LA FRANCE PITTORESQUE
27 mars 1482 : mort de
Marie de Bourgogne, fille unique
de Charles le Téméraire
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Publié le dimanche 24 mars 2013, par LA RÉDACTION
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Cette princesse, fille de Charles le Téméraire, dernier prince de la seconde maison de Bourgogne, était aussi douce que son père avait été violent. Comme elle était héritière de vastes et nombreux Etats, elle fut promise par son père à tous les princes de l’Europe.

Marie de Bourgogne
Marie de Bourgogne

Louis XI, qui n’aurait dû songer qu’à la faire épouser à son fils, aima mieux la persécuter et la dépouiller, par la fourberie et par la violence : il la força de se jeter entre les bras de Maximilien, archiduc d’Autriche, fils de l’empereur Frédéric III, et de faire passer dans la maison d’Autriche une succession qui n’aurait jamais dû sortir de la maison de France.

Lorsqu’en 1477, les Gantois, révoltés contre Marie par les intrigues de Louis XI, condamnèrent à mort ses ministres Hugonet et d’Imbercourt, pour avoir trop bien servi leur souveraine, cette généreuse princesse parut dans la place publique, en habit de deuil, pâle, échevelée, désolée, avouant ses ministres de tout ce qu’ils avaient fait, et demandant leur grâce au peuple avec des torrents de larmes, le peuple montra bien alors sa férocité ordinaire : il ne lui répondit qu’en faisant tomber à ses pieds les têtes de ses ministres et de ses amis.

Elle mourut à Bruges, des suites d’une chute de cheval. Elle aimait passionnément la chasse au vol : lors de sa chute, elle se fit une écorchure à la hanche ; la blessure n’était pas dangereuse ; mais, par pudeur, elle ne voulut pas se faire panser, et la blessure devint mortelle. Son corps fut inhumé à Bruges sous un magnifique mausolée de cuivre, à côté de celui de son père. Louis XV, après la prise de la ville, en 1745, considérant ces deux mausolées, dit en voyant le tombeau de Marie : « Voilà le berceau de toutes nos guerres. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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