LA FRANCE PITTORESQUE
Faire avaler à quelqu’un
des poires d’angoisse
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Publié le jeudi 4 juin 2015, par LA RÉDACTION
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Lui faire essuyer de mauvais traitements dont il ne peut se plaindre
 

Allusion à la poire d’angoisse, petite boule de fer qui, étant glissée par les voleurs dans la bouche d’un homme qu’ils voulaient dépouiller, et s’y détendant par la pression d’un ressort secret, accroissait son volume au point de lui couper la parole et de ne pouvoir être retirée qu’avec l’aide d’un serrurier.

Poire d'angoisse
Poire d’angoisse

Machine vraiment diabolique dont l’invention a été attribuée par quelques auteurs au capitaine Gaucher qui servait, du temps de la ligue, au pays de Luxembourg, et par quelques autres à un Toulousain nommé Palioly, chef d’une bande de filous établie à Paris.

L’Académie semble croire que cette locution fait allusion à la poire d’Angoisse, fruit si âpre et si revêche au goût, dit-elle, qu’on a de la peine à l’avaler.

Mais elle se trompe, car ce fruit est assez doux dans sa maturité, et les Parisiens, qui le trouvaient fort bon autrefois, devaient en faire une consommation assez considérable, puisque les colporteurs le criaient dans les rues.

Témoin ce vers des Crieries de Paris, par Guillaume de la Villeneuve : Poires d’Angoisse crier haut.

L’instrument de fer a été nommé poire d’angoisse, parce qu’il est en forme de poire et qu’il cause de l’angoisse ou de la douleur ; le fruit a tiré son nom de celui d’Angoisse ou Angoissement (d’autres disent Angoisserent), village du Limousin où il fut primitivement connu et devint très abondant.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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