LA FRANCE PITTORESQUE
13 mai 1809 : les troupes françaises
commandées par Napoléon font leur entrée
dans la ville de Vienne
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Publié le dimanche 12 mai 2013, par LA RÉDACTION
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Voici ce que nous apprend le VIIe Bulletin de l’Armée :

Le 10 mai, à neuf heures du matin, l’Empereur Napoléon avait paru aux portes de Vienne avec le corps du maréchal duc de Montebello. C’était à la même heure, le même jour et un mois juste après que l’armée autrichienne avait passé l’Inn. Le 5 mai l’archiduc Maximilien avait pris le commandement de Vienne.

Sur trois cent mille habitants que composent la population de la ville de Vienne, la cité proprement dite, qui a une enceinte avec des bastions et une contrescarpe, contient à peine quatre-vingt mille habitants et treize cents maisons. Les huit quartiers de la ville qui ont conservé le nom de faubourgs, et qui sont séparés de la ville par une vaste esplanade, et couverts du côté de la campagne par des retranchements, renferment plus de cinq mille maisons, et sont habités par plus de deux cent vingt mille âmes, qui tirent leurs subsistances de la cité, où sont les marchés et les magasins.

Le château de Schönbrunn à Vienne (Autriche)
Le château de Schönbrunn à Vienne (Autriche)

Le général Andréossi, nommé gouverneur de la ville, fit venir à Schönbrunn une députation des huit faubourgs. L’Empereur Napoléon la chargea de se rendre dans la cité, pour y porter une lettre écrite par le prince de Neufchâtel à l’archiduc Maximilien, et qui avait pour but de faire sentir à ce dernier l’inutilité de sa résistance. La députation entra dans la cité le 11 à dix heures du matin , et l’on ne s’aperçut de son arrivée que par le redoublement du feu des remparts. La patience de l’Empereur se lassa : il se porta, avec le duc de Rivoli, sur le bras du Danube qui sépare la promenade du Prater des faubourgs , et ordonna que deux compagnies de voltigeurs occupassent un petit pavillon sur la rive gauche, pour protéger la construction d’un pont.

Le bataillon des grenadiers, qui défendaient le passage, fut chassé par ces voltigeurs, et par la mitraille de quinze pièces d’artillerie. A huit heures du soir ce pavillon était occupé, et les matériaux du pont réunis. Le capitaine Pourtalès, aide de camp du prince de Neufchâtel, et le sieur Susaldi, aide de camp du général Boudet, s’étaient jetés des premiers à la nage pour aller chercher les bateaux qui étaient sur la rive opposée.

A neuf heures du soir une batterie de vingt obusiers, construite par les généraux Bertrand et Naudet à cent toises de la place, commença le bombardement. Dix-huit cents obus furent lancés en moins de quatre heures, et bientôt toute la ville parut en flammes. Il faut avoir vu Vienne, ses maisons à huit et neuf étages, ses rues resserrées, cette population si nombreuse dans une aussi étroite enceinte, pour se faire une idée du désordre, de la rumeur, et des désastres que devait occasionner une telle opération.

Le 12, à la pointe du jour, le général Oreilly, qui avait pris le commandement depuis la fuite de l’archiduc Maximilien, fit prévenir les avant-postes qu’on allait cesser le feu, et qu’une députation allait être envoyée à l’Empereur Napoléon. Cette députation fut présentée à l’Empereur dans le parc de Schönbrunn. Napoléon assura les députés de sa protection, et daigna faire connaître que Vienne serait traitée avec les mêmes ménagements et les mêmes égards dont on avait usé en 1805.

A neuf heures du matin le duc de Rivoli s’empara de Léopoldstadt. Pendant ce temps le général Oreilly envoyait le lieutenant-général Devaux, et Belloute, colonel, pour traiter de la capitulation de la place. La capitulation fut signée dans la soirée ; et le 13, à six heures du matin, les grenadiers du corps d’Oudinot prirent possession de Vienne.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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