le 24 septembre dans l'histoire [voir]    notre librairie [voir]    nous soutenir [voir]
Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Dons

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


Les féministes raillées par un Académicien en 1906. Appellations « Mademoiselle » et « Madame » - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Anecdotes insolites > Féministes (Les) raillées par un (...)

Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Féministes (Les) raillées
par un Académicien en 1906.
Appellations « Mademoiselle » et « Madame »
(D’après « Le Mois littéraire et pittoresque », paru en 1906)
Publié / Mis à jour le mercredi 8 octobre 2014, par LA RÉDACTION


 
 
 
En 1906, l’académicien Emile Faguet raille l’indignation de certaines femmes de voir la société opérer une différence entre l’appellation « Mademoiselle » et l’appellation « Madame », soulignant cependant les situations embarrassantes pouvant en découler, et proposant une solution... pittoresque

Dans Le Mois littéraire et pittoresque, l’écrivain et critique littéraire s’étonne « que ces dames « féministes » (et je ne parle que de celles qui sont un peu ridicules, laissant de côté avec le plus grand respect celles qui sont des esprits très sérieux et très élevés, précise-t-il) s’insurgent de nouveau contre le mot « Mademoiselle » qui leur fait horreur. Je dis de nouveau, car j’ai eu connaissance, il y a trois ou quatre ans, d’une campagne menée par elles en ce sens, dont je crois que je me suis un peu égayé.

Tant y a que ces dames sont révoltées de cette différence entre l’appellation « Mademoiselle » et l’appellation « Madame ». « Quoi ! disent-elles, vous appelez « Mademoiselle » une femme qui ne s’est pas mariée ? Vous semblez ainsi la mettre à part, avec un insolent mépris ; la mettre au-dessous de celle qui a eu la chance ou le malheur de trouver un mari ; vous l’insultez, vous l’outragez, vous l’injuriez du mot « Mademoiselle ». C’est monstrueux. On doit appeler « Madame » toute femme, quelle qu’elle soit ».

Faguet poursuit : « Je veux subir des supplices raffinés si j’ai jamais eu, appelant une femme « Mademoiselle », la moindre intention de lui témoigner du mépris ou seulement de la pitié. Je l’appelle « Mademoiselle » parce qu’il est d’usage d’appeler « Mademoiselle » les femmes qui ne sont pas mariées ; et certes, voilà bien tout, et je n’en cherche pas si long. Je suis tout à fait de l’avis de la deuxième Chambre du tribunal de Genève, qui, dans le même dispositif du jugement, vient de déclarer : « 1° qu’on ne saurait, en principe, refuser à une femme non mariée le droit de se décerner à elle-même le titre de Madame ; 2° que le titre de Mademoiselle adressé à une célibataire d’un certain âge ne peut être accueilli que comme un compliment discret ». Ce tribunal très libéral et très éclectique est toujours content sur cette question. Il donne l’exemple, qu’on devrait suivre, d’une souriante indifférence.


Carte postale éditée par le Conseil National
des Femmes Françaises au début du XXe siècle
Et Faguet d’ajouter : vous saviez, du reste, qu’il y a eu, mais qu’il n’y a plus depuis longtemps, une différence hiérarchique entre « Madame » et « Mademoiselle ». Au XVIIe siècle on appelait « Madame » la femme de qualité, qu’ « elle fût femme ou fille, et « Mademoiselle » la bourgeoise, qu’elle fût fille ou femme. C’est ainsi qu’Alceste appelle « Madame », Eliante, qui est une jeune fille ; et c’est ainsi que Molière lui-même appelle sa femme « Mademoiselle Molière », encore qu’il doive savoir qu’elle est mariée ; et c’est ainsi que la femme de La Fontaine est appelée par tout le monde « Mademoiselle La Fontaine ». Mais, depuis le XVIIIe siècle, l’usage s’est établi d’appeler « Madame » toute femme mariée et « Mademoiselle » toute femme non mariée, et il n’y a à cela aucune insulte, ni même dans cela aucune idée de hiérarchie, aucune. C’est une des billevesées de nos féministes agitées.

C’est à un tout autre point de vue que je me place pour trouver qu’il y aurait peut-être une réforme à faire. La question des appellations est très gênante. En présence d’une femme que l’on ne connaît pas, on est souvent très empêché. Faut-il dire « Madame » ? Si elle est jeune fille, elle sera peut-être flattée, peut-être vexée, et cela dépend du caractère ; et l’on ne connaît pas le caractère. Il y a des signes, oui, dans la bourgeoisie surtout. Il y a l’alliance au doigt et les brillants aux oreilles. Mais il y a des dames qui ne portent pas de boucles d’oreilles. C’est même la tendance moderne, que je suis assez porté à approuver ; et l’on ne voit pas toujours l’alliance. On ne la voit même que très rarement. On ne peut pas prier une dame de se déganter pour que l’on puisse savoir de quel qualificatif la saluer. D’autant que pour la prier de se déganter il faudrait déjà l’appeler d’une façon ou d’une autre. Le plus souvent on ne sait si l’on doit donner du « Madame » ou du « Mademoiselle ». C’est très gênant.

Pour les actrices, c’est même insupportable. Comme presque toujours, quand elles se marient, elles gardent leur nom de jeunes filles pour bénéficier de la notoriété qui y est attachée, il est presque toujours absolument impossible de savoir si elles sont dames ou demoiselles. On parle au hasard : aux débutantes on donne instinctivement le nom de « Mademoiselle » ; aux illustres, celui de « Madame » ; mais encore une illustre peut se plaindre et dire : « Madame ! Madame ! Ai-je donc quarante ans ? » Et quand elle en a cinquante, cette idée qu’on lui en donne trente-huit lui est, naturellement, insupportable.

Une habitude s’est établie depuis environ vingt ans, qui s’applique à toute une catégorie de dames. Toute dame employée ou fonctionnaire, serveuse de restaurant, employée de banque, portière, télégraphiste, téléphoniste, est appelée « Mademoiselle ». Et je prie les féministes échauffées de ne pas croire qu’il y a là une marque de mépris, C’est simplement l’influence de l’idée de majorité. La plupart des employées ou fonctionnaires étant des jeunes filles qui se marieront plus tard et qui alors, abandonneront leurs fonctions, mais qui, en attendant le mariage, occupent lucrativement leurs loisirs, on donne à toutes le nom qui s’applique exactement à la plupart. Pour toutes les personnes du sexe aimable qui sont dans ces conditions, « Mademoiselle » est un uniforme. Elles sont « Mademoiselle » en tant qu’employées pour tous ceux qui ne les connaissent pas individuellement, Ici, au moins, comme il y a convention établie, il ne peut pas y avoir d’erreur. Dans tous les autres cas, il peut y avoir erreur, par conséquent il y a embarras.

Je serais donc très bien partisan d’une réforme. Je voudrais qu’on donnât le nom de « Madame » à toute personne du sexe aimable qui ne serait pas évidemment une jeune fille, et qu’on donnât celui de « Mademoiselle » à toute personne du même sexe qui serait jeune fille à n’en pas douter. « Mais quel criterium ? Vous avez dit vous-même que brillants aux oreilles et alliance sont criterium qui manquent presque toujours à l’observateur, et il n’y en a pas d’autre ». Pardon ! Et la robe courte ! Voilà qui est net, décisif et visible, même aux myopes. Voilà sur quoi il n’y a pas à discuter ni à hésiter. Je serais partisan d’appeler « Mademoiselle » toute petite fille, et « Madame » toute dame et toute grande fille. Dès que la petite fille aurait revêtu la robe longue : « Bonjour, Madame ! » Et comme elles seraient contentes ! Et donc on appellerait « Madame » une jeune fille de seize ans ! Pourquoi non ? Comme Alceste appelle Eliante.

On appellerait une jeune fille « Madame » tout aussitôt qu’elle pourrait l’être, ce qui est logique, sans s’inquiéter si elle l’est ou si elle ne l’est pas, ce qui est une sorte d’enquête où il entre de l’indiscrétion. Cette habitude ne serait rien autre que très distinguée. Quant aux féministes agitées que le nom de « Mademoiselle » irrite comme une sanglante injure, j’ai pour elles aussi une solution. Comme elles affichent la prétention d’être exactement les égales des hommes et de vivre en parfaite parité relativement aux barbus, je suis pour qu’on les appelle : « Monsieur ».

– Nous valons les hommes, nous valons mieux et plus que les hommes. Nous sommes des hommes, Nous sommes des surhommes.
– Oui, Monsieur », conclut Faguet.




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Suffrage universel : triomphe de la sottise et règne des indignes ?
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 Premier billet de banque (Le) moderne naît en Nouvelle-France
 
 Choix d'un prénom jadis et avènement des registres le consignant
 
 Hydromel et hypocras : les heures de gloire de boissons ancestrales
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Chou pour chou, Aubervilliers vaut bien Paris
 
 Après la pluie (vient) le beau temps
 
MANIFESTATIONS
 Giverny : Henri Manguin ou la volupté de la couleur d'un peintre méconnu
 
 Richard Cœur de Lion est célébré à l'Abbaye de Fontevraud
 
   
 
 

 


Les plus récents
 
 Poste (Le) radiophonique : arme de lutte contre la vie chère ?
 
 Le Sonneur et l'Araignée : fable de La Fontaine ou supercherie littéraire ?
 
 Consommation dans une vie : ce qu'un homme mange et boit
 
 Bienfaits du rire sur la santé et la longévité
 
 
Et puis aussi...
 
 Flirter ou fleureter ? Telle est la question
 
 Couteaux pointus : interdiction dans les provinces flamandes par un édit de Louis XIV en 1669
 
 Chardonneret et cygne
 
 Etrennes : « Mignonne, je vous donne ma mort pour vos étrennes »
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 317 ARTICLES

 

 
 
Pinterest FrPittoresque
 

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2017 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Services La France pittoresque
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Services