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Histoire des Français. Bataille de Bouvines le 27 juillet 1214 contre la féodalité. Victoire sur la prédominance seigneuriale - Histoire de France et Patrimoine


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Histoire des Français

L’Histoire des Français : systèmes politiques, contexte social, population, économie, gouvernements à travers les âges, évolution des institutions.


Bataille de Bouvines en 1214 :
une victoire sur la féodalité
(D’après « Faits mémorables de l’Histoire de France », paru en 1844)
Publié / Mis à jour le mercredi 27 juillet 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Opposant les troupes royales de Philippe Auguste renforcées par quelques milices communales, à une coalition de princes et seigneurs français menée par Jean sans Terre, la bataille de Bouvines le 27 juillet 1214 marque l’éclatante et première explosion de l’esprit public, le roi et le peuple s’étant réunis contre un ennemi commun, la féodalité. Philippe Auguste, loin d’avoir, comme on l’a si souvent écrit, offert sa couronne aux barons réunis autour de lui, venait, au contraire, de la dégager de leur orgueilleuse tutelle, et de conquérir pour elle la force et l’indépendance.

Philippe Auguste, en montant sur le trône (1180), y apporta, avec un vif sentiment de ses droits, une haine profonde contre la puissance féodale qui enchaînait la royauté dans tous ses mouvements, et faisait de la souveraineté plutôt un vain titre d’honneur qu’un pouvoir supérieur à tous les autres et respecté de tous.

Menacé par ces coalitions de grands vassaux qui rappelaient si souvent sa faiblesse à la couronne : « Quelque chose qu’ils fassent maintenant, disait-il avec amertume, leurs forces et leurs grands outrages il ne me convient de souffrir. Si à Dieu plaît, ils affaibliront et envieilliront, et je croîtrai en force et en sagesse ; j’en serai alors vengé à mon tour. » Sa plus chère ambition fut de donner à l’autorité suprême plus de vigueur et d’indépendance. « Le nouveau roi, a dit Guizot, employa son règne tout entier à refaire le royaume, ensuite à mettre la royauté de fait au niveau de la royauté de droit ; à faire en sorte que sa situation extérieure, réelle, fût en harmonie avec les idées déjà répandues et accréditées sur sa nature. »

Philippe Auguste possédait d’ailleurs les qualités nécessaires à l’accomplissement de cette tâche périlleuse : il était ferme, courageux de sa personne, d’un esprit prompt, résolu, et néanmoins prudent ; habile à profiter des circonstances, il savait attendre patiemment qu’elles lui fussent favorables. Ne pouvant pas soumettre ses grands vassaux à son autorité, il sut, en les associant pour ainsi dire à son gouvernement, étendre l’action de la royauté et en faire le centre auquel vinrent aboutir toutes les forces de la France.

Bataille de Bouvines remportée par Philippe-Auguste
Bataille de Bouvines remportée par Philippe Auguste

Renouvelant au profit de sa politique les traditions de la cour fabuleuse de Charlemagne, il régularisa l’assemblée des barons, appelés à prononcer avec lui sur des questions de droit féodal, et institua la cour des pairs ; elle fut fixée à douze membres : six pairs laïques, qui furent les ducs de Normandie, de Bourgogne et d’Aquitaine, les comtes de Flandre, de Champagne et de Toulouse ; six pairs ecclésiastiques, l’archevêque de Reims, les évêques de Laon, de Noyon, de Beauvais, de Chalons et de Langres.

Le règne turbulent, héroïque de Richard Cœur de Lion, et les fautes de Jean Sans Terre, servirent les projets du roi de France ; le meurtre d’Arthur, duc de Bretagne, lui fournit, pour reprendre les possessions que le divorce de Louis VII avait livrées à l’Angleterre, une occasion qu’il ne laissa pas échapper : prononçant la déshérence du meurtrier pour toutes les terres qu’il possédait en France et qui le soumettaient à la juridiction royale, Philippe Auguste s’empara de la Normandie, de la Bretagne, du Poitou, de la Touraine et de l’Anjou. La lâcheté et l’inaction de Jean Sans Terre rendirent ces conquêtes faciles, et, forte de ses agrandissements territoriaux, la royauté commença d’être à la fois une puissance de droit et de fait.

Il ne manquait plus à Philippe Auguste que la consécration d’une grande victoire ; il l’obtint dans les plaines de Bouvines. Jean Sans Terre s’était enfin décidé à la guerre, et il avait entraîné dans son parti l’empereur d’Allemagne, son gendre, Otton IV. Tandis que le roi d’Angleterre pénétrait dans le Midi, où Louis fils aîné de Philippe Auguste était allé le combattre, le roi de France s’avançait vers le Nord, afin de repousser l’invasion allemande dirigée par l’empereur Otton, qui avait trouvé des auxiliaires dans les comtes de Flandre et de Boulogne jaloux de l’influence chaque jour croissante du pouvoir royal.

Philippe Auguste entra dans la Flandre au mois d’août, et, le 27, il rencontra les ennemis au pont de Bouvines, sur la Meuse, entre Lille et Tournai. Ne comptant pas sur une attaque immédiate, le roi avait donné à son armée l’ordre de passer la rivière ; une partie avait franchi le pont, quand on vint annoncer que l’empereur Otton mettait ses troupes en mouvement et se disposait à engager une bataille. En ce moment, le roi, fatigué de la marche, du poids de son armure, qu’une chaleur accablante rendait encore plus insupportables, se reposait sous l’ombre d’un frêne, auprès d’une église.

Aussitôt qu’il apprend que les ennemis s’approchent, il se lève, entre dans l’église, où il adresse une courte prière au Ciel, puis, revêtant ses armes, qu’il avait déposées, il monte à cheval le visage animé, « avec une joie aussi vive, dit Guillaume le Breton, son chapelain et son biographe, que si on l’eût appelé à une noce » ; de toutes parts retentit le cri : Aux armes, barons, hommes de guerre ! aux armes ! Les trompettes résonnent, les rangs se forment, les troupes, qui avaient déjà traversé la Meuse, reviennent sur leurs pas, et bientôt les deux années se trouvent en présence.

Autour du roi de France se pressait l’élite de la chevalerie ; derrière lui, les hommes des communes appelés à combattre sous la bannière royale : du côté opposé, au milieu des rangs serrés des Allemands se tenait l’empereur Otton ; près de lui, pour servir de signe de ralliement, s’élevait, dressée sur un char, une longue perche surmontée d’un aigle doré aux ailes éployées, au-dessous duquel flottait une large bande d’étoffe taillée en pointe.

Philippe-Auguste participe lui-même à la bataille de Bouvines
Philippe Auguste participe lui-même
à la bataille de Bouvines
Avant de donner à son armée le signal du combat, Philippe Auguste adressa à ses chevaliers quelques mots d’encouragement ; puis, ayant élevé la main, il invoqua pour eux la bénédiction du ciel : aussitôt les trompettes sonnèrent de nouveau, et la bataillé s’engagea. Les Français avaient l’avantage de la position ; le roi avait disposé ses soldats de façon qu’ils eussent le soleil derrière eux, tandis que ses rayons ardents aveuglaient leurs adversaires : de part et d’autre, on combattit avec acharnement.

Philippe Auguste donna à son armée l’exemple du courage ; il se jeta au milieu de la mêlée, et faillit succomber. Des archers flamands, l’ayant enveloppé, le jetèrent à bas de son cheval à l’aide de lances garnies de crochets, et ils l’eussent certainement tué, rapporte le chroniqueur, témoin de la bataille, s’il n’eût été protégé par la main de Dieu et par une armure incomparable.

L’empereur Otton eut son cheval tué sous lui, et ne dut son salut qu’au dévouement de ses chevaliers, qui le dégagèrent ; son étendard, renversé, brisé à ses côtés, fut pris par les Français ; enfin il se vit obligé d’abandonner le champ de bataille, et d’échapper par une prompte fuite au spectacle de sa défaite. La France venait de remporter une brillante et décisive victoire : les comtes de Flandre et de Boulogne, trois autres comtes, quatre princes allemands et vingt-cinq chevaliers baronnets, étaient prisonniers ; le surplus, chevaliers et soldats, imitait l’empereur et fuyait au plus vite. Cinq cents routiers brabançons résistèrent seuls jusqu’au dernier moment et se firent tous tuer plutôt que de se rendre aux Français. Le combat, commencé à midi, avait duré environ six heures.

Le retour du roi de France fut un éclatant triomphe ; la victoire de Bouvines était véritablement nationale, bien qu’au fond Jean Sans Terre ne fût que le chef d’une coalition des grands vassaux contre Philippe Auguste. Les noms du roi d’Angleterre et de l’empereur d’Allemagne avaient donné à cette guerre l’aspect d’une agression étrangère ; aussi la France attacha à ce succès une haute importance. Les milices communales avaient prêté au roi une vigoureuse assistance ; le peuple l’accueillit comme un sauveur qui venait d’affranchir le territoire de l’invasion allemande ; les témoignages d’admiration et de reconnaissance éclatèrent partout sur son passage ; dans toutes les villes qu’il traversait, les maisons étaient tendues de riches étoffes, de courtines, de tapisseries de soie, les rues jonchées de fleurs et de verdure ; le clergé lui adressait des remerciements solennels ; de tous côtés on accourait pour le saluer, et pour voir le terrible comte de Flandre, Ferrand, qu’il traînait enchaîné à sa suite ; chacun voulait considérer le vainqueur et le vaincu, le roi de France et son vassal rebelle.

A Paris, l’enthousiasme s’accrut encore : les écoles, le clergé, la bourgeoisie, se rendirent au-devant de Philippe en chantant des hymnes et des cantiques. Les fêtes se prolongèrent durant une semaine, et la nuit même ne les interrompait pas ; de nombreux flambeaux éclairaient les danses et les festins, « si bien, dit Guillaume le Breton, que la nuit paraissait aussi brillante que le jour. »




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