LA FRANCE PITTORESQUE
6 décembre 1491 : mariage du roi
de France Charles VIII et d’Anne de Bretagne
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Publié le mardi 4 décembre 2012, par LA RÉDACTION
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Anne, fille aînée du duc François II, née en 1476, avait été reconnue duchesse de Bretagne après la mort de son père, en 1488. L’usage de conclure les mariages des princes et princesses au berceau, et quelquefois, même avant leur naissance, était alors établi en Europe. Anne avait été promise, dès l’an 1481, à Edouard, prince de Galles, fils d’Edouard IV, roi d’Angleterre ; mais la mort violente de ce jeune prince, assassiné à l’âge de onze ans, par Richard son oncle, rompit le mariage.

Anne fut ensuite recherchée par le duc d’Orléans (Louis XII, roi de France), par le roi Charles VIII, et par l’archiduc Maximilien, roi des Romains. L’inclination d’Anne était pour le duc d’Orléans ; mais son conseil la décida pour Maximilien, qui l’épousa effectivement par procuration. La nouvelle épouse se mit au lit, et l’ambassadeur de Maximilien tenant en main la procuration de son maître, mit une jambe nue dans la couche nuptiale, selon l’usage du temps ; mais cela n’empêcha pas Charles VIII de poursuivre ses vues sur la princesse.

Dès l’an 1488, Charles avait déclaré la guerre au duc de Bretagne, François II, pour avoir donné asile au duc d’Orléans, son ennemi. On donna la bataille près de Saint-Aubin ; le duc d’Orléans y fut pris, et demeura trois ans enfermé dans la tour de Bourges, jusqu’à ce que Charles allât le délivrer lui-même. Cette délivrance entrait dans le dessein qu’avait le roi d’épouser la jeune héritière de Bretagne.

Le duc d’Orléans était aimé de cette princesse, et lui seul pouvait la déterminer à donner sa main au roi Charles qu’elle n’aimait pas. Il eut la générosité d’accepter cette commission, et s’en acquitta avec tant de zèle qu’il réussit. Le mariage d’Anne, duchesse souveraine de Bretagne, avec Charles VIII, roi de France, fut conclu à Langeais en Touraine.

Il fut dit, par le contrat de mariage, que si le roi mourait avant la princesse, sans enfants mâles, elle serait obligée d’épouser le roi son successeur, au cas qu’il fût libre, ou à son défaut le prince le plus proche de la couronne, et cela pour ne pas laisser tomber la Bretagne en des mains étrangères.

Maximilien irrité du double affront que lui avait fait le roi Charles, d’abord en donnant sa main à la princesse qu’il avait épousée lui-même par procureur, et puis en congédiant Marguerite sa fille, qui avait été envoyée en France pour épouser le roi, remplit toute l’Europe de ses plaintes. Il fit une invasion en France ; mais il essuya le troisième affront d’être battu et repoussé.

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Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270.

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