LA FRANCE PITTORESQUE
Etre à pot et à rôt
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Publié le mardi 4 août 2015, par LA RÉDACTION
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Avoir son couvert mis et manger habituellement chez quelqu’un
 

A l’appui de cette explication, qui a été donnée par Roubaud, citons les trois faits suivants :

1° Une loi somptuaire rendue par Philippe le Bel, en 1313, réglait la quantité des mets qui devaient être servis à chaque repas ; savoir : au dîner un plat de viande et un entremets, au souper le potage au lard et deux plats.

2° Le seizième canon du concile provincial tenu à Angers, en 1365, défendait aux ecclésiastiques, quelle que fût leur qualité, d’avoir plus de deux plats sur leur table, à moins que ce ne fût pour la réception d’un prince ou d’un personnage de grande considération.

3° Un règlement fait sous Charles VI prescrivait de ne servir que deux mets, les deux mets habituels sans doute, en surplus du potage. Voici le texte de ce règlement : Nemo audeat dare praeter fercula duo cum potagio.

On pense bien que de pareilles ordonnances devaient être souvent enfreintes. D’infraction en infraction elles étaient tombées en désuétude vers la fin du quatorzième siècle ; et les gourmands du quinzième purent se livrer sans gêne à tous les raffinements de la bonne chère que Montaigne nomme l’art de la gueule. Taillevent, dans le Viandier pour appareiller toutes manières de viandes, nous apprend que le repas se divisait alors en cinq services, dans lesquels figurait une excessive quantité de mets accommodés à toutes sauces.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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