LA FRANCE PITTORESQUE
Il ne faut pas chercher
à faire accroire que
les cochons sont des moutons
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Publié le lundi 28 janvier 2013, par LA RÉDACTION
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Réplique à une personne qui cherche à en imposer aux autres sur la réalité des choses les plus simples, les plus faciles à reconnaître, et qui prétend faire passer ses imaginations ou ses bévues pour des vérités ou de bonnes idées, enfin, ses cochons pour des moutons
 

Un peintre s’était voué exclusivement à représenter sur des vitraux d’église saint Antoine avec son pourceau, symbole de la puissance religieuse qui triomphe de la nature immonde, et il avait fini, grâce à l’habitude, par exceller dans ce sujet.

Saint Antoine et son pourceau
Saint Antoine et son pourceau

Mais il ne fallait pas l’en tirer, car il était incapable d’en bien traiter un autre. C’est ce que ne comprit pas un prélat, qui le chargea de peindre dans sa cathédrale sainte Geneviève et ses moutons. Le pauvre peintre eut beau s’en défendre, il fut obligé de céder pour ne pas encourir le mécontentement de monseigneur.

Il se mit donc à la besogne et parvint, non sans peine, à faire une sainte passable, en lui donnant le visage du saint, dont il adoucit les traits et supprima la barbe. Quant aux moutons, il ne put en venir à bout, chacun d’eux avait toujours un groin au lieu de museau, des soies au lieu de laine, et la bergère de Nanterre, la houlette en main, faisait triste figure au milieu d’un troupeau de gorets.

Veut-on savoir comment s’y prit le malencontreux artiste afin de sortir d’embarras ? Il s’avisa d’un expédient bien simple. Conformément à l’usage des peintres du vieux temps, il écrivit sur un ruban sortant de la bouche de la sainte ces mots en lettres majuscules : Ces petits cochons sont des moutons. D’où le proverbe.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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