LA FRANCE PITTORESQUE
26 mars 1720 : exécution
du comte de Horn
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Publié le samedi 23 mars 2013, par LA RÉDACTION
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A l’époque où le système de Law excitait dans les esprits la fermentation la plus vive, un crime atroce fut commis par un homme d’une naissance illustre. Antoine-Joseph, comte de Horn, issu de l’une des plus nobles familles du Brabant, allié des Montmorency, du Régent même, mais complètement déshonoré par ses mœurs et par ses liaisons, résolut d’assassiner un riche agioteur pour s’emparer de son porte-feuille.

Sous prétexte d’un marché à conclure, lui et ses deux complices, le chevalier de Mille et le chevalier d’Etampes, l’attirèrent dans un cabaret, et le poignardèrent. Les cris du malheureux furent entendus. Un garçon du cabaret, n’osant pénétrer seul dans cette chambre, en retira la clef. Les assassins effrayés sautèrent par la fenêtre : le chevalier d’Etampes réussit seul à s’évader ; Mille fut arrêté par le peuple, qui le poursuivait ; le comte de Horn le fut en tombant de la fenêtre.

Il prétendit avoir couru les mêmes dangers que sa victime, et défendu celui qu’il venait d’assassiner : confondu par les aveux de Mille, il finit par avouer son crime. Le Régent demeura inflexible aux réclamations de toute la noblesse, qui revendiquait pour chacun de ses membres le privilège d’être affranchi d’un supplice infamant. « Il s’expliqua sur ce privilège odieux, dit Lacretelle, en développant tous les principes que la morale et le bon sens ont fait adopter de nos jours. Le comte de Horn et son complice furent roués vifs, le 26 mars, en place de Grève. »

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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