LA FRANCE PITTORESQUE
La bonne femme
est celle qui n’a point de tête
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Publié le dimanche 27 janvier 2013, par LA RÉDACTION
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Le sens figuré, beaucoup moins appliqué que le sens littéral, est que la bonne femme est celle qui n’agit point à sa tête, qui n’a de volonté que celle de son mari
 

On voyait autrefois à Paris plusieurs enseignes où était peinte une femme sans tête, image de la Renommée, qui cache la sienne dans les nuages, comme dit Virgile : Caput inler nubila condit.

Ces tableaux portaient pour inscription : A la bonne fame, c’est-à-dire à la bonne renommée, car tel était alors le sens du mot fame (fama), tombé depuis en désuétude, malgré les efforts de Ronsard et d’autres, qui se plaisaient à l’employer.

Ce mot fut aisément confondu avec son homonyme femme (faemina), qui finit par le remplacer sur les enseignes. Mais le changement ne se borna pas à l’orthographe ; il s’étendit jusqu’à la peinture, sans égard pour les traditions respectables d’une iconologie longtemps consacrée chez les boutiquiers.

Tous les attributs auxquels on pouvait encore reconnaître, l’immortelle furent supprimés, et il ne resta plus qu’une simple mortelle décapitée, avec l’inscription : A la bonne femme ; d’où le public malin tira cette sotte et scandaleuse conclusion : La bonne femme est celle qui n’a point de tête. Telle est l’origine du dicton qui nous occupe.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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