LA FRANCE PITTORESQUE
11 juin 1809 : bref d’excommunication
lancé par Pie VII contre Napoléon
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Publié le lundi 10 juin 2013, par LA RÉDACTION
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Au rapport de Napoléon lui-même, les griefs du pape contre sa personne dataient de l’époque de son couronnement. Pie VII avait emporté de France le chagrin de plusieurs espérances trompées. A peine eut-il mis le pied sur le sol italien, que les ennemis de la France exploitèrent ces dispositions hostiles.

Pie VII
Pie VII

Rome était devenue le foyer de tous les complots tramés contre la France. Les torts et les insultes prirent un caractère tellement grave et tellement public, que Napoléon, dont ce hasard favorisait la politique, résolut d’agir à son tour. Il se saisit donc des forteresses, des provinces pontificales, et finit même par occuper Rome, tout en protestant de son respect et de sa soumission envers le pape, comme chef spirituel.

Pie VII, qui s’était déjà trompé d’époque dans sa conduite envers l’homme auquel il devait le rétablissement de sa puissance, commit alors un anachronisme plus inexcusable ; il lança contre Napoléon une menace d’excommunication (27 mars 1808), et l’année suivante il réalisa sa menace en ces termes :

« Pie VII, pape, à l’empereur des Français : Par l’autorité du Dieu tout puissant, des saints apôtres Pierre et Paul, et par la nôtre, nous déclarons que vous et tous vos coopérateurs, d’après l’attentat que vous venez de commettre (la réunion des Etats du pape à l’empire français), avez encouru l’excommunication dans laquelle (selon la forme de nos bulles apostoliques, qui, dans des occasions semblables, s’affichent dans les lieux accoutumés de cette ville) nous déclarons être tombés tous ceux qui, depuis la dernière invasion violente de cette ville, qui eut lieu le 2 février de l’année dernière, ont commis, soit dans Rome, soit dans l’Etat ecclésiastique, les attentats contre lesquels nous avons réclamé dans le grand nombre des protestations faites par nos secrétaires d’Etat, qui ont été successivement remplacés, mais encore dans nos deux allocutions consistoriales, des 14 mars et 11 juillet 1808.

« Nous déclarons également excommuniés tous ceux qui ont été les mandataires, les fauteurs, les conseillers, et quiconque aurait coopéré à l’exécution de ces attentats, ou les aurait commis lui-même. Donné, à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, etc. »

La double guerre dans laquelle Napoléon était engagé, en Autriche et en Espagne, avait enhardi les rédacteurs de la bulle, dont la responsabilité tomba moins encore sur Pie VII que sur le cardinal Pacca, qui l’avait signée. En cas d’assassinats ou désordres quelconques occasionnés par cet acte, l’intention de Napoléon était de prendre le ministre à partie. Heureusement pour les cardinaux et les prélats, la population de Rome resta froide, et ne vit dans l’excommunication que les représailles d’une vengeance temporelle.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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