LA FRANCE PITTORESQUE
3 juin 1783 : mort de
Jean-Denis Cochin, fondateur de
l’hôpital qui porte son nom à Paris
(D’après « Biographie universelle, ancienne
et moderne » (tome 9), paru en 1813)
Publié le jeudi 2 juin 2016, par LA RÉDACTION
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Fondateur de l’hôpital qui porte son nom depuis 1802, Jean-Denis Cochin naquit à Paris le 1er janvier 1726, issu d’une famille parisienne ancienne et puissante, dont la lignée remonte au XIIIe siècle. Son père Claude-Denis Cochin est échevin (magistrat municipal), marié à Anne-Gabrielle Levé, elle-même fille d’échevin.

Le jeune Jean-Denis (on trouve dans plusieurs ouvrages le nom de Jacques-Denis) annonça d’abord du goût pour l’état ecclésiastique, et même il voulut, à seize ans, entrer chez les chartreux. Ses parents lui firent observer que sa trop grande jeunesse serait un obstacle à sa réception, et il renonça à ce projet ; mais il se mit sous la direction de J. Bruté, curé de Saint-Benoît.

Après avoir reçu le sacerdoce, il fut, en 1755, second vicaire de Saint-Etienne-du-Mont, et, en 1756, curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas : il prit possession de cette cure le 31 décembre de la même année. Dès ce moment, il ne vécut plus que pour ses paroissiens ; on le vit tour à tour au confessionnal et dans la chaire. Sa paroisse était pauvre ; il n’avait de revenu que 1500 francs de patrimoine et environ mille écus de sa cure ; obligé de consacrer une partie de cette somme à payer les ecclésiastiques qui se rendaient utiles dans sa paroisse, il ne pouvait subvenir, de ses deniers, aux besoins de l’école des filles, qui se tenait dans une place trop petite et malsaine.

Portrait de l'abbé Jean-Denis Cochin, XVIIIe siècle
Portrait de l’abbé Jean-Denis Cochin, XVIIIe siècle

Cochin recommande cette institution à ses paroissiens, et bientôt il se voit en état de faire construire une école plus salubre. Il s’était fait une loi de ne solliciter personne en particulier. En 1761, il fut attaqué de la petite vérole ; mais il reprit bientôt tous ses travaux avec la même activité. Sa santé en fut assez altérée pour qu’il pensât, en 1768, à quitter sa cure ; cependant il se rendit aux instances qu’on lui fit.

Dix ans après, sa santé étant de plus en plus affaiblie, il eut les mêmes idées ; et cette fois encore il resta dans sa cure ; il accepta même la place de supérieur de l’abbaye du Val-de-Grâce, qu’il ne garda que peu de temps.

Ce fut en 1780 qu’il conçut l’idée de fonder un hospice pour les pauvres du faubourg Saint-Jacques. Il fit paraître un prospectus, où il annonçait qu’il consacrait à cette entreprise un fonds de 37000 francs, dont il avait la disposition. Les aumônes furent abondantes. La même année Viel, architecte, traça le plan de l’hospice, et veilla gratuitement à sa construction. La première pierre fut posée par deux pauvres de la paroisse, et, au mois de juillet 1782, les sœurs de charité prirent possession de ce bâtiment, et reçurent des malades.

Cochin mourut l’année suivante le 3 juin 1783. On a de lui : Exercice de retraite pour l’intervalle de l’ascension à la Pentecôte, avec des paraphrases sur les psaumes (1778) ; Paraphrase de la prose Dies irae, ou Sentiments d’un pécheur qui désire travailler sincèrement à sa conversion (1782) ; Entretiens sur les fêtes, les jeûnes, usages et principales cérémonies de l’Église (1780) ; Œuvres spirituelles, tome Ier et unique (1784, œuvre posthume), contenant plusieurs instructions sur l’utilité des assemblées de charité, etc., sur les huit béatitudes, et l’explication de l’Oraison dominicale ; Prônes ou Instructions familières sur les Epures et Evangiles des dimanches et principales fêtes de l’année (1786, œuvre posthume).

Vue extérieure de l'hospice de Saint Jacques du Haut- Pas
Vue extérieure de l’hospice de Saint Jacques du Haut- Pas

Au sujet de cet ouvrage, il faut savoir que Cochin improvisait tous ses prônes et instructions. Ce fut avec beaucoup de peine que, de son vivant, il livra à l’impression quelques opuscules. Il avait recommandé, par son testament, de ne pas publier ses manuscrits ; ses héritiers jugèrent à propos de ne pas se conformer, sur ce point, à ses intentions. Le produit de ses œuvres posthumes fut consacré à l’hospice Cochin. Les prônes de Cochin et ses autres ouvrages, d’après la manière dont il les composait, fourmillent nécessairement de négligences : le style a été revu dans la seconde édition.

On possède encore de lui Prônes ou Instructions familières sur toutes les parties du Saint-Sacrifice de la Messe (1787, œuvre posthume), qui fait suite à l’ouvrage précédent. A l’époque du Concordat (en 1802), les journaux français ont parlé des prônes de Cochin ; quelques bibliographes ont cru qu’on en avait fait alors une nouvelle édition : c’est une erreur.

Signalons encore Prônes ou Instructions sur les grandeurs de J.-C. dans les prophéties qui l’ont annoncé, dans les exemples de sa vie mortelle, dans ses miracles et dans ses mystères (1806).

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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