LA FRANCE PITTORESQUE
5 mai 449 : mort de
saint Hilaire, évêque d’Arles
()
Publié le samedi 4 mai 2013, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article

Le quatrième siècle avait déjà possédé un saint Hilaire, qui, nourri dans les doctrines du paganisme, se convertit par la lecture des livres sacrés, et, quoique époux et père, fut promu à l’épiscopat de Poitiers, sa ville natale. Invincible défenseur de la foi de Nicée, comme l’appellent Socrate et Sozomène, ce saint évêque consacra sa vie à lutter contre les Ariens. Il entreprit de lointains voyages, subit l’exil, brava la puissance impériale pour soutenir la pureté du dogme. Suivant saint Jérôme, il mourut en 368, laissant de nombreux écrits, qui lui valurent le titre de docteur de l’Eglise.

Vers le commencement du cinquième siècle, un autre saint Hilaire naquit sur les confins de la Lorraine et de la Champagne. Issu d’une famille illustre, appelé par son mérite à la carrière la plus brillante, il suivit saint Honorat, son parent, dans le monastère de Lérins, dont ce dernier était abbé. Plus tard, il le suivit encore, lors de sa nomination à l’évêché de la ville d’Arles, et, à sa mort, il l’y remplaça, bien qu’il fût à peine âgé de vingt-neuf ans. Le début de saint Hilaire dans l’épiscopat ne se ressentit nullement de sa jeunesse : son empressement à s’entourer d’une congrégation de prêtres et de religieux pour le seconder dans ses fonctions pastorales, son éloquence, sa charité lui concilièrent le respect et l’amour.

Les démêlés de l’évêque d’Arles avec le pape saint Léon ne sont pas sans importance dans l’histoire de l’Eglise gallicane : en voici le sujet. Un concile, présidé par saint Hilaire, avait déposé Célidoine, évêque d’une ville qu’on croit être Besançon, par le double motif qu’avant son ordination cet évêque avait épousé une veuve, et qu’étant magistrat il avait prononcé des arrêts de mort. Au lieu de se soumettre, Célidoine courut à Rome invoquer l’autorité du pape : saint Hilaire y vint après lui soutenir la décision du concile. Quelle fut sa surprise de voir Célidoine triompher par ses artifices, et d’être réduit lui-même à fuir précipitamment, à pied, malgré les frimas, pour se dérober au péril ! Telle fut la conséquence de son refus de reconnaître le droit d’appel à Rome, droit que n’admettaient pas encore les églises en deçà des Alpes.

De retour dans son diocèse, saint Hilaire envoya au pape des députés chargés de l’apaiser, sans toutefois lui offrir le sacrifice de sa doctrine : la négociation resta donc sans effet. Dans le même temps, ses ennemis, encouragés par le mauvais accueil qu’il avait reçu à Rome, l’accusaient de parcourir les provinces avec un appareil militaire, pour influencer les élections, et placer sur les sièges vacants des hommes inconnus, en rejetant ceux qu’appelaient les vœux du peuple. Le pape, ayant prêté l’oreille à toutes ces calomnies, condamna l’accusé, qui ne fut pas admis à se défendre, le dépouilla de toutes les prérogatives de son siège, de ses droits de métropolitain, qu’il transféra à Léonce, évêque de Fréjus, et le déclara séparé de sa communion. Prévoyant que l’exécution de sa sentence éprouverait de grandes difficultés dans les Gaules, il obtint de l’empereur Valentinien III un rescrit célèbre, que l’on regarde comme le fondement de l’autorité des souverains pontifes hors de l’Italie.

Proscrit à la fois par les deux puissances, saint Hilaire garda un silence respectueux, et ne perdit rien, ni de la vénération que lui portaient ses collègues, ni du pouvoir dont il était revêtu. Mais enfin ses veilles, ses abstinences et ses travaux continuels mirent fin à sa vie. Ses ennemis même l’honorèrent de leurs regrets ; les juifs, confondus aux chrétiens, assistèrent à ses funérailles.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE