LA FRANCE PITTORESQUE
Faire ses bamboches
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Publié le mardi 3 novembre 2015, par LA RÉDACTION
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Faire ses farces, ses fredaines
 

Le mot bamboche, dérivé de l’italien bamboccio, fut appliqué comme sobriquet au peintre hollandais Pieter van Laer, à cause de sa conformation chétive et contrefaite.

Ce peintre, qui s’est exercé avec beaucoup de succès sur de petits sujets qu’on a nommés bambochades par suite du surnom qu’il avait reçu, vécut longtemps à Rome dans l’intimité de Nicolas Poussin, de Claude Lorrain, de Joachim Sandrart, qu’il divertissait par son esprit jovial et fécond en saillies. C’était un vrai farceur, et l’on prétend que c’est d’une allusion à ses facéties, non moins qu’aux figures de ses tableaux, que naquit la locution faire ses bamboches.

Pieter van Laer
Pieter van Laer

Mais en admettant qu’elle ait eu cette origine, il faut reconnaître qu’elle dut sa vogue proverbiale à un fait curieux qui se passa à Paris en 1677. On éleva, cette année, dans le quartier du Marais, un tout petit théâtre sur lequel on fit jouer d’abord des enfants et ensuite des acteurs de bois dont le fameux Polichinelle était le héros principal. Ce spectacle, où de nouvelles bambochades semblaient mises en jeu, fut appelé un spectacle de bamboches.

Le peuple y courut en foule, et les scènes plaisantes, drolatiques, offertes à ses yeux, s’identifièrent si bien dans son esprit avec la dénomination des personnages, qu’il dit faire ses bamboches pour signifier faire ses farces, et, par extension, faire ses fredaines.

Cette expression conservée reçut dans la Révolution une autre application populaire qu’il est bon de noter. On appela les déclamations violentes de Robespierre au club des Jacobins les bamboches de Robespierre. On appela aussi la procession qui eut lieu à l’occasion de la fête de l’Être suprême les bamboches de la Convention.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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