LA FRANCE PITTORESQUE
Superstitions liées au vendredi 13
(D’après « Histoire des croyances, superstitions, moeurs,
usages et coutumes » (Tome 1), paru en 1901)
Publié le vendredi 13 février 2015, par LA RÉDACTION
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De nos jours, qui n’a pas une prévention résolue contre le vendredi et contre le nombre treize ? Cependant, le jour de la Rédemption devrait être, ce semble, un jour béni ; et d’autre part, si sur treize commensaux il doit se trouver une victime dans l’année, sur cinquante il y aurait encore plus de probabilités de deuil...
 

Mais à quoi bon raisonner quand il s’agit d’idées préconçues ? On raconte qu’en 1339, une bataille fut remise au lendemain, afin que l’action ne fût pas commencée un vendredi.

Dans un document de 1675 on trouve une lettre de Colbert se plaignant qu’une escadre eût différé de mettre à la voile, parce que les matelots ne voulaient pas partir un vendredi : « Comme ce retardement, écrivit le ministre, peut apporter beaucoup de préjudice au bien de son service, Sa Majesté m’a ordonné de dire qu’elle veut que vous examiniez les moyens d’oster ce scrupule de l’esprit des matelots. »

Les moyens sans doute ne furent pas faciles à trouver, et le Roi-Soleil put s’apercevoir qu’une idée fausse se détruit moins vite qu’un corps d’armée.

Pas plus que le vulgaire, les hommes illustres ne furent exempts de superstitions enfantines. Frédéric le Grand, Maupertuis, le marquis d’Argens avaient une peur effroyable du chiffre treize.

Au contraire Henri IV et Louis XIII marquaient une prédilection pour ce nombre et pour le vendredi. Sous les premiers rois, treize n’était point toujours regardé comme étant de mauvais augure. Ainsi lors du mariage de Clovis, on offrit à Clotilde « un don de treize deniers comme souhait de bonheur ».

Aux esprits pusillanimes que le Vendredi déconcerte, on pourrait rappeler que Christophe Colomb s’est embarqué pour l’Amérique un vendredi 13, et que cela ne l’a point empêché d’aborder au Nouveau Monde. Pour rendre l’épisode plus curieux, des auteurs ajoutent au vendredi le nombre 13. C’est inexact : Colomb est parti le vendredi 3 août 1492, et est arrivé le vendredi 12 octobre.

D’ailleurs, qu’on opère sur un nombre quelconque, et grâce à quelques connaissances historiques, grâce surtout à beaucoup de tâtonnements patients, on arrivera à présenter un tableau surprenant, là où il n’y a en réalité qu’une ingénieuse combinaison, aussi factice que laborieuse.

Qu’on prenne si l’on veut, pour élément d’expérience, non le chiffre treize, mais le chiffre quatorze, et qu’avec le Journal de Henri III et Henri IV, on s’applique à découvrir le rôle de ce nombre dans l’histoire du Béarnais.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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