LA FRANCE PITTORESQUE
Va-t’en voir s’ils viennent, Jean
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Publié le vendredi 11 janvier 2013, par LA RÉDACTION
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Cela se dit ironiquement de quelqu’un qui a l’air d’attendre une chose ou de compter sur une chose qui, selon toutes les probabilités, ne doit pas arriver
 

Ce dicton était usité depuis longtemps, lorsqu’il fut employé comme refrain dans maints couplets de plusieurs petites pièces jouées sur l’ancien théâtre de la foire, et il reçut de là une plus grande popularité que vint encore accroître une piquante chanson composée, vers 1720, par Lamotte-Houdard, sous ce titre : les Raretés, ou Va-t’en voir s’ils viennent, Jean.

On disait, à une époque plus reculée : Voyez voir s’ils viennent. Cette locution, que les grammairiens ont considérée à tort comme une choquante périssologie, est un archaïsme. L’impératif voyez n’appartient pas au verbe voir qui le suit, mais au verbe voyer ou voier, dont on se servait autrefois pour dire aller, et dont nous avons conservé les composés envoyer, renvoyer, convoyer, dévoyer, fourvoyer.

C’est de ce verbe voyer (aller par voies et par chemins) qu’est dérivé le mot voyou, si usité aujourd’hui pour désigner un enfant laid, malpropre, mal élevé, qui court les rues, et qui est la plus mauvaise variété du gamin.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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