LA FRANCE PITTORESQUE
La guerre de Cent Ans
(Chapitre 16)
(Extrait de « Petite Histoire de France » (par Jacques Bainville),
nouvelle édition 2018 de l’ouvrage paru en 1928)
Publié le mercredi 11 avril 2018, par LA RÉDACTION
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Depuis Hugues Capet, tous nos rois s’étaient succédé de père en fils. La règle était que les femmes ne régnaient pas, d’après une loi nommée la loi salique. Et quand le roi n’avait pas de fils, la couronne devait passer au plus proche de ses parents. Ainsi, à la mort de Charles le Bel, son cousin Philippe de Valois fut désigné comme roi. Et les Français le reconnurent comme leur souverain légitime. Mais le roi d’Angleterre, Édouard III, prétendit que la couronne devait lui revenir, parce que sa mère était la fille de Philippe le Bel.

À la vérité, les Anglais trouvaient notre pays plus beau que le leur, et ils voulaient s’en emparer. De là une guerre qui dura cent ans. Bientôt Édouard entra en France avec une armée bien équipée et qui amenait même avec elle de petits canons, chose qu’on ne connaissait pas encore. Quant aux chevaliers français, ils avaient toujours la même manière de combattre qu’avant et ils ne savaient qu’une chose, qui était de charger l’ennemi. À la bataille de Crécy, ils avancèrent comme à leur ordinaire ; mais les canons des Anglais effrayèrent les chevaux, le désordre se mit dans les rangs et ce fut un grand désastre, malgré la bravoure des nôtres et de notre allié le roi de Bohême, qui, aveugle, se fit conduire au plus fort de la mêlée.

Les six bourgeois de Calais remettant les clefs de la ville. Illustration extraite de Jouons à l'Histoire. La France mise en scène avec les joujoux de deux petits Français de Job et Georges Montorgueil, paru en 1908
Les six bourgeois de Calais remettant les clefs de la ville. Illustration extraite de
Jouons à l’Histoire. La France mise en scène avec les joujoux de deux petits Français
de Job et Georges Montorgueil, paru en 1908

Après sa victoire, Édouard alla assiéger Calais, qui lui était commode pour communiquer avec son île. Lorsque les habitants furent affamés, ils décidèrent de se rendre. Mais le roi d’Angleterre exigea que les clefs de la ville lui fussent apportées par six bourgeois de la ville, pieds nus, en chemise et la corde au cou. Les habitants de Calais furent bien effrayés et se regardaient en se demandant lesquels seraient choisis. Alors le plus riche d’entre eux, qui s’appelait Eustache de Saint-Pierre, s’offrit le premier, et cinq autres le suivirent volontairement. Et quand ils furent, en chemise comme il était dit, devant le roi Édouard, celui-ci, qui était très cruel, ordonna que la tête leur fût coupée. Mais la reine, qui avait bon cœur, supplia qu’on leur laissât la vie sauve, puisqu’ils avaient été si généreux de venir d’eux-mêmes, ce qui lui fut accordé.

Voilà que la France était envahie par les Anglais, et les malheurs n’étaient pas près de finir. Philippe de Valois étant mort, son fils Jean le Bon fut de nouveau attaqué par le prince de Galles, qu’on appelait le prince Noir. Jean le Bon brûlait de venger la défaite de Crécy. Il rencontra...

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RETROUVEZ L’INTÉGRALITÉ DU TEXTE DANS L’ÉDITION 2018
de l’ouvrage paru en 1928 de Jacques Bainville, entièrement
recomposé
et enrichi de 60 lithographies et dessins en couleur
Petite Histoire de France, par Jacques Bainville
Éditions La France pittoresque. 82 pages. Format 21,5 x 28 cm
Prix : 19,90 euros. ISBN : 978-2-367220253. Paru en avril 2018
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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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