LA FRANCE PITTORESQUE
23 avril 1809 : combat et
prise de Ratisbonne par les Français
()
Publié le lundi 22 avril 2013, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article

Le 23, à la pointe du jour, l’armée française avança sur Ratisbonne, l’avant-garde, formée par la division Gudin, et par les cuirassiers de la division Nansouty et Saint-Sulpice. On ne tarda pas à apercevoir la cavalerie ennemie, qui prétendait couvrir la ville. Trois charges successives s’engagèrent ; toutes furent à notre avantage. Sabrés et mis en pièces, huit mille hommes de cavalerie ennemie repassèrent précipitamment le Danube. Sur ces entrefaites nos tirailleurs tâtèrent la ville. Par une inconcevable disposition , le général autrichien y avait placé six régiments, sacrifiés sans raison.

La ville est enveloppée d’une mauvaise enceinte, d’un mauvais fossé et d’une mauvaise contre-escarpe. L’artillerie arriva : on mit en batterie des pièces de douze, on reconnut une issue par laquelle, au moyen d’une échelle on pouvait descendre dans le fossé, et remonter ensuite par une brèche faite à la muraille.

Le duc de Montebello fit passer par cette ouverture un bataillon qui gagna une poterne et l’ouvrit : on s’introduisit alors dans la ville. Tout ce qui fit résistance fut sabré : le nombre des prisonniers passa huit mille. Par suite de ses mauvaises dispositions, l’ennemi n’a pas eu le temps de couper le pont, et les Français passèrent pêle-mêle avec lui sur la rive gauche. Cette malheureuse ville, qu’il a eu la barbarie de se défendre, a beaucoup souffert : le feu y a été une partie de la nuit ; mais par les soins du général Morand et de sa division, on parvint à le dominer et à l’éteindre. Ainsi, à la bataille d’Abensberg, l’Empereur battit séparément les deux corps de l’archiduc Louis et du général Hiller.

Au combat de Landshut, il s’empara du centre des communications de l’ennemi et du dépôt général de ses magasins et de son artillerie. Enfin, à la bataille d’Eckmühl, les quatre corps d’Hohenzollern, de Rosemberg, de Kollowarth et de Lichtenstein furent défaits et mis en déroute. Le corps du général Bellegarde, arrivé le lendemain de cette bataille, ne put qu’être témoin de la prise de Ratisbonne, et se sauva en Bohême.

Dans tous ces combats la perte des Français s’est montée à douze cents tués et à quatre mille blessés. A la bataille d’Eckmühl, le corps du duc de Rivoli n’ayant pu encore rejoindre, ce maréchal resta constamment auprès de l’Empereur : il porta des ordres, et fit exécuter différentes manœuvres. A l’assaut de Ratisbonne, le duc de Montebello, qui avait désigné le lieu du passage, fit porter les échelles par ses aides-de-camp. Le prince de Neufchâtel, afin d’encourager les troupes, et de donner en même temps une preuve de confiance aux alliés, marcha plusieurs fois à l’avant-garde avec les régiments bavarois.

Le duc d’Auerstaedt a donné, dans ces différentes affaires, de nouvelles preuves de l’intrépidité qui le caractérise. Le duc de Rovigo, avec autant de dévouement que d’intrépidité , traversa plusieurs fois les légions ennemies, pour aller faire connaître aux différentes colonnes les intentions de l’Empereur. Des deux cent vingt mille hommes qui composaient l’armée autrichienne, tous ont été engagés, hormis les vingt mille hommes que commandait le général Bellegarde, et qui n’ont pas donné. Dans l’armée française, au contraire, près de la moitié n’a pas tiré un coup de fusil. L’ennemi, étonné par des mouvements rapides et hors de ses calculs, s’est trouvé en un moment déchu de sa folle espérance, et transporté du délire de la présomption dans un abattement approchant du désespoir.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE