LA FRANCE PITTORESQUE
23 février 1447 : mort
du pape Eugène IV
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Publié le jeudi 21 février 2013, par LA RÉDACTION
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Gabriel Condolmere, né à Venise, d’une famille obscure, cardinal-évêque de Sienne, succéda au pape Martin V, le 11 mars 1431. Le concile séant alors à Bâle, commença par déclarer que le pape n’avait ni le droit de le dissoudre, ni même celui de le transférer. Le pape Eugène, sur cet énoncé, ordonna la dissolution du concile.

Pendant ce conflit entre l’autorité du pape et celle du concile, Eugène s’occupa d’éteindre le grand schisme de l’Eglise grecque et latine. Il remporta cette glorieuse victoire, et jamais pontife avant lui n’avait paru rendre un si grand service à l’Eglise romaine, ni jouir d’un si beau triomphe ; mais cette union ne fut que passagère. Dans le temps même qu’il rendait ce service à l’Eglise de Rome, les Pères du concile le déposent du pontificat, le déclarent rebelle, simoniaque, schismatique, hérétique et parjure.

Les rois de France et d’Angleterre, l’empereur et les princes d’Allemagne, craignant que l’esprit de parti n’eût dicté le décret de déposition, s’en plaignirent au concile. Si on considère en effet le concile par ce décret, on croit n’y voir qu’une assemblée de factieux ; et quand on le considère par les règles de discipline qu’il donna, on y voit des hommes très sages. C’est que la passion n’avait point de part à ces règlements, et qu’elle agissait seule dans la déposition d’Eugène. Le corps le plus auguste, quand la faction l’entraîne, fait toujours plus de fautes qu’un seul homme.

Le concile de Bâie ayant déposé vainement un pape très sage, que toute l’Europe continuait à reconnaître, lui opposa un fantôme, un duc de Savoie, Amédée VIII, qui avait été le premier duc de sa maison, et qui s’était fait ermite à Ripaille, par une dévotion d’un nouveau genre. Cette nomination produisit des bulles, des censures, des excommunications réciproques et des injures atroces, suivant le style et les mœurs du temps.

Eugène mourut sur ces entrefaites, du chagrin que lui causaient les troubles de l’Eglise ; ses dernières paroles furent : « Gabriel ! qu’il eût été bien plus à propos pour toi de n’être ni cardinal, ni pape, mais de vivre et de mourir dans ton cloître, occupé des exercices de ta règle ! » Le pape Nicolas V, successeur d’Eugène IV, termina le schisme dès le commencement de son pontificat.

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