LA FRANCE PITTORESQUE
Vous parlez trop,
vous n’aurez pas ma toile
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Publié le lundi 1er avril 2013, par LA RÉDACTION
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C’est ce qu’on dit à un babillard qui cherche à séduire par des beaux discours
 

Nous avons affaire ici à une allusion à un conte de vieille, que l’abbé Tuet rapporte ainsi, d’après Fleury de Bellingen :

Une paysanne avait chargé son fils d’aller vendre au marché une pièce de toile, et comme il n’était pas bien fin, elle lui avait défendu de la vendre à un grand parleur, qui l’enjôlerait pour avoir la marchandise à bas prix.

Ce benêt retint si bien sa leçon, qu’il ne trouva point d’acheteur qui ne parlât trop à son gré ; car dès qu’on lui avait demandé combien la toile, et qu’il en avait dit le prix, si on lui répondait c’est trop cher, il répliquait à l’instant : Vous parlez trop, vous n’aurez pas ma toile, et renvoyait ainsi tout son monde.

Une autre version dit que ce Jocrisse, prévenu par sa mère d’éviter de faire marché avec des femmes bavardes, renvoya toutes celles qui se présentèrent, en leur disant : Vous parlez trop, vous n’aurez pas ma toile ; et, comme il lui avait été recommandé de ne pas revenir sans s’être défait de sa marchandise, il l’offrit à une madone placée sur la route et la lui laissa, parce qu’elle ne parlait point.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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