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Affaire du Courrier de Lyon (27 avril 1796). Attaque malle-poste. Affaire criminelle et erreur judiciaire. Condamnation de Lesurques - Histoire de France et Patrimoine


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Événements pittoresques

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


Affaire du Courrier de Lyon :
l’attaque d’une malle-poste en 1796
conduit à l’erreur judiciaire
(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1930)
Publié le mercredi 10 septembre 2014, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
De simple fait divers mettant en scène, à l’instar de nombre d’attaques similaires sous le Directoire, une malle-poste attaquée en 1796 par des bandits de grands chemins, l’affaire du Courrier de Lyon, aboutissant au procès de six hommes parmi lesquels cinq seulement sont coupables, devient emblématique de l’erreur judiciaire condamnant à mort un innocent, Lesurques, qui laissera son nom à une loi permettant la réhabilitation des personnes reconnues criminelles à tort

Le poète Gérard de Nerval étant allé, vers 1830, en diligence, de Paris à Genève, se plaignait plaisamment que ce voyage eût manqué d’imprévu. « Quand on fait route, disait-il, dans une bonne chaise de poste ou dans un bon coupé, bien entortillé de manteaux et de paletots de caoutchouc, coiffé d’une casquette à oreilles, avec une chancelière aux pieds et un rond sous soi, on se prend à regretter ces bons voyages difficiles de la France d’autrefois ; voyages pleins de péripéties, comme celui de ce gros coche de Bordeaux, qui mettait trois semaines pour venir à Paris, versait cinq ou six fois en route et subissait au moins deux attaques de larrons. Ah ! les voleurs, personne n’y croit plus aujourd’hui, les voleurs n’existent plus nulle part... »

Malle-poste en service lors de l'affaire du Courrier de Lyon le 27 avril 1796
Malle-poste en service lors de l’affaire du Courrier de Lyon le 27 avril 1796

Le poète plaisantait. Cependant, il est certain que les routes étaient, sous le roi Louis-Philippe, aussi sûres, pour le moins, qu’elles le sont aujourd’hui. Mais cette sécurité, due à la régularité des services de transports, ne datait pas alors de si loin ; et si Gérard de Nerval eût parcouru les grands chemins une quarantaine d’années auparavant, il y eût trouvé, sans nul doute, toutes les péripéties et tous les dangers qu’il regrettait si fort.

L’insécurité des routes sous le Directoire
En aucun temps, la France ne fut livrée aussi complètement aux malandrins qu’à l’époque du Directoire. Lisez les premières pages de l’ouvrage d’Albert Vandal sur l’Avènement de Bonaparte, celles où l’auteur fait le navrant tableau du pays profondément troublé par l’anarchie jacobine et le brigandage politique, vous y verrez qu’il n’était alors question, du nord au midi et de l’est à l’ouest, que de « brigands royaux » et de diligences arrêtées, de courriers dévalisés.

« Un voyage en France est alors périlleuse aventure. La diligence part, sale, délabrée, sonnant la ferraille, tirée par des haridelles attelées de cordes ; péniblement, elle s’avance par les chemins affreux coupés de ressauts et de fondrières... Soudain, à l’un des détours de la route, des fusils braqués luisent et de sataniques figures surgissent de la broussaille, hommes au visage couvert d’un crêpe ou noirci à la suie. Ces masques d’épouvante environnent la voiture. Le postillon et le conducteur couchés en joue doivent s’arrêter sous peine de mort. Les brigands fouillent la voiture, retirent des coffres défoncés l’argent appartenant à l’Etat, les papiers, les sacs chargés de dépêches ».

Quant aux voyageurs, on les dépouille de leur portefeuille ; et, s’ils font mine de résister, on les exécute. Pendant plusieurs années, les attaques de diligences se succédèrent ainsi, sans interruption sur les routes de France. Plus d’un an après l’établissement du Consulat, on arrêtait encore une voiture publique aux portes mêmes de Paris, à Charenton. Il fallut la main de fer de Bonaparte pour mettre un terme à ce régime de brigandage qui ruinait la France et la terrorisait.

L’attaque du courrier
Mais, de toutes ces attaques de grands chemins, un seul souvenir est demeuré dans la mémoire populaire, celui du courrier de Lyon. Le fait en lui-même, comme tant d’autres du même genre, qui se produisirent alors sur les routes de France à cette époque, serait depuis longtemps tombé dans l’oubli, s’il n’avait été la cause d’un procès des plus tragiques et d’une erreur judiciaire que le théâtre devait exploiter dans un drame dont le succès n’était pas encore épuisé au XXe siècle.

C’est le 8 floréal an IV (27 avril 1796), au soir, que le courrier de Lyon fut attaqué par quatre hommes embusqués au pont de Pouilly, environ une lieue avant Melun. La voiture n’était pas, comme on pourrait le croire, une diligence, mais un simple fourgon d’osier à deux roues, couvert d’une bâche. Elle était attelée de trois chevaux, sur l’un desquels était monté un postillon, et, outre le courrier, un nommé Excoffon, qui devait la piloter de Paris à Lyon, elle n’emmenait qu’un voyageur, un certain Laborde, qui se disait marchand de vin à La Tour-du-Pin.

En revanche, si les voyageurs étaient rares, la voiture était abondamment chargée de numéraire : elle emporta une somme de sept millions en assignats destiné à l’armée d’Italie. A cinq heures du soir, le courrier de Lyon quittait l’hôtel du Plat d’Etain, rue Saint-Martin, et prenait la grande route de Paris à Fontainebleau. Or, ce même jour, quatre hommes à cheval avaient été remarqués sur le même parcours, entre une heure de l’après-midi et huit heures du soir.

Ils avaient dîné à Montgeron, à l’entrée de la forêt de Sénart, à l’auberge de la Chasse. Puis ils étaient partis dans la direction de Melun. A cinq heures, ils avaient mangé un morceau dans un cabaret du village de Lieusaint et on les avait vus ensuite musant sur la route et semblant attendre quelqu’un.

Le lendemain matin, au croisement de la route de Melun et du chemin de Pouilly, on trouvait la malle de Lyon dans un champ de blé. Les assignats qu’elle contenait avaient été volés. Au bord du chemin gisait le cadavre du postillon. Plus loin, celui du courrier Excoffon, portant également un coup de sabre à la gorge et trois coups de poignard dans la poitrine. Un des trois chevaux, celui que montait le postillon, avait disparu. Les deux autres furent retrouvés près de la voiture, attachés à un arbre à peu de distance des cadavres.

il fut facile de reconstituer l’attentat. Au passage de la voiture, les quatre bandits embusqués s’étaient jetés à la tête des chevaux : le postillon, précipité à bas de sa monture, avait été tué par l’un d’eux, tandis que le pseudo-Laborde, qui n’était autre que leur complice, avait frappé Excoffon à coups de poignard. Le même Laborde avait dû prendre le cheval du postillon pour rentrer à Paris avec les autres. A quatre heures du main, tous les cinq repassaient la barrière et s’en allaient chez l’un d’eux faire le partage des sommes volées.

Le procès
Un drame terrible devait se greffer sur ce fait divers si commun à cette époque troublée. Ce drame, il n’est personne qui n’en connaisse au moins les grandes lignes et les figures principales celles du juge Daubenton, du bandit Dubosq et de l’infortuné Lesurques. Les assassins du courrier de Lyon s’appelaient Vidal, Dubosq, Roussy et Couriol ; le pseudo-Laborde avait nom Durochat.

De ces cinq hommes, le juge Daubenton, chargé de l’affaire, n’arrête d’abord que Couriol. Mais comme Couriol est en relations avec les nommés Guénot, Lesurques et Richard, le juge ordonne l’arrestation de ceux-ci. En vain protestent-ils, on les garde en prison et on leur adjoint un certain Bernard, convaincu d’avoir prêté à Couriol les quatre chevaux sur lesquels les assassins se sont rendus près de Melun. Tous les témoins cités, paysans de Montgeron et de Lieusaint, qui ont vu les assassins, s’accordent à reconnaître Lesurques ; et pourtant celui-ci nie énergiquement et fournit des alibis dont on ne tient pas compte.

Attaque du courrier de Lyon
Attaque du courrier de Lyon

Vient le jour du jugement : Lesurques, Couriol et Bernard sont condamnés à mort. Alors, Couriol avoue sa culpabilité et déclare spontanément que Lesurques et Bernard sont innocents. Trop tard !... On n’attache pas d’importance à cet aveu. Il le renouvelle pourtant le lendemain, nomme les vrais coupables et explique qu’une ressemblance extraordinaire entre Lesurques et Dubosq a pu seule causer chez tous les témoins la terrible méprise.

Mais le juge passe outre... Les trois condamnés furent exécutés. Lesurques fut guillotiné le troisième, le 3 octobre 1796, et jusqu’à la dernière minute il ne cessa de protester de son innocence.

L’avenir devait en faire la preuve. L’année suivante, Durochat, le faux Laborde, était arrêté et condamné à mort. Avant d’aller à l’échafaud, il confirmait les dires de Couriol et déclarait Lesurques et Bernard innocents. Quelque temps après, on mettait la main sur Vidal et Dubosq. A l’audience, une femme de Lieusaint, dont la déposition formelle avait fait condamner Lesurques, reconnaît qu’elle s’est trompée et que l’homme qu’elle a vu le jour du crime était bien Dubosq.

La preuve est faite de l’erreur judiciaire. Dubosq et Vidal montent sur l’échafaud. Voilà six hommes exécutés pour un crime qui n’a été commis que par cinq complices. Il y a donc au moins un innocent. Et, pourtant, la justice ne veut pas reconnaître sa faute. Pendant plus de soixante-dix ans, les héritiers de Lesurges luttent pour obtenir sa réhabilitation. En vain... La chose jugée est intangible... Lesurques n’a jamais été réhabilité.

Mais ce que la justice n’a pas voulu reconnaître, le bon sens populaire l’a proclamé. Le vieux drame de Moreau, Siraudin et Delacour, a popularisé la figure de Lesurques,et c’est l’opinion publique qui s’est chargée de réformer le jgement qui condamnait à mort un innocent.

 

 

 

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