LA FRANCE PITTORESQUE
Tomber en quenouille
()
Publié le vendredi 4 novembre 2016, par LA RÉDACTION
Imprimer cet article
Être laissé à l’abandon ; perdre de sa valeur, de sa force
 

On disait autrefois : Tomber de lance en quenouille ; a lancea ad fusum transire, en parlant des fiefs qui passaient des mâles aux femelles.

La lance était alors la plus noble de toutes les armes à l’usage des gentilshommes, et la quenouille était souvent entre les mains de leurs épouses, plus laborieuses que les dames de notre temps. Ce qui fit employer le mot lance, pour désigner l’homme, et le mot quenouille, pour désigner la femme.

Fileuse bretonne. Sa quenouille et son rouet
Fileuse bretonne. Sa quenouille et son rouet

On lit dans les Antiquités françaises de Fauchet (liv. IV) : « Le roi Guntchram, mettant une lance ou javeline en la main de Childebert (possible que de ceste manière de faire vient le mot de tumber en lance ou tumber en quenouille, quand un fief chet en la main d’un masle ou femelle), il luy dist que c’estoit la marque pour donner à cognoistre qu’il mettoit en ses mains tout son royaume. »

C’est une maxime, devenue loi fondamentale, que le royaume de France ne peut tomber en quenouille, c’est-à-dire qu’il ne peut échoir en succession aux princesses. Après que les lis eurent été transportés dans les armoiries de l’État, on dit, dans le même sens, les lis ne filent point, par interprétation de ces paroles de l’Évangile selon saint Luc (ch. XII, v. 27) : Considerate lilia quomodo crescunt : non laborant, neque nent, etc. Voyez comment croissent les lis : ils ne travaillent point, ils ne filent point, etc.

Lorsqu’on parle d’une famille où les filles ont plus d’esprit que les garçons, on dit que l’esprit y est tombé en quenouille.

Copyright © LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

Imprimer cet article

LA FRANCE PITTORESQUE