriant (...) présentait, un de ces soirs, une animation inaccoutumée. Des jeunes gens promenaient en chantant une haute branche de saule à laquelle pendaient des lanternes vénitiennes allumées. Puis, après avoir chanté et dansé autour de ladite branche de saule, ladite branche fut attachée à la fenêtre d’une maison du village. Le hasard du tourisme en automobile ayant amené là un de nos confrères du Populaire, ce dernier donne sur cette vieille coutume des pays bretons les renseignements que voici :

« Le bouquet de saulne ou saulde, ancienne forme du mot saule [,] est porté au jeune homme ou à la jeune fille qui, ayant demandé ou ayant été demandé[e] en mariage a vu, pour une raison ou pour une autre, sa demande refusée ou son consentement répudié... Pierre a demandé Marie en mariage, mais celle-ci le refuse ; on portera un bouquet de saule à Pierre la veille du mariage de Marie à un autre garçon...

« Le bouquet de saule se place toujours à la maison des délaissés la veille au soir du mariage (...) Pour inviter ceux-ci aux larmes (...) on suspend dans l’arbrisseau, en outre des lanternes vénitiennes, des oignons, des mouchoirs, des chiffons. Puis le bouquet de saule est promené en ville porté tour à tour par les plus vigoureux des gars, et les autres suivent en chantant la chanson de circonstance. On s’arrête sur les placis ou aux carrois pour danser des rondes ou des quadrilles et les jeunes filles prennent part à la danse.

« Quand ceux à qui est destiné le bouquet ont bon caractère, ils paient à boire à tout voulant ; une barrique de cidre ne suffit pas parfois, pour abreuver tout le monde. Le bouquet de saule doit demeurer attaché à la maison jusqu’au lendemain matin. Notre confrère ajoute que cette coutume tend à disparaître comme toutes celles du même genre... »

Le saule a-t-il été choisi dans la circonstance à cause de ses propriétés médicales ? Une décoction de ses feuilles est bonne « pour arrêter les ardeurs de Vénus », selon le Dictionnaire botanique et pharmaceutique (1716). Quoi qu’il en soit, à Trévérec et à Pléhédel, le nom breton de cet arbrisseau, halegen, s’applique à quelqu’un qui est capot au jeu ou qui manque son coup ; les enfants chantent à leur camarade qui est le dernier dans une composition :

Azen gorniek, figezen,
Sko de rer en halegen !

« Ane cornu, figue,
frappe ton derrière dans le saule ! »

A Saint-Donan (Côtes-d’Armor), on « met la torche » ou « on passe la torche » à un jeune homme ainsi évincé. La torche est un cercle de tamis, rembourré avec des chiffons et du foin, sur lequel la jeune mère s’assied au foyer pour soigner son enfant. Pour faire une farce à l’amoureux évincé, on lui passe adroitement la tête dans cet instrument domestique, dont on a retiré les chiffons. C’est sans doute une façon de lui faire entendre qu’il ne donnera pas à son ancienne amie d’enfant à chauffer.

Ceci rappelle un passage commun à plusieurs chansons bretonnes populaires :

Roet d’in skabel d’azeza
Mar benn-me map-kaer en ti-ma.

« Donnez-moi un escabeau pour m’asseoir,
si je dois être gendre dans cette maison. »

Troude définit le breton kabestr-eured : « On donne ce nom à une jarretière qu’un ami de la maison dérobe à la nouvelle mariée le soir de la noce. Cette jarretière est ensuite découpée en morceaux et donnée aux invités. A la lettre, licou de noce, de mariage. C’est un usage dans les campagnes ». Milin a confirmé implicitement ces faits, en ajoutant « Syn[onyme] liam eured » = (lien de mariage).

Dans le pays de Tréguier, rei eur gabestren ou eur gabesten, « donner un licou » à un galant, est une expression figurée pour dire qu’une jeune fille refuse à son amoureux d’aller au pardon avec lui.

Rei eur gouign (donner un gâteau) désigne un refus plus grave ; c’est « éconduire un amant, faire cesser ses assiduités. » Enfin, d’après le Barzaz Breiz, « dans quelques cantons de Cornouaille, si une jeune fille agrée le jeune homme qui lui fait la cour, elle lui offre une branche de bouleau ; si elle le refuse, un rameau de coudrier ; le même usage existe en Galles. »




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