LA FRANCE PITTORESQUE
C’est la plume de l’aigle
qui dévore toutes les autres
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Publié le dimanche 27 janvier 2013, par LA RÉDACTION
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Cela se dit, en général, d’une personne distinguée par la supériorité de son mérite, et, en particulier, d’un écrivain dont le génie éclipse les autres écrivains
 

Ces vers d’une ode de P. Motin à Mathurin Régnier l’illustrent :

Tu feras bien voir que ta plume
Est celle d’un aigle puissant
Qui celles des autres consume.

L’origine de cette espèce de proverbe est due à un préjugé répandu parmi les naturalistes de l’antiquité et du Moyen Age, qui pensaient que les prérogatives de la royauté attribuée à l’aigle sur les autres oiseaux existaient même après sa mort, et que les plumes détachées de son corps avaient sur celles de ses ci-devant sujets la même suprématie et la même propriété dévoratrice que l’oiseau-roi avait exercées durant sa vie.

« Les plumes de l’aigle, » mêlées à celles des autres oiseaux, dit Pline, les consument toutes. » — Aquilarum pennae mixtas reliquarum pennas devorant. (Natur. hist., X, IV.)

Ce fait, dans lequel l’ignorance a voulu voir un prodige, s’explique tout naturellement. Les plumes de l’aigle, tenant de la nature de la corne, ou se racornissant plus que les plumes des autres oiseaux, doivent se consumer moins vite qu’elles et paraître encore intactes quand celles-ci sont en dissolution.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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