LA FRANCE PITTORESQUE
Parler rébus
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Publié le vendredi 23 octobre 2015, par LA RÉDACTION
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Parler énigmatiquement, parler par équivoque
 

Ménage tire l’origine de rébus de l’usage où étaient anciennement les clercs de Picardie de composer, toutes les années au carnaval, des pièces satiriques sur les événements du temps (de rebus quae geruntur). Ces pièces étaient remplies d’allusions et d’équivoques.

Voici l’interprétation d’Éloi Johanneau, membre de la Société royale des Antiquaires de France : « Rebus ne vient pas de rebus quae geruntur, mais de ce que des rébus sont des hiéroglyphes, qui peignent des choses, et non des mots comme l’écriture ordinaire. Ainsi, écrire en rébus, c’est écrire avec les images des choses, ou les choses elles-mêmes. C’étaient les hiéroglyphes de nos ancêtres, leur écriture symbolique, entre autres dans les almanachs des bergers. »

Des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter
Des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter

Par rébus, on entend aujourd’hui un assemblage de lettres ou de syllabes et d’objets figurés, qui compose un mot ou une phrase. Un historien rapporte comme une chose tout à fait galante et des plus merveilleuses, qu’un de nos rois (Charles VI), n’étant encore que dauphin, fit faire une enseigne où l’on avait peint un K, un cygne et une L, parce qu’il aimait une jeune fille appelée Cassignelle.

On trouve des rébus dans les armoiries ; par exemple, dans celles de la maison de Raconis, qui porte des choux cabus et ces deux mots Tout n’est, ce qui équivaut à la légende : Tout n’est qu’abus.

Marot écrit :

En rébus de Picardie,
Une faulx, une étrille, un veau,
Cela fait étrille Fauveau.

Il fut un temps où les écrans étaient chargés de rébus : on en a mis, au début du XIXe siècle, sur les sacs à ouvrage de nos dames. Celui que les brodeuses se plaisaient davantage à reproduire, offrait le nombre 100, la lettre D, et une tour ; ce qui voulait dire, sans détour.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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